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Pour créer une entreprise aux États-Unis, il faut résider là-bas et cela ne se fait pas du jour au lendemain.

TRIBUNE. Thibaut Guéant et Romain Daniellou, expatriés français fondateurs de Landquire, solution d’achat-revente de terrains aux États-Unis, partagent leurs conseils pour réussir son projet de création d’entreprise outre-Atlantique.
Le rêve américain, oui mais pas forcément accessible à tous
Différents types de visas permettent d’y vivre plus ou moins longtemps. Pour y travailler comme salarié, les visas L1 ou H1B sont accessibles sous certaines conditions. Le J1 est destiné aux moins de 38 ans voulant faire un stage, un job d’été ou pour un premier emploi aux États-Unis et n’est valable que 18 mois. Dans le cas d’une création d’entreprise, ce sont les visas E1 ou E2, valables 25 mois. Il faudra, alors, investir une certaine somme d’argent (pour soit créer une nouvelle affaire, ou bien acheter une société déjà existante. Il est difficile de fixer une somme minimum, car chaque projet professionnel est étudié au cas par cas, avec l’aide d’un avocat spécialisé dans l’immigration et les visas E1 ou E2.
La carte verte peut, elle, se faire grâce à une société qui sponsorise le candidat, il y a plusieurs conditions (du côté de l’entreprise et du profil du postulant) à respecter et les démarches (sur l’année 2022) prennent entre 14 et 18 mois. Mieux vaut avoir un dossier en béton réalisé avec l’aide d’un avocat spécialiste de l’immigration. Les démarches peuvent être longues et fastidieuses, il faut s’armer de patience.
Logement et démarches administratives sur place
N’attendez pas d’être sur place pour démarrer certaines démarches administratives indispensables au bon déroulement de la vie courante. Cela se prépare idéalement 6 mois avant le grand départ. Sur Facebook, plusieurs communautés se sont créées afin de partager les bons plans hébergement et colocation. Si une location courte durée type Airbnb peut dépanner au début, cela revient vite cher. Sinon, parcourez le site de petites annonces Craigslist, il y a tous les types d’hébergement possibles (colocation, location, achat, maisons, appartement, studio, etc.). Les sites French District et French Morning sont aussi de véritables boites à outils pour faciliter son installation aux États-Unis.
Pour la santé, il est fortement conseillé de souscrire à une assurance santé internationale. Conçue pour les expatriés français qui travaillent plus de 90 jours à l’étranger, elle couvre les traitements pour les soins de santé d’urgence mais aussi ceux de routine. Si elle est moins intéressante que les mutuelles traditionnelles françaises, elle reste avantageuse pour les expatriés aux États-Unis, où le système de santé est très couteux.
Une création d’entreprise beaucoup plus simple qu’en France

Les deux types d’entreprise les plus répandus sont la LLC (Limited Liability Company), un modèle hybride proche de l’entreprise à responsabilité limitée, et une Corporation, l’équivalent d’une Société Anonyme. S’il ne faut que 48 heures pour créer une LLC (Limited Liability Company) et 2 semaines pour obtenir un numéro EIN, l’équivalent de notre SIRET, un avocat ou un comptable d’affaires vous évitera de commettre certaines erreurs et vous fera gagner du temps.
En effet, selon les États, les règles diffèrent. Par exemple, vous devrez enregistrer votre entreprise dans chaque état où vous souhaitez développer l’activité. Il en va de même pour le droit de la propriété intellectuelle, son nom n’est protégé que dans l’État dans lequel vous l’avez enregistré. Pour la recherche de bureaux et de locaux, il est préférable de passer par un broker, un agent immobilier spécialiste de ce type de biens.
On s’adapte au pays et à la culture (et pas l’inverse !)
Prenons l’exemple de l’ouverture d’une filiale aux États-Unis, après un succès commercial en France et ailleurs. Cela ne signifie pas forcément que le produit/service tel qu’il est proposé ailleurs fonctionnera sur le marché américain. A l’image d’une création d’entreprise en France, il faut repartir de zéro et faire une étude de marché auprès de la clientèle américaine potentielle. Mieux vaut donc ne pas être trop sûr de soi au début, ni prétentieux, car plus dure pourrait être la chute. La culture de l’échec est une des grandes différences culturelles entre la France et les États-Unis.
Si un échec est souvent mal vu en France, aux États-Unis il est perçu comme formateur, voire même comme un préalable nécessaire à la réussite. Si les diplômes sont moins importants qu’en France, la volonté et la capacité à se relever sont grandement appréciés chez les porteurs de projets. Il n’y a aucun tabou sur l’argent, aucune polémique sur les salaires des patrons eux États-Unis, chacun mène sa vie comme il l’entend. Ce rêve est donc accessible à tous, à condition d’avoir beaucoup d’économies et de préparation en amont.








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