quiet leadership
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Parler fort pour se faire respecter de ses équipes ? C’est une ère qui semble révolue. Et si le manager de demain était plutôt discret, silencieux, tout en sachant se faire écouter ? C’est tout l’enjeu du quiet leadership.

« Le leadership silencieux est la capacité à inspirer et guider sans chercher à être constamment visible. Il s’agit d’une forme d’humilité stratégique, où le CEO agit en facilitateur plutôt qu’en chef de guerre », éclaire Claire Brossard, experte en management et coach exécutive, dans les colonnes de Dynamique Mag. Plus qu’un phénomène, le quiet leadership semble répondre aux nouvelles attentes des collaborateurs et redéfinir les codes de la vie en entreprise.

Diriger avec sobriété…

Longtemps associé à une présence forte, le leadership se redéfinit autour de qualités plus discrètes. Le calme apparaît comme un levier de performance encore largement sous-estimé. Une posture qui permet, selon de nombreux experts, de mieux gérer ses émotions, de prendre du recul face aux situations complexes et de renforcer sa capacité de discernement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le silence joue un rôle clé dans la réflexion stratégique. Loin d’être synonyme de passivité, il constitue un espace propice à l’analyse et à la prise de recul. Dans une étude publiée dans Current Psychology en 2023, Abeer Imam et Do-Yeong Kim écrivent que « le silence, lorsqu’il est utilisé positivement, peut résoudre des problèmes potentiels ».

Cette approche favorise également une compétence essentielle du management : l’écoute. Comprendre les besoins des équipes, identifier les difficultés et recueillir les idées du terrain sont souvent les premières étapes vers l’amélioration du fonctionnement collectif.

À la tête d’EcoWave, une start-up spécialisée dans les technologies de récupération d’énergie marine, Nicolas André incarne cette nouvelle génération de dirigeants. Peu exposé médiatiquement, il privilégie le travail de fond et délègue la représentation de l’entreprise à ses équipes de communication.

« Je ne suis pas là pour briller, mais pour construire un projet qui a du sens. Mon rôle est d’écouter, de comprendre les besoins de mes équipes, de lever les obstacles, pas de me mettre en avant », confie-t-il dans les colonnes de Dynamique Mag. Une stratégie qui semble porter ses fruits : sous sa direction, EcoWave a levé plus de 30 millions d’euros et conclu plusieurs partenariats industriels majeurs.

« Le leadership silencieux n’est pas une mode. C’est une réponse à la fatigue de nos managers, au chaos des opérations, aux équipes saturées, aux organisations sous pression. Dans le monde actuel, ce n’est plus le leader qui parle le plus qui réussit. C’est celui qui apporte le plus de paix », estime Denis Gourdin, directeur de l’école Vatel Abidjan et spécialiste du leadership et du management, sur LinkedIn.

Même constat pour Mathieu Thomé, coach de dirigeants, qui rappelle que « le silence et la tranquillité dans les environnements professionnels sont cruciaux car non seulement ils favorisent la réflexion et la clarté de pensée, mais ils sont aussi facteurs de cohésion et de confiance », dans les colonnes de Welcome To The Jungle.

… sans trop s’effacer

Si le quiet leadership présente de nombreux avantages, sa mise en application n’est pas sans difficultés. D’abord, pour ce qui concerne la culture d’entreprise. « Dans des environnements où l’activité constante et le bruit sont la norme, le silence peut être mal perçu, associé à de l’inactivité ou de l’indécision », ajoute Mathieu Thomé.

Et le manager peut se heurter à une objection de la part de ses équipes. « Le principal risque, c’est l’absence de visibilité et donc de légitimité perçue. Si le CEO disparaît trop, il peut perdre son influence, et la cohérence stratégique peut en pâtir », avertit Claire Brossard.

Les freins peuvent aussi être individuels. « Un leader peut rencontrer des résistances internes par rapport à de fausses croyances, la peur du jugement, ou un sentiment d’inconfort face au silence », précise le coach de dirigeants. À l’échelle collective, certaines organisations peinent encore à considérer le silence comme un atout au travail.

Sans oublier que dans certaines situations, le silence n’est pas une option. En période de crise, les collaborateurs attendent souvent une parole forte, une présence visible et rassurante. Le leadership silencieux ne peut donc être envisagé comme un modèle unique applicable en toutes circonstances.

Face à des équipes stressées ou confrontées à des situations de tension, il revient au manager d’incarner un cap et de montrer l’exemple. À l’avenir, les experts misent sur un « leadership hybride ». C’est-à-dire un dirigeant capable d’alterner entre discrétion et prise de parole affirmée.

Journaliste. Si la curiosité est un vilain défaut, elle m'a permis d'en faire mon métier ! Je suis ravie de faire partie de l'équipe d'ÉcoRéseau Business, dont l'objectif est d'informer avec un regard constructif et optimiste. Dans mes articles, je m'efforce de rester aussi objective que possible… sauf quand il est question de Bordeaux, ma ville de cœur !

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