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Selon l’ONG Global Witness, au moins 196 défenseurs de l’environnement ont été tués en 2023 dans le monde.
Dans un récent rapport Amnesty International vient de dénoncer une attaque ciblée et intentionnelle contre la justice climatique, à travers la réduction de l’espace civique des défenseurs de l’environnement dans le monde et en France. Personnes, associations et collectifs qui se mobilisent pour exiger une réponse à la hauteur de l’urgence climatique sont de plus en plus réprimées.
Pourtant qu’en vertu du droit international, les États ont des obligations procédurales liées à leur devoir de protéger les personnes contre les atteintes à l’environnement, y compris le changement climatique. Assurer aussi l’accès à l’information, faciliter la participation du public et garantir l’accès à la justice et à des voies de recours.
Or dans la réalité, cela se passe autrement et avec de nombreux risques ! Selon l’ONG Global Witness, au moins 196 défenseurs de la Terre ont été tués en 2023 dans le monde. Les attaques viennent principalement des États, mais également d’entreprises et de groupes armés.
Un arsenal répressif
Amnesty International révèle tout un arsenal européen de lois répressives, d’arrestations, de poursuites arbitraires et de l’imposition de restrictions discriminatoires. Il y a aussi l’utilisation de technologies de surveillance invasives, entraînant un recul systématique du droit de manifester. En France, il y a toute une stratégie de stigmatisation de la lutte contre le changement climatique et de ses défenseurs à travers la mise en place de restrictions juridiques et financières contre le militantisme environnemental.
Le droit de manifester est criminalisé à travers des poursuites judiciaires et des collectifs de lutte contre le changement climatique ne cessent de comptabiliser des milliers de gardes à vue, des centaines de personnes poursuivies et un nombre incroyable de procès passés et à venir.
Le rapport évoque aussi de nombreuses attaques de la part du gouvernement et de parlementaires, au nom des économies budgétaires, subies par l’Ademe, l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Agence bio. Ces agences environnementales jouent un rôle fondamental dans la mise en œuvre des politiques publiques dans la lutte contre le changement climatique en accompagnant les collectivités territoriales et les acteurs économiques. Ces attaques s’inscrivent dans la lignée des reculs politiques car elles consentent à ôter les obligations protégeant l’environnement, le climat et nos droits. Réduire l’accès à l’information environnementale est une manière d’éroder les mobilisations citoyennes.
Écouter ce que les défenseurs ont à dire
« L’urgence environnementale à laquelle nous devons collectivement faire face et que les scientifiques documentent depuis des décennies, ne pourra pas être réglée si ceux qui tirent la sonnette d’alarme et exigent des mesures sont criminalisés pour cette raison. La seule réponse légitime au militantisme environnemental et à la désobéissance civile pacifique, c’est que les autorités, les médias et le public réalisent à quel point il est essentiel pour nous tous d’écouter ce que les défenseurs de l’environnement ont à dire. », remarque Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement.
Amnesty International appelle les autorités françaises à mettre à jour et diffuser activement les informations sur les causes et les conséquences du changement climatique auprès du public, et donner accès à des informations relatives à l’environnement de qualité, dignes de confiance et fondées sur des données probantes. Reconnaître publiquement le travail légitime et essentiel de tous les défenseurs des droits humains, y compris les défenseurs de l’environnement, en reconnaissant leur contribution à la justice climatique. Protéger aussi les droits de toute personne à faire entendre sa voix et à mobiliser les autres en faveur de l’action pour le climat et l’environnement, en garantissant que les dispositions concernant les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique respectent scrupuleusement les normes internationales relatives aux droits humains. Bien évidemment, ce militantisme doit s’exercer dans le respect de la loi et la non-violence !







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