Vin sans alcool, vraiment ?
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La morale s’empare du monde du vin. Par Annie Ligen, fondatrice d’Annie Ligen et Fille.

Après la bière, les cocktails, les spiritueux, le monde du vin est à son tour contaminé par la mode du « sans alcool ». Depuis un peu plus d’un an, la tendance s’accélère, les productions dans les trois couleurs prolifèrent et la communication à leur sujet idem !

Comme si le marché du vin ne souffrait pas déjà d’une baisse conséquente de la consommation individuelle, estimée à plus de 60 % entre les années 1960 et 2022*. Ce qui n’empêche pas pour autant l’Europe, les autorités supérieures incompétentes et autres associations en mal d’existence de nous abreuver d’interdits. Sous prétexte de veiller sur notre santé, elles nous fixent des limites dans nos façons de boire et de manger, d’oser sa différence. Elles nous imposent leurs règles de bonne conduite, nous réduisant à l’état de gamins dans une cour d’école qu’il faut sanctionner parce qu’ils jouent trop fort au ballon.

En finir avec l’infantilisation

Se soumettre aux ordres, voilà ce que l’on attend de nous. Avec la volonté de nous infantiliser, nous réduire à l’état de mouton, sans liberté de pensée. Ce monde binaire « le bien et le mal » ferme la porte à toute pensée intime et donc nous enferme dans un présent collectif qui n’aurait pas de passé, un présent dénué d’émotion. Or le vin est un miracle du vivant et la mémoire des émotions. En prenant conscience de ces émotions, il est possible de se questionner et de pouvoir faire des choix favorables à nos besoins personnels. Les émotions ne sont pas la cause du mal-être. En coupant le signal qu’est l’émotion, c’est comme si l’on coupait l’alarme incendie et qu’on espérait continuer tranquillement notre vie dans une maison qui brûle. Ce n’est pas parce que l’on coupe l’image que ça ne brûle plus !

La première gorgée de vin ouvre un champ d’émotions insoupçonnées et infinies et non juste une sensation qui satisfait un trop plein de vide.

Comment peut-on en effet reprendre à l’envi l’expression « spiritueux sans alcool » ? Une hérésie quand le Larousse notamment définit ainsi le spiritueux : Se dit d’une boisson qui contient un fort pourcentage d’alcool. Comment peut-on abuser de la dénomination « vin sans alcool » ?

Un poids précieux dans l’économie

Il faudrait oublier que la France détient un patrimoine viticole unique qui repose sur une diversité exceptionnelle de sols, de climats, de reliefs, de biodiversité. Notre pays produit des flacons que le monde entier nous envie. En 2018, la bouteille de vin la plus chère jamais vendue était une Romanée-Conti de l’année 1945, partie aux enchères pour 482 000 euros.

Et il faudrait faire fi de tout cela ? Le balayer d’un revers de main pour plaire aux âmes bienpensantes qui se disent préoccupées de notre santé sans se soucier, par exemple, des emplois que la filière viticole génère ? Sans se soucier de son impact économique sachant que la viticulture française représentait, en 2022, 16 % de la production agricole, soit 15 milliards d’euros ?

Ne confondons pas les êtres qui souffrent et compensent leur mal-être par des excès avec le commun des mortels, responsable de ses actes et donc dans sa façon de consommer du vin et le reste. En clair, laissez-nous tranquilles, sans nous faire la morale et nous ranger dans le camp du bien ou celui de mal.

*Source : agriculture.gouv.fr


8 bonnes raisons de boire du vin, et du vrai :

  •  Le vin provoque et procure des émotions, convoque mémoire et souvenirs tout comme la vigne, porteuse de mythes, de légendes et d’histoires ;
  •  Le vin est l’œuvre de l’Homme depuis la nuit des temps ;
  •  Le vin est issu d’un miracle du végétal. Il se renouvelle chaque année malgré le gel, la grêle, les maladies de la vigne, la canicule, les modes et l’adversité ;
  •  Le vin fait partie de l’identité culturelle de la France ; 
  •  Le vin est source de joie, de partage, de convivialité, de communion ; 
  •  Le vin est un fleuron de la gastronomie française ;
  • Le vin réjouit hommes d’affaires et patrons d’entreprises. Nombre de contrats d’envergure se concluent grâce à de grands vins servis autour d’un bon repas ;
  • Le vin est pourvoyeur d’emplois, un produit agricole qui pèse lourd dans notre économie…

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