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Qui ? DigitalKin
Quoi ? Une plate-forme qui crée des agents IA spécialisés pour accompagner ses projets professionnels
Sans surprise, intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans son entreprise est une stratégie devenue incontournable. 58 % des dirigeants reconnaissent son impact pour le futur de l’entreprise, et 43 % des PME-ETI ont déjà des stratégies IA mises en place, d’après une étude de Bpifrance de juin 2025. Un tournant stratégique qu’Emmanuel Théry et Sébastien Deschaux n’ont pas manqué. En 2023, depuis Lyon, ils lancent DigitalKin, et se mettent en tête de faciliter le travail de leurs futurs clients, en créant des agents IA – c’est-à-dire « une entité digitale qui travaille pour vous pour atteindre votre but pendant que vous faites autre chose » – capables de s’adapter à l’expertise de chacun.
« On s’est projeté dès la fin d’année 2022 avec un constat : ce qui changera le monde ne se réduit pas aux chatbots comme ChatGPT. Oui ces derniers répondent à vos questions mais ils ne font pas le boulot à votre place, ils n’atteindront pas vos propres objectifs », explique Emmanuel Théry. Sa solution : les agents IA, une « révolution industrielle » qui doit pouvoir travailler avec l’humain, sans remplacer son travail, mais en l’accompagnant vers un produit de meilleure qualité. « Le “kin”, c’est votre proche digital, vous pouvez lui confier des missions en toute confiance », assure-t-il.

« Quel est votre but ? »
L’avantage d’engager un collègue digital, c’est de pouvoir remplacer toutes les faiblesses de l’humain. « L’être humain est généralement mauvais pour définir ses buts, ou il le fait de façon incomplète ou incohérente », justifie Emmanuel Théry. Le fondateur de DigitalKin reprend l’histoire du roi Midas, dans la mythologie grecque. Un homme cupide et avide de richesse qui fait le vœu de tout transformer en or… « Mais quand il commence à avoir faim, ce qu’il touche se transforme en or. Alors, il se rend compte qu’il s’est trompé dans la formulation de son but. C’est un mythe qui a traversé les siècles, c’est universel », raconte-t-il. Parce qu’un objectif mal formulé peut être un frein, même pour une entreprise. Tout dépend aussi du public visé. DigitalKin s’adresse principalement à des chercheurs, mais aussi des directeurs R&D, des consultants en science et innovation ou dans le domaine pharmaceutique, etc.
Pour accompagner les projets, DigitalKin commence par poser des questions pour comprendre les souhaits du dirigeant, et l’entreprise en elle-même. Un brainstorming qui commence par : « “Quel est votre but ? Qu’est-ce que vous cherchez à obtenir ?” S’ensuivent des questions multiples pour affiner le projet. Ensuite seulement l’agent sera généré ». Cet agent IA devient alors le collègue irréprochable, qui réalise toutes les tâches qui lui sont données, le plus intelligemment possible, et en adéquation avec les besoins de l’entreprise. « C’est comme un collègue digital à distance ! », illustre le cofondateur.
Des enjeux multiples
Mais travailler avec une IA ne veut pas dire remplacer l’humain. Là est tout l’enjeu de préserver la place de ses collègues bien vivants. Un défi qui inquiète les employés, d’après le rapport People at Work 2025 d’ADP Research, puisque 10 % des salariés ont peur d’être remplacés par une IA, et un salarié sur trois cherche déjà un nouvel emploi, motivé par la crainte d’être remplacé. Mais Emmanuel Théry est confiant, DigitalKin est un outil : « Si l’humain se désengage du travail, il n’est plus capable de s’approprier le sujet et de le comprendre suffisamment pour ensuite poser les bonnes questions. Pour missionner un agent qui va travailler pour lui, encore faut-il qu’il soit capable de lui donner une mission ! » Et comment exploiter des résultats dont on ne sait rien ?
Comme à chaque utilisation de l’IA, des questions se posent, notamment en matière d’erreur, ou de protection des données. « Un humain peut aussi faire des erreurs. L’agent IA aura la rigueur méthodologique qu’on attend d’un scientifique pour faire ce travail-là. Il y a aussi un contrôle sur la qualité, et sur les étapes intermédiaires qui permettent de s’assurer que les choses sont bien faites. Plusieurs agents travaillent en même temps pour contrôler la qualité de ce que font les autres », insiste Emmanuel Théry. Et en matière de protection des données, il se veut rassurant : « On voit les utilisateurs qui s’inscrivent, quel type d’utilisation ils peuvent avoir. Mais on ne lit pas ce qu’ils disent. Le contenu est confidentiel. » Le train de l’IA est en marche, et les entreprises ont intérêt à prendre le bon wagon.







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