Champions de la terre … inspirateurs de l’avenir

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

On les nomme les « Champions de la Terre ». Depuis 2005, une haute distinction environnementale du  Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a récompensé 127 leaders dont la vision et le courage inspirent l’action et apportent des solutions innovantes pour préserver la vie. Par Ezzedine El Mestiri. 

Cette année, cinq précurseurs dans le domaine du climat ont été honorés. Ils œuvrent dans des domaines allant de la justice climatique au refroidissement durable et à la protection des forêts. Par leurs actions audacieuses, ils veulent entraîner de réels changements pour les populations et la planète.

« De jeunes étudiants qui réclament la justice climatique, des gouvernements infranationaux et des architectes qui ouvrent la voie en matière de refroidissement durable et de conception de bâtiments intelligents, des instituts de recherche qui ralentissent la déforestation et des individus passionnés qui œuvrent à la réduction des émissions de méthane : les Champions de la Terre de cette année font preuve d’un leadership qui inspirera le monde entier à relever le défi des changements climatiques », observe Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

L’impunité n’est plus autorisée

Parmi les lauréats de cette année, l’ONG Pacific Islands Students Fighting Climate Change, dirigée par des jeunes a obtenu un avis historique de la Cour internationale de justice affirmant l’obligation légale des États de prévenir les dommages climatiques et de protéger les droits humains. Ainsi le droit mondial donne plus de pouvoir aux nations vulnérables. L’impunité n’est plus autorisée. Ceux qui causent des dommages sont tenus d’apporter des solutions aux personnes touchées. Enfin, la justice climatique garantit aux communautés vulnérables une voix et une protection juridique.

L’organisation onusienne a couronné aussi deux femmes : Supriya Sahu, secrétaire générale adjointe du gouvernement de l’État indien du Tamil Nadu, pionnière dans le domaine du refroidissement durable et de la restauration des écosystèmes. Le Tamil Nadu, l’un des États les plus vastes est aussi l’un des plus menacés par le dérèglement climatique. Il est grandement exposé aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux cyclones et aux périodes de sécheresse. Supriya Sahu coordonne les efforts pour lutter contre ces effets dévastateurs en mettant en place des initiatives ayant permis de créer 2,5 millions d’emplois verts, d’étendre la couverture forestière et d’intégrer l’adaptation à la chaleur dans les infrastructures.

Un logement durable et résilient

L’autre championne est Mariam Issoufou, architecte nigérienne, imprégnée par la richesse de la culture touarègue, l’histoire du pays et ses constructions ancestrales. Elle emploi le refroidissement passif pour rester 10 °C plus frais sans climatisation en tenant compte des problématiques climatiques et de leurs implications économiques sur l’architecture. Son approche, ancrée dans les matériaux locaux et le patrimoine culturel, transforme la conception des bâtiments. Créer un environnement en symbiose avec le contexte et redéfinir le logement durable et résilient face aux changements climatiques. Les bâtiments résilients sauvent des vies, préservent les denrées alimentaires et maintiennent la productivité des économies.

« Champion de la Terre », Manfredi Caltagirone, l’ancien directeur de l’Observatoire international des émissions de méthane du PNUE, a eu cet honneur à titre posthume. Le scientifique italien a défendu la transparence et les mesures scientifiques en matière de méthane, influençant la première réglementation de l’Union européenne  sur le sujet et façonnant la politique énergétique. Il fut l’un des artisans de politiques multilatérales visant à réduire les émissions de méthane.

Des avancées primordiales

Le quatrième gagnant du prix onusien est l’institut de recherche brésilien Imazon qui combine la science et des outils géospatiaux basés sur l’intelligence artificielle (IA) pour lutter contre la déforestation. Cette activité a renforcé la gouvernance forestière, soutenu des milliers de procédures judiciaires et révélé l’ampleur de la déforestation illégale, entraînant un changement systémique en Amazonie.

Pendant que les conséquences mondiales de la crise climatique s’intensifient, l’innovation dans tous les secteurs de la société s’oblige à être présente et devenir essentielle. Nous ne pouvons que nous réjouir de ces avancées primordiales. Réduire les émissions de méthane, restaurer des forêts, construire des bâtiments résilients ou porter haut et fort la justice climatique, autant d’actions vertueuses initiées par des champions qui prouvent qu’il est encore possible de réduire les catastrophes, protéger la biodiversité et garantir la vie sur notre planète.

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