La parité dans le sport est un idéal encore loin d'être atteint.
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La parité est toujours à la traîne. Et l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être acquise dans le sport. Très loin. Athlètes, entraîneurs, postes haut placés… Les femmes manquent, et les chiffres inquiètent. 

Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer ! Un récent rapport sur la parité, publié en 2025, par le Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCE) tire – une nouvelle fois – la sonnette d’alarme. Mais il propose aussi des recommandations concrètes. Parce qu’alerter ne suffit plus. Et il y a des progrès notables à souligner, notamment en termes de parité lors des compétitions olympiques ! Lors de ces Jeux olympiques d’hiver 2026 à Milan-Cortina, si la parité n’est pas parfaite, elle s’en approche. On compte un total de 47 % de femmes, et la parité est atteinte dans 12 des 16 disciplines. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont marqué une nouvelle étape majeure en atteignant une parité parfaite. Une grande première ! 

Mieux encore ! Pour les prochains Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, les femmes seront même plus nombreuses que les hommes. 5 655 athlètes féminines pour 5 543 hommes. Une évolution positive et notable à souligner, alors que les femmes ne représentaient que 2,2 % des participants en 1900. 

4,5 % des retransmissions télévisées sont consacrées aux sports féminins 

Mais il n’est pas seulement question de remplir des quotas… Là où le sport féminin souffre aussi d’une faible médiatisation, d’inégalités de salaires ou de violences sexistes et sexuelles – 392 affaires impliquant 396 personnes, dont 89,5 % des hommes, ont été recensées par la cellule Signal-Sports en 2024. 

Les femmes ne sont pas seulement sous-représentées dans leurs sports, mais aussi pour les postes hauts placés. Le 20 mars 2025, le Comité International Olympique (CIO) a nommé Kirsty Coventry au poste de présidente. Cette ancienne nageuse zimbabwéenne et médaillée olympique est devenue la première femme et première Africaine à présider le CIO. Une nomination constituait « un signal important pour toutes les femmes dans le sport » et « un exemple pour augmenter le nombre de femmes au poste de présidente au sein des fédérations », a déclaré Marie Barsacq, ancienne ministre des Sports. Mais les chiffres restent encore faibles : 34 % des dirigeants de structures sportives sont des femmes, 33 % des encadrants, et 13 % des entraîneurs aux JO de Paris 2024 – le même pourcentage qu’à Tokyo en 2021. 

En termes de médiatisation, les femmes sont bien cachées derrière leurs homologues masculins. Entre 2019 et 2021, 71,5 % des retransmissions télévisées sont consacrées aux sports masculins, contre 4,5 % pour les sports féminins, d’après l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Même chose pour les salaires… Aucune femme ne figure dans le top 100 des athlètes les mieux payés en 2024. Des inégalités valables partout, y compris dans un sport aussi connu et médiatisé que le basket. En 2023, le salaire moyen d’une joueuse de la ligue féminine américaine (W-NBA)  était de 113 295 dollars (97 000 euros), contre 9,7 millions (8 millions d’euros) pour les hommes. Bref, un salaire 85 fois plus faible, et un fossé qui semble impossible à combler. 

Le sport et son « caractère particulièrement sexiste et viriliste » 

Des procédures sont déjà en cours, comme l’opération « Sport féminin toujours » menée par l’Arcom et la direction du ministère des Sports depuis 2021. L’objectif est d’inciter les médias à diffuser plus de sports féminins. On souligne aussi l’évolution des mentalités pour ce qui est de l’habillement des athlètes. Depuis janvier 2025, la fédération autorise les gymnastes à porter un short en compétition. Jusqu’à présent, les juges sanctionnaient cette tenue d’une pénalité, mais aujourd’hui le règlement l’autorise, à condition que le short ne dépasse pas dix centimètres de long. Une décision que l’on doit, entre autres, à Dominique Mérieux, première femme à présider cette fédération, et élue en novembre 2024. 

Des recommandations supplémentaires sont émises par le HCE : former à la prévention et à la lutte des violences, promouvoir les formations et débouchés professionnels auprès des collégiennes et lycéennes, encourager les fédérations à mettre en place un co-encadrement mixte, appliquer un quota de 40 % de femmes directrices techniques nationales, ou inciter les entreprises à consacrer une part de leur budget sponsoring au sport féminin… Bref, il est aussi question de changer les mentalités. « Si autant de freins organisationnels persistent, c’est en raison du caractère particulièrement sexiste et viriliste du sport », souligne Béatrice Barbusse, sociologue, ancienne sportive de haut niveau et vice-présidente de la Fédération Française de Handball. 

Alors malgré des avancées partielles, le chemin à parcourir reste long. Les récentes compétitions qui ont explosé les taux de médiatisation, notamment les Jeux de Paris 2024, ont participé à encourager la participation féminine… Après ce grand rendez-vous, les licences féminines ont augmenté plus vite (6 %) que celles des hommes (4 %). Encourageant. 

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