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Les Bénéfiques, c’est un projet entrepreneurial qui nait de deux prises de conscience distinctes. Pour Mélinda Briant, c’est une perte de sens professionnelle, après avoir été témoin de l’opacité qui règne dans le secteur de la cosmétique. Pour Nathalie Bovis, c’est le diagnostic d’un cancer du sein, lorsqu’on lui interdit d’utiliser ses produits habituels.
Elles se sont connues « dans leur vie d’avant ». Au départ, rien ne prédestine Mélinda et Nathalie à se rencontrer, si ce n’est leurs origines normandes. La première évolue dans le secteur du bio depuis plusieurs années alors que la deuxième travaille pour des multinationales, moins soucieuses des impacts environnementaux.
Leurs chemins se croisent en 2019, quand Nathalie rejoint l’entreprise où Mélinda est salariée : une PME écoresponsable qui vend des produits pour bébés. D’abord collègues, les deux femmes se lient rapidement d’amitié. En 2020, tout bascule. Nathalie apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Pendant sa radiothérapie les médecins lui demandent d’arrêter d’utiliser ses produits quotidiens, sans proposer d’alternative. « Que l’on soit malade ou pas, c’est fou de ne pas savoir ce que l’on met sur sa peau ! ».
La genèse du projet
De son côté, Mélinda travaille depuis une dizaine d’années pour des sociétés qui se revendiquent écoresponsables. Elle arrive à bout de souffle. « Je connaissais l’envers du décor. Ce qui m’a toujours interpellée dans le secteur des produits naturels, c’est que l’on reproduisait les codes marketing des grandes marques, sans remettre en question les promesses mensongères faites au consommateur. »
Pour Mélinda et Nathalie, cette rupture de confiance envers les produits du quotidien concerne tout le monde. Depuis la pandémie, nous faisons plus attention à l’impact que les produits peuvent avoir sur notre santé. De là, nait l’idée de l’open source, un concept qui désigne un système informatique conçu pour être ouvert au public. « Nous avons voulu transposer l’open source aux produits du quotidien. »
Elles quittent leur job en 2022. Pour identifier les attentes des consommateurs, les deux acolytes réalisent une étude auprès de 300 répondants. « Il en est ressorti que 85 % des personnes n’avaient plus confiance dans les cosmétiques et 86 % voulaient connaitre la composition détaillée des produits. »
L’entrepreneuriat, une aventure commune
Mélinda et Nathalie avaient déjà pensé à l’entrepreneuriat, chacune de son côté. « On voulait entreprendre, mais pas seule ! ». Une fois encore, le destin semble les avoir mis sur la route l’une de l’autre.
Elles se tournent alors vers des incubateurs qui accompagnent les jeunes entreprises et, rejoignent la Cosmetic Valley de Chartres. « Nous sommes des oiseaux de réseau, nous aimons faire des rencontres, échanger et se challenger. »
Les Bénéfiques se heurtent à la méfiance des grandes marques de cosmétique qui voient d’un mauvais oeil leur concept de totale transparence. « Si on plante la graine chez le consommateur qui est en droit d’avoir la recette au gramme près, cela peut créer des besoins de transparence auprès des grands groupes. »
Mais elles peuvent compter sur le soutien d’autres femmes entrepreneures, comme Justine Hutteau, cofondatrice de Respire. En un an, Les Bénéfiques ont réalisé 136 000 euros de chiffre d’affaires et recruté leur premier employé.
« Redonner le pouvoir au consommateur »
La transparence passe aussi par la co-création. Une démarche visible dès le choix du nom de la marque. « Nous avons organisé un vote avec les premiers membres de notre communauté. Le mot bénéfique résume bien notre projet entrepreneurial ».
L’entreprise à impact priorise les producteurs français et le circuit-court. Depuis un an, la communauté des Bénéfiques a bien grandi et continue de se développer sur Discord. Après avoir répondu à un questionnaire, les volontaires peuvent être sélectionnés pour recevoir les produits des Bénéfiques et les tester. Si le taux de satisfaction est inférieur à 90 %, le produit n’est pas commercialisé.
« On est un peu le C’est qui le patron ? ! de la cosmétique, avec l’objectif de redonner le pouvoir au consommateur ».
En-dehors du travail, Mélinda Briant et Nathalie Bovis entretiennent un lien quasi familial : « mes fils considèrent Mélinda comme leur grande soeur », rapporte Nathalie, le sourire aux lèvres. Deux aventurières qui, ensemble, ont su rebondir.
Lisa Begouin et Jean-Baptiste Leprince
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