Déborah Guillotin, une revanche sur son enfance

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Son parcours représente l’illustration parfaite du rebond. Bien plus qu’une entrepreneure, elle est de celle qui ne lâche rien. Déborah Guillotin, dirigeante de My English School France, a fait de son enfance vécue à la rue une force pour tout affronter.

« Toute ma vie j’ai eu peur de tout perdre du jour au lendemain et c’est devenu pour moi une source de motivation », nous confie Déborah Guillotin.

L’histoire de cette passionnée de l’entrepreneuriat commence dans la rue. Déborah Guillotin est née dans une cabine téléphonique, et a vécu avec sa maman sans domicile fixe jusqu’à ses 5 ans, avant de la perdre à 9 ans.

« J’en ai longtemps voulu à ma mère de m’avoir fait grandir dans la rue avec elle, sans mes frères et soeurs. Aujourd’hui, je sais qu’elle voulait seulement me protéger et que si j’ai cette vie maintenant… c’est grâce à elle », raconte-t-elle.

Après le décès de sa mère, Déborah Guillotin se retrouve placée sous la responsabilité de sa soeur, qui à seulement 18 ans subvient à ses besoins. Bien plus qu’une main tendue, un sauvetage. Les yeux reconnaissants et remplis de fierté, elle raconte comment sa soeur a jonglé entre trois petits boulots pour payer ses études, un logement, lui offrir tout simplement une vie stable.

Inscrite dans une école privée, plus question de faire l’impasse sur la scolarité. Férue de langues étrangères, elle passe un bac littéraire et poursuit ses études à New York où elle devient fille au pair. Un tournant dans sa vie.

De la rue à l’entrepreneuriat

« J’ai découvert ce qu’était une famille, que des parents pouvaient aimer leur enfant. Mon géniteur ne voulait pas de moi et avec ma mère c’était compliqué. À 19 ans, j’ai eu enfin une figure parentale en face de moi », révèle l’entrepreneure.

Une expérience qui lui a redonné goût à la famille et qui l’a sauvée de la dépression qu’elle traversait. « Rebondir seule, ça aurait été impossible pour moi », ajoute-t-elle. Un amour qui lui donne la force de continuer.

À son retour en France, elle poursuit ses études en master de commerce international à Lyon. La suite ? une arrivée au sein d’une start-up spécialisée dans le digital avant de rejoindre My English School, une entreprise dédiée à la formation de l’anglais.

En pleine pandémie, elle fait le pari fou de racheter MyEs France avec son épouse Julie. « J’ai tellement d’idées à la seconde que j’en agaçais mes employeurs… L’entrepreneuriat était une évidence ! », confie-t-elle en souriant. Cinq ans après, pari tenu ! Aujourd’hui, l’enseigne se développe en master franchise dans toute la France avec une ouverture récente à Paris.

Vibrer au contact des autres

Une réussite qui lui vaut de figurer dans le classement Forbes, en 2023, des 40 femmes les plus influentes de France. Mais cette victoire, elle préfère la dédier à son équipe.

« Ce qui me gêne c’est qu’il n’y ait pas de prix d’équipe. C’est valorisant, d’être récompensée comme femme d’audace mais il y a 80 personnes derrière moi qui me poussent », argumente Déborah Guillotin.

Femme et entrepreneure au grand coeur, elle est émue lorsqu’elle évoque le soutien indéfectible de ses équipes qui ont cru en elle lors du rachat de MyEs France. Parce qu’en effet, le contact reste ce qu’il y a de plus important pour elle.

« Ce qui me motive chaque jour c’est la proximité avec les gens, échanger avec eux », poursuit-elle. Son avenir ? accélérer le développement de MyEs : les équipes en interne, étendre le réseau et créer une communauté toujours plus forte.

Et quand elle ne pense pas boulot… Déborah Guillotin s’occupe de sa petite tribu : « J’adore donner à manger à mes enfants le soir, c’est un peu mon moment hors du temps », admet-elle.

Maman comblée et entrepreneure aguerrie.

CLARA SEILER

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