Musique et argent
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Temps de lecture estimé : 2 minutes

Qui ? Bolero 

Quoi ? Une plate-forme d’investissement dans la musique et accessible à tous

Et si la musique devenait un placement à part entière ? Avec Bolero, les droits musicaux sortent du cercle fermé des investisseurs institutionnels pour s’ouvrir au grand public. Une approche innovante qui repose sur un constat simple : à l’ère du streaming, chaque écoute génère des revenus. 

Lancée il y a cinq ans, Bolero s’inscrit dans une tendance de fond : la financiarisation de la musique. Longtemps réservés aux majors et aux grands fonds, les catalogues musicaux attirent désormais un nombre croissant d’investisseurs. L’entreprise parisienne entend démocratiser cet accès grâce à une plate-forme digitale qui permet d’investir dans des paniers de chansons, à partir de quelques dizaines d’euros. Un modèle hybride, à la croisée de la fintech et de l’industrie culturelle. 

Une idée née de l’essor des droits musicaux 

À l’origine de Bolero, un constat. Depuis 2020, les droits musicaux sont devenus une classe d’actifs particulièrement recherchée. Des acteurs comme BlackRock ou Blackstone ont massivement investi dans des catalogues d’artistes, attirés par des revenus jugés stables et prévisibles. « À chaque fois qu’un utilisateur lance un morceau sur une plate-forme de streaming, cela génère une redevance », explique le cofondateur William Bailey. Contrairement à l’époque du CD, où l’acte d’achat était unique, la musique produit aujourd’hui des revenus récurrents, comparables à des loyers. 

Partant de cette observation, Bolero a fait le choix de rendre cet actif accessible. Sur sa plate-forme, les utilisateurs investissent non pas dans une chanson isolée, mais dans des catalogues composés de dizaines, voire de centaines de titres. Ces paniers, renouvelés régulièrement, permettent de diversifier le risque et d’offrir une exposition globale au marché musical. Pour garantir une certaine stabilité, l’entreprise sélectionne uniquement des morceaux ayant déjà fait leurs preuves. « Nous nous concentrons sur des titres avec plusieurs années d’historique et des revenus solides », précise William Bailey. L’objectif n’est pas de miser sur un succès futur, mais de s’appuyer sur des performances déjà établies. 

Un modèle basé sur le rendement et la technologie 

Contrairement à des placements basés sur la spéculation, Bolero repose sur une logique de revenus réguliers. Les investisseurs gagnent de l’argent grâce à l’exploitation des musiques : écoutes en streaming, passages à la radio, utilisation dans des films ou des publicités, ou encore concerts. Le fait de multiplier ces sources de revenus est un vrai avantage. Cela permet de rendre les performances plus stables et de ne pas dépendre d’un seul type de revenu. « Peu importe le contexte économique, les gens continuent d’écouter de la musique », rappelle le cofondateur, pour souligner la solidité de ce modèle.  

La technologie joue également un rôle central. Bolero s’appuie sur des outils de data et de machine learning pour analyser les catalogues et anticiper leurs performances sur le long terme. Les utilisateurs disposent, de leur côté, d’une interface leur donnant accès à de nombreuses données : historiques de revenus, statistiques de streaming ou tendances de consommation. La blockchain est aussi mobilisée pour assurer la traçabilité des transactions et faciliter la distribution des rendements, tout en réduisant les coûts. Un levier essentiel pour gérer une base de plus de 25 000 utilisateurs. 

Côté modèle économique, l’entreprise se rémunère à plusieurs niveaux : lors de la structuration des catalogues, sur les transactions entre investisseurs et via une commission sur les rendements générés. Déjà leader en Europe, Bolero vise désormais une expansion à l’international et souhaite intégrer ses produits dans des solutions d’épargne plus classiques, comme l’assurance-vie. 

Avec plus de 77 % de ses clients qui réinvestissent régulièrement, la plateforme mise sur une dynamique durable. La musique, au-delà de son aspect culturel, s’impose progressivement comme une nouvelle classe d’actifs.  

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