Devoir de vigilance : le risque d’un recul !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Vigilance : 90 % des citoyens demandent que les multinationales s’engagent dans la lutte contre le dérèglement climatique. 

Plus de 80 % d’entre nous veulent que les multinationales soient obligées de prévenir leurs impacts sociaux, environnementaux et climatiques, ainsi que ceux de leurs sous-traitants. Le résultat de ce récent sondage OpinionWay pour Reclaim Finance et le Forum citoyen pour la justice économique ne laisse aucun doute à un engagement citoyen qui exige un sérieux encadrement des multinationales.

Pas moins de 86 % veulent que les pouvoirs publics régulent les entreprises pour qu’elles soient plus transparentes et 90 % demandent que celles-ci s’engagent dans la lutte contre le dérèglement climatique. Nous voulons que le monde économique adopte des plans de transition compatibles avec la limitation du réchauffement planétaire à +1,5°C.

Le message citoyen est sans ambigüité : il est impératif de mettre en place une régulation ambitieuse des multinationales afin d’assurer leur transparence et leur responsabilité en matière de droits humains et de protection de l’environnement. C’est le souhait tant réitéré aussi, par des associations humanitaires et des organisations de la société civile qui depuis plusieurs années, œuvrent pour des législations ambitieuses.

Revenir sur des avancées cruciales

Ce sondage vertueux intervient après l’étonnante proposition d’Emmanuel Macron de supprimer le devoir de vigilance européen des entreprises. Il s’agit de la directive de la Commission européenne dite « Omnibus » qui propose de revenir sur celles du CSRD et CSDDD, notamment en réduisant de 80 % le nombre d’entreprises devant publier des informations socio-environnementales. Revenir de manière brutale sur des avancées cruciales pour la protection des droits humains, de l’environnement et du climat.

« Les résultats de ce sondage sont un camouflet pour le président Macron et le gouvernement français qui, contre l’avis des citoyens, s’emploient à détruire les avancées européennes pour le climat, l’environnement et les droits sociaux Cette offensive de l’exécutif français se fait à l’encontre de l’avis de tous les Français, quel que soit leur bord politique et même parmi les soutiens de partis politiques traditionnellement en faveur de la déréglementation. Le message des Français est ainsi très clair : contrôlez les multinationales et leurs impacts socio-environnementaux et climatiques », observe Olivier Guérin, chargé de plaidoyer réglementation chez Reclaim Finance.

Rappelons que le devoir de vigilance a 8 ans. En mars 2017, le Parlement français adoptait la loi sur le devoir de vigilance, après des années de mobilisation de la société civile. Cette loi est une innovation puis qu’elle impose aux entreprises de respecter les droits sociaux et environnementaux tout au long de leur chaîne de valeur. Elle a permis à des citoyens et associations d’assigner des entreprises en justice pour non-respect de leurs obligations sociales ou écologiques.

Aujourd’hui, en matière écologique et sociale, les politiques sur les scènes française et européenne, se targuent des mots simplification et dérégulation tandis que les études d’opinion montrent au contraire que les citoyens continuent de faire de ces sujets une priorité. Ces derniers savent que sans régulation, c’est la loi du plus fort, du moins-disant et du moins scrupuleux qui s’applique ! Et c’est notre planète et le vivant qui en pâtiront !

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