Duralex : quand l’industrie devient patrimoine

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Icône des cantines et des cuisines familiales, Duralex célèbre cette année ses 80 ans – une longévité aussi solide que son verre trempé. Relancée en 2024 par ses salariés, la marque ouvre un nouveau chapitre de son histoire, symbole d’un savoir-faire français devenu patrimoine collectif.

Robustesse. À l’image de ses verres emblématiques, Duralex a prouvé une fois encore sa résistance. Début novembre, la marque a lancé une levée de fonds participative pour réunir 5 millions d’euros. En à peine quelques heures, l’objectif était largement dépassé, avec plus de 19 millions de promesses de dons.

« Les Français ont répondu présent », s’est félicité le directeur général François Marciano. La somme récoltée doit permettre de moderniser l’usine d’Orléans et d’accompagner la transformation de la marque.

Le savoir-faire à la française…

Née en 1945 près d’Orléans, l’entreprise a transformé un verre de pare-brise automobile en vaisselle incassable. D’abord conçus pour leur solidité et leur sécurité – notamment dans les écoles –, « les gobelets représentent encore aujourd’hui 65 % de nos ventes », précise Vincent Vallin.

Le directeur stratégie et développement souligne l’attachement particulier des Français envers Duralex. « C’est une marque patrimoniale. »

En France, la gamme Picardie est celle qui se vend le mieux, alors qu’à l’export ce sont plutôt les gammes Provence, Lys ou Manhattan qui rencontrent du succès.

« Cet ancrage franco-français est à la fois une force et une faiblesse : il confère à Duralex une forte renommée et un attachement émotionnel, mais limite sa capacité à se différencier sur le marché », souligne-t-il cependant.

Quand l’entreprise s’est trouvée en difficulté en juillet 2024, les salariés ont refusé de voir disparaître leur savoir-faire.

Le projet de reprise en Société coopérative (Scop) s’est imposé face à d’autres, parfois synonymes de suppressions de postes. Soutenue par la Banque des Scop, la région Centre-Val de Loire et la métropole d’Orléans, « la renaissance de Duralex a été une aventure humaine et collective, les salariés étaient heureux de dire “c’est notre usine” ».

… qui traverse le temps

Depuis, la marque a retrouvé de l’élan. Pour ses 80 ans, Duralex a réédité son emblématique verre Picardie avec une « soupape » anniversaire, décliné en versions transparentes et colorées. Un million d’exemplaires ont été produits, parmi lesquels cent contenaient un « ticket d’or », façon Charlie et la chocolaterie.

L’année 2025 a aussi été marquée par le lancement de produits dérivés, l’ouverture d’une boutique à Orléans et de pop-up stores à Paris.

Aujourd’hui, Duralex cherche à concilier son ancrage français, son exigence de qualité et les réalités économiques d’une production locale. L’entreprise prépare sa gamme 2026 avec 300 nouvelles références pour répondre aux attentes des différents marchés.

« Notre stratégie repose sur trois piliers : le retail, le food service et le b to c ». L’objectif ? Proposer une offre plus segmentée, lisible. Un passage obligé pour la marque, qui vise une montée en gamme maîtrisée, sans renier son ADN : « Duralex restera toujours un gobelet à 2,50 euros, solide, français et indestructible. »

LISA BEGOUIN ET JEAN-BAPTISTE LEPRINCE

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