Les cofondateurs de Vigidomaine
Les cofondateurs de Vigidomaine (Crédits : Vigidomaine)

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Qui ? Vigidomaine 

Quoi ? Une start-up qui surveille vos actifs en ligne grâce à une solution de cybersécurité 360° pour prévenir la fraude et le « typosquatting » 

Un site Internet peut sembler parfaitement sécurisé. Et pourtant. Une adresse mail falsifiée, un faux nom de domaine ou une mauvaise configuration DNS suffisent parfois à ouvrir la porte à une attaque de phishing. Des failles discrètes, souvent négligées, que Vigidomaine tente justement de détecter avant qu’elles ne deviennent critiques. Fondée en 2025 à Lyon par Alexis Monnet et Adrien Chambade, la start-up développe une plate-forme de surveillance cyber centrée sur ce que voit un attaquant depuis l’extérieur. Une philosophie simple : prévenir plutôt que réparer.

Une solution née du terrain 

À l’origine de Vigidomaine, deux profils issus du monde de la cybersécurité. Alexis Monnet travaille dans le développement logiciel, tandis qu’Adrien Chambade intervient comme consultant en sécurité informatique. Tous deux possèdent également un cabinet de conseil cyber. En intervenant chez différents clients, ils constatent rapidement le même problème : beaucoup d’entreprises sous-estiment les risques liés à leurs noms de domaine et à leur présence numérique externe. « On s’est dit qu’il y avait quand même des petits sujets cyber qui n’étaient pas très traités chez nos clients », explique Alexis Monnet. L’idée de Vigidomaine apparaît alors progressivement. D’abord conçu pour leurs propres besoins internes, l’outil permet de surveiller les noms de domaine, les configurations DNS ou encore les risques d’usurpation d’identité numérique. Et les premiers résultats obtenus chez leurs clients les poussent à aller plus loin. 

En janvier 2025, les fondateurs commencent à être accompagnés par la French Tech de Lyon pour structurer le projet en véritable start-up. Quelques mois plus tard, Alexis Monnet décide même de mettre de côté ses activités de consulting pour se consacrer entièrement au développement de Vigidomaine. « On avait déjà des clients chez qui l’outil faisait ressortir des choses assez positives. Alors tant qu’à faire, autant le proposer à d’autres entreprises ! », raconte-t-il.  Le cœur du système repose notamment sur le typosquatting, une technique qui consiste à créer un faux nom de domaine ressemblant fortement à celui d’une entreprise. Une simple lettre modifiée peut suffire à piéger un salarié ou un client. « On essaie d’anticiper ce que vont voir les attaquants », résume le cofondateur. 

Une cybersécurité tournée vers la prévention 

Contrairement à d’autres acteurs du secteur, Vigidomaine ne cherche pas à pénétrer les systèmes internes des entreprises. La start-up se concentre uniquement sur la surface visible depuis l’extérieur. À partir d’un nom de domaine, la plate-forme analyse les configurations DNS, les serveurs de messagerie, les certificats ou encore les potentielles tentatives de contrefaçon de marque. Cette surveillance permet parfois de détecter des problèmes bien plus importants qu’il n’y paraît. Alexis Monnet affirme que près de 90 % des entreprises testées, entre 300 et 400 entreprises, lors de salons présentent des erreurs de configuration sur leurs systèmes de messagerie. Des failles qui peuvent faciliter l’usurpation d’identité ou le phishing. « Dans certains cas, on pourrait presque envoyer des mails au nom de l’entreprise », explique-t-il. 

La start-up revendique ainsi une approche « 360 degrés » de la cybersurveillance. En plus des noms de domaine, Vigidomaine vérifie également si une entreprise apparaît dans des listes noires, si certaines données circulent sur le darknet ou si des serveurs exposent accidentellement des informations sensibles. Lors d’un salon professionnel, l’équipe est même tombée sur une base de données accessible directement depuis Internet chez un exposant. Pour toucher un maximum d’entreprises, Vigidomaine mise aussi sur l’accessibilité. Une offre gratuite permet déjà à n’importe quelle structure de surveiller un nom de domaine avec des analyses basiques. Les offres payantes, elles, fonctionnent par abonnement mensuel selon le niveau de surveillance demandé. Mais la startup privilégie surtout les partenariats avec des cabinets cyber, des agences Web ou des SOC, des plates-formes qui centralisent les données de cybersécurité pour plusieurs clients. 

Encore jeune, l’entreprise cherche désormais à accélérer son développement. Après avoir participé au CES de Las Vegas 2026, au Forum InCyber de Lille ou encore à plusieurs salons spécialisés, Vigidomaine travaille aujourd’hui sur des intégrations avec WordPress et PrestaShop afin de simplifier encore davantage son utilisation. Une manière pour la jeune pousse lyonnaise de s’insérer directement dans les outils déjà utilisés par les entreprises. 

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