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Qui ? Reverto
Quoi ? Une entreprise qui utilise la réalité virtuelle pour prévenir les risques psycho-sociaux au travail
Harcèlement, sexisme, discriminations ou burn out : en entreprise, les risques psycho-sociaux sont massifs, mais encore largement tus. Malgré un cadre légal renforcé, la libération de la parole demeure difficile et les dispositifs de prévention peinent à produire des effets durables. Face à ce constat, Reverto a fait le pari d’un outil immersif : la réalité virtuelle, pour provoquer une prise de conscience par l’émotion.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon des données publiées par l’Insee en 2024, 9,1 % des personnes en emploi déclarent avoir subi des traitements inégalitaires ou discriminatoires, et ce taux grimpe jusqu’à 11,3 % chez les femmes, dont 30 % estiment que c’est lié à leur sexe. Parmi les personnes en mauvais état de santé, 23,4 % rapportent des discriminations. Face à ces constats, les entreprises multiplient les programmes de prévention, mais les dispositifs traditionnels peinent à engager l’adhésion et à produire un réel impact. C’est dans ce contexte que Reverto a développé une approche innovante : « les émotions au service de la prévention », comme le résume son fondateur, Guillaume Clere.
Réinventer la prévention par l’immersion
« Reverto est né en 2018 », commence Guillaume Clere. « Je viens du milieu du journalisme, j’étais journaliste-reporter d’images. Mon métier, c’était de raconter des histoires ». À l’époque, l’onde de choc #MeToo et les débats autour des relations hommes-femmes avaient révélé une difficulté structurelle à aborder ces sujets en entreprise. « On ne sait pas trop comment en parler, c’est difficile d’ouvrir la parole », note Guillaume Clere. Alors, il a imaginé une réponse différente : profiter de la réalité virtuelle pour permettre aux utilisateurs non pas d’écouter ou de regarder, mais de vivre des situations sensibles dans un environnement sûr.
« Plutôt que d’expliquer les discriminations, on vous propose de les vivre », insiste le fondateur de Reverto. Dans un dispositif 360°, scénarisé avec des comédiens et une équipe mêlant cinéma, sciences cognitives et technologie, le participant est immergé dans une scène et confronté à des choix, des comportements ou des paroles difficiles. « C’est du théâtre d’entreprise industrialisé, c’est de la mise en situation », explique-t-il.
Selon lui, l’expérience émotionnelle crée un impact beaucoup plus profond que les formations classiques. L’un des piliers de cette démarche est justement l’émotion. « Notre but, c’est d’amorcer à la fois une prise de réflexion et un changement de comportement ». Dans l’équipe, des experts en sciences cognitives et en psychologie du travail collaborent avec des scénaristes et des réalisateurs pour concevoir des cas à la fois crédibles et universels, applicables aussi bien à un guichetier qu’à un cadre.
Un modèle centré sur l’impact et l’échelle
Aujourd’hui, Reverto peut s’appuyer sur un catalogue de 14 contenus immersifs et revendique avoir sensibilisé plus de 150 000 personnes depuis sa création. « On a formé et sensibilisé 27 000 personnes », précise Guillaume Clere. Le modèle économique repose sur deux axes : soit les ateliers « clés en main » où Reverto intervient directement, soit des formations d’ambassadeurs internes, qui utilisent ensuite l’outil dans leurs propres équipes.
L’un des atouts mis en avant par le président et fondateur de Reverto est l’effet « d’attractivité » de la réalité virtuelle. « Le côté réalité virtuelle rend la formation attrayante, ça crée de la curiosité », ajoute-t-il, soulignant que ce facteur aide à surmonter la réticence habituelle des salariés à participer à des séances sur des sujets parfois délicats. L’entreprise propose aussi des formats hybrides, combinant présentiel et sessions à distance pour élargir son impact tout en restant flexible face aux contraintes logistiques.
Déjà présente dans plusieurs pays européens, l’entreprise aspire à devenir un acteur clé du secteur sur le continent. « Aujourd’hui, Reverto est vraiment vu comme une référence sur les risques psychosociaux par la réalité virtuelle », affirme son fondateur, qui voit dans l’outil immersif un levier pour réinventer durablement la prévention en entreprise.

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