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Il y en a que pour la Chine et les États-Unis. Mais en matière d’intelligence artificielle, la France n’est pas en reste. Quel est vraiment son poids dans la course à l’IA ?
Souvenez-vous, mi-janvier, le président américain Donald Trump annonçait 500 milliards de dollars d’investissement dans l’intelligence artificielle (IA), et ce dans le cadre du plan « Stargate ».
« On veut en être et on veut inventer, sinon on va dépendre des autres », déclarait Emmanuel Macron un mois plus tard, lui qui a promis 109 milliards d’euros d’investissements « privés français et étrangers » en matière d’intelligence artificielle « pour les prochaines années ». « Nous sommes dans la course », renchérissait Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique.
Un Sommet et ensuite ?
Cinquième. C’est la place qu’occupe la France en matière d’IA en 2024, selon un classement dressé par le média britannique Tortoise. Derrière les États-Unis, la Chine, Singapour et le Royaume-Uni… Pas si mal donc.
Surtout, en 2025, la France a accueilli le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, avec au programme : des conférences scientifiques, des rencontres entre chefs d’États, un week-end culturel, des événements dédiés, et une journée business pour les entrepreneurs à Station F.
Arthur Mensch, fondateur de Mistral AI, l’un des plus grands acteurs français du secteur, y était. « C’est très important que ce sommet se soit déroulé en Europe et d’autant plus à Paris […] La France est la référence sur le continent en matière d’IA, et nous devons continuer à faire connaître nos entreprises et notre écosystème à travers le monde », explique Agata Hidalgo, responsable des affaires publiques chez France Digitale et spécialiste de l’IA.
Ce sommet international a été l’occasion de multiplier les grandes annonces – il faudra désormais tout faire pour pouvoir les mettre en œuvre : l’exécutif a évoqué 35 sites « prêts à l’emploi » pour accueillir des data centers, ces gigantesques bâtiments conçus notamment pour permettre l’entraînement des modèles d’IA. Le fonds canadien Brookfield va investir 20 milliards d’euros en France pour notamment en construire un à Cambrai (Nord). En parallèle, la France mise aussi sur la formation : Emmanuel Macron a affirmé que 100 000 jeunes seraient bientôt formés chaque année aux technologies de l’IA, contre 40 000 actuellement.
Le rôle des grandes entreprises
La France pourrait même se distinguer dans ce que l’on appelle l’IA frugale, c’est-à-dire le développement de l’intelligence artificielle en accord avec l’époque et ses limites. C’est l’idée d’une IA durable. « La France et l’Europe peuvent émerger en leader sur ce créneau-là », estime Agata Hidalgo.
La France a les start-up qu’il faut pour rêver plus grand, mais à nous également de consommer plus français. Derrière ce « nous » se cachent notamment les plus grandes entreprises qui ont encore trop souvent recours « aux solutions logicielles développées par les mastodontes américains ». « La France a tout ce qu’il faut pour briller à l’échelle mondiale mais, pour ce faire, les grands groupes doivent faire plus confiance à nos start-up, et ainsi être les premiers clients de leurs innovations », poursuit la spécialiste en IA de France Digitale. La France ne ratera pas le wagon.
GEOFFREY WETZEL






























