Le « Madoff du Maine-et-Loire » termine sa course en prison

Madoff
Angers. (Crédits : Shutterstock)

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Accusé d’avoir escroqué une bonne partie de la bourgeoisie angevine, Guillain Méjane a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis.

Guillain Méjane, le « Madoff du Maine-et-Loire », a été condamné le 28 mars dernier par le tribunal correctionnel de Paris. Retour sur cette incroyable affaire qui défraie la chronique.

C’est une chute. C’est une onde de choc. Celle d’un « trader de génie » qui après avoir roulé son monde dans la farine se voit aujourd’hui démasqué et incarcéré. Oui, au moment où vous lisez ces lignes, Guillain Méjane dort en prison. Ses propriétés et véhicules ne lui appartiennent plus. L’entrepreneur du choc – ou qui du moins paraissait l’être – a su s’attirer la confiance de la bonne société d’Angers, naviguant entre haute bourgeoisie et noblesse locale.

Un escroc si charmant…

Ce Rastignac aux dents longues, âgé de 41 ans, a su convaincre des dizaines d’investisseurs de s’engager dans sa société bien nébuleuse, cela en promettant des rendements hors du commun grâce à un pseudo logiciel de trading… Ironiquement, sa société s’appelait NFT Investment (Not for Today Investment). « Not for today », effectivement…

Fin 2014, c’est la faillite totale. 10,6 millions d’euros s’évaporent dans la nature, ou plutôt sur le marché hongkongais, dans une opération boursière aux airs de pur désastre. Guillain Méjane et son ami d’enfance – également dans la combine – dépensent 2 millions d’euros pour limiter la casse et rembourser certains investisseurs… Tandis qu’un autre million d’euros s’envole pour Londres, dans la poche d’un salarié bien mystérieux. Guillain Méjane conserve en guise de matelas de sûreté la rondelette somme de 1,6 million d’euros.

En faillite, il étale un train de vie des plus luxueux

Pendant que sa petite entreprise sombre à la manière du Titanic, Guillain Méjane mène grand train. Mariage fastueux en Italie du Nord, achat d’une Ferrari, escapade navale du côté de Singapour… Avec son associé, ils « côtoyaient des gens très riches », arguent aujourd’hui leurs avocats… Lors du procès, Guillain Méjane courbe l’échine : « J’ai perdu pied… D’une certaine façon je suis un peu devenu fou ». Effronté en diable, il met sa dramatique erreur sur le compte de « l’optimisme », affirmant qu’il pensait jusqu’au bout pouvoir se relancer. L’aigrefin ose même adresser à ses juges quelques leçons de trading… Catherine Dedieu Lugat, escroquée de 24 000 euros, le confie aux caméras de France 3 : « Je crois que si je l’avais eu en face de moi à l’époque, je lui aurais mis un bon gros coup de boule ».

Maître Thomas Amico tente de défendre son client. Il plaide « l’histoire d’un immense échec collectif (…) on a voulu trop vite sauter sur des boucs émissaires, parfois en tordant les qualifications juridiques ». Bouc émissaire, Guillain Méjane ? Son ami d’enfance se désolidarise totalement, s’estimant floué par celui qu’il admirait vigoureusement. Son avocat l’explique au Parisien : « Gaëtan Odart de Rilly d’Oysonville a tout perdu dans cette histoire. Sa compagne de l’époque, l’estime de sa famille et de son entourage. Dix ans de sa vie à se défendre. Et un ami qu’il considérait comme un frère ».

Le « vagabond des étoiles » désormais sous les verrous

Quid des investisseurs lésés ? Souvent dotés de noms à particule, les victimes de cette affaire furent vraisemblablement attendries par le profil séducteur de Guillain Méjane. « Sous le charme » ; « J’ai voulu lui donner une chance » ; « Il nous avait paru avenant » ; « Il prenait régulièrement des nouvelles de mes enfants », sont des phrases qui sont revenues lors de l’audience. Sans oublier que beaucoup étaient rassurés par le train de vie très luxueux qu’affichait alors Guillain Méjane sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas politiquement correct, mais ajoutons qu’étant né sans bras et sans jambes, Guillain Méjane savait également apitoyer les nantis en utilisant son handicap. Et cela sans vergogne.

Qui pouvait prédire que derrière ce profil a priori formidable se cachait en réalité un margoulin de première dimension ? S’inspirant directement de Madoff, Guillain Méjane parvint à mettre au point une véritable « pyramide de Ponzi » … Ce qui signifie, selon La Finance pour tous : « Compter sur l’argent des nouveaux investisseurs pour servir les intérêts promis ». Guillain Méjane s’estime victime d’un « complot » qu’il est bien seul à imaginer. Celui qui se surnomme lui-même « le vagabond des étoiles » aura désormais tout le temps d’y réfléchir…

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