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Innovation. Un terme qui renvoie à l’imaginaire de la création, de l’inventivité et de la nouveauté. « L’innovation est un état d’esprit », a-t-on l’habitude de dire. Oui, mais l’esprit de qui ? Avoir un esprit novateur relève de l’acquis ou de l’inné ?

Former les esprits de demain

Il existe en France de nombreuses formations à l’innovation, des écoles de commerce, aux écoles d’ingénieurs en passant par les instituts d’administration des entreprises (IAE). « Nous préparons nos étudiants à être des acteurs de l’innovation dans les entreprises qu’ils rejoignent. Nous concevons nos programmes pour permettre aux étudiants de développer un état d’esprit innovant », assure Delphine Manceau. Neoma a développé un programme intitulé « Innovative mindset » composé de plusieurs axes pédagogiques entre ateliers, théorie et réalisation de projets. « Nous voulons que les étudiants ne soient ‘ni aveugles ni aveuglés’. C’est-à-dire qu’ils aient une utilisation éclairée des technologies, qu’ils aient conscience des biais et des limites tout en sachant s’en servir », poursuit la directrice générale. « À l’emlyon, apprendre en expérimentant a un sens. Cela signifie qu’il est possible de tester ses idées et concepts, par exemple au sein du makers’lab, accessible à tout l’écosystème de l’école : diplômés, étudiants, personnel, professeurs, chercheurs, incubés et entreprises partenaires », se réjouit Isabelle Huault, présidente du directoire et directrice générale de l’emlyon. Concrètement il rassemble des machines, logiciels, composants électroniques et matériaux destinés à fabriquer et prototyper une idée ou un projet, dans un cadre entrepreneurial ou non.

Pour la directrice générale de Neoma, pas de doute : l’innovation ça s’apprend ! Le travail de groupe occupe une place essentielle au sein de l’école de commerce. « L’innovation ce n’est pas individuel, c’est très collectif. C’est important de travailler en groupe, avec des personnes différentes de soi ». L’innovation c’est aussi s’adapter aux transformations du monde qui influenceront les entreprises à court ou moyen terme.

Si innover s’apprend sur les bancs des écoles, les salons professionnels sont également une porte d’entrée privilégiée pour accéder au monde de l’innovation. « Vivatech », ou Vivatechnology, qui se déroule cette année du 11 au 14 juin, est reconnu comme le plus grand événement européen dédié aux start-up et aux technologies. Les thématiques choisies pour cette 8e édition explorent des sujets incontournables comme l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité, la durabilité ou l’évolution du monde du travail.

De son côté, avec son édition 2025, Techinnov a confirmé son rôle de catalyseur économique avec plus de 8 000 rendez-vous b to b organisés. Le prochain rendez-vous innovation ? Le salon Mobility for Business, les 7 et 8 octobre à Paris. L’édition 2025 mettra l’accent sur les dernières tendances en matière de mobilité d’entreprise.

Ces événements renforcent la possibilité de se familiariser avec les tendances tech qui façonneront l’innovation sous toutes ses formes dans les années à venir. Ils constituent des opportunités à saisir pour échanger avec des acteurs de l’innovation et assister à des conférences sur le sujet.

Le rôle des entreprises pour encourager l’innovation

Il est essentiel de former les jeunes à l’innovation pour qu’ils contribuent à façonner la compétitivité des entreprises et l’économie française de demain. Dès le recrutement, les entreprises peuvent choisir de miser sur l’esprit d’innovation des jeunes talents. « Les jeunes générations ont un rôle à jouer, elles apportent un nouvel état d’esprit. Les jeunes qui sauront innover, sans se contenter d’imiter la manière antérieure de faire les choses, feront la différence », soutient Delphine Manceau.

Le rôle des entreprises demeure primordial pour encourager ses salariés dans le sens de l’innovation. Des salariés muselés ne peuvent pas faire preuve de créativité ! « Au sein d’une entreprise, c’est plus facile d’innover avec le soutien de sa hiérarchie. Les entreprises ont un rôle décisif dans le climat qu’elles instaurent. Certains groupes accueillent avec beaucoup d’enthousiasme les profils créatifs, tandis que d’autres préfèrent jouer la carte de la sécurité », certifie Stéphanie Buisine, directrice de recherche au Cesi.

Le développement d’une entreprise passe aussi, par l’instauration de nouveaux modes d’organisation comme « l’open innovation », ou innovation ouverte en français. Ce terme, popularisé au début des années 2000, fait partie intégrante de la stratégie de nombreuses entreprises. L’idée ? intégrer des collaborations extérieures au département dédié à l’innovation. L’objectif pour les grands groupes vise à s’ouvrir à d’autres points de vue pour favoriser la créativité de l’ensemble des collaborateurs. Pour les entreprises, l’innovation ouverte permet de bénéficier d’infrastructures, comme des incubateurs, et d’obtenir des sources de financements.

L’innovation, un état d’esprit quotidien

L’innovation est le reflet des évolutions de la société. Pas besoin d’attendre d’être en école de commerce ou de rejoindre une entreprise pour développer un état d’esprit novateur. Stéphanie Buisine en est persuadée, l’esprit créatif se développe dès le plus jeune âge, à l’école primaire. « Il faut entraîner la créativité, l’esprit critique, l’indépendance de penser aux enfants ». La directrice de recherche souligne cependant un obstacle : selon elle, l’éducation peut être un frein au développement de ces compétences en France. « Nous imposons aux enfants une discipline stricte, ils doivent se plier aux règles, ne pas sortir du cadre. Or, rester dans un cadre n’est pas propice à l’innovation. Il faut savoir s’affranchir de cette manière de penser ! ».

Il est aussi essentiel de faire des erreurs, de tomber pour mieux se relever. L’innovation est un travail quotidien dont les capacités doivent être entraînées régulièrement.

« Comme toutes les compétences humaines il y a une part d’inné et une part d’acquis. Nous ne sommes pas tous égaux face à cet apprentissage. Il ne faut pas avoir peur de se tromper. L’innovation est un apprentissage tout au long de la vie », conclut Stéphanie Buisine.

Comme dit l’adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » : c’est en développant son esprit créatif que l’on innove !

Lisa Begouin

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