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Le monde de 2025 connait une transformation majeure qui redéfinit les contours du leadership, et, ce, dans tous les secteurs d’activité. Les leaders capables de conjuguer compétences technologiques et relations humaines, guideront leurs équipes vers la réussite.
Intelligence artificielle (IA), bouleversements politiques et économiques, modèle de travail hybride… les organisations évoluent dans un contexte de transformations rapides. Fini le mode traditionnel de leadership, limité à la motivation des équipes et à l’obtention de résultats. Désormais, le leader adopte une posture de proximité qui conjugue authenticité et sobriété.
« Plus que jamais le leader de 2025 doit apprivoiser le changement, l’intégrer comme une notion incontournable de la gestion de son équipe et de son entreprise », assure Laurent Tylski, consultant en leadership et fondateur d’Acteo.
Ne pas confondre leader et manager
« Un leader sait ce qu’il faut faire ; un manager sait seulement comment le faire ». Cette phrase de l’ambassadeur et chroniqueur politique Kenneth Adelman est plus que jamais d’actualité. Leader, manager… Si cet amalgame passait encore il y a quelques années, en 2025 il est (presque) caduc !
Pour Laurent Tylski, la distinction est de mise. « Il n’est pas nécessaire d’être un bon leader pour être un bon manager. Tout le monde n’a pas le feu sacré pour attiser les foules. Le leadership ça s’apprend. » À l’heure où les entreprises se distinguent par leur capacité d’innovation, le rôle de leader demeure incontournable.
Est-ce que cela signifie pour autant que le leader et le manager sont deux figures incompatibles ? Bien au contraire ! « Le vrai leader est celui qui a une capacité d’influence, une vision unique, de prise de décision. Le leader n’a pas peur de prendre des risques, tandis que le manager est plutôt dans la gestion de son équipe ».
Comme les deux faces d’une même pièce, ils se complètent. Une entreprise a besoin des deux pour innover tout en maintenant une organisation solide. Il arrive, bien sûr, que les deux rôles se confondent toujours.
Le leadership conscient
En 2025, le rôle du leader évolue dans le sens d’un « leadership conscient ». Un concept répandu outre-Atlantique, qui commence tout juste à émerger en France. Ce nouveau paradigme dessine les contours d’un leadership en rupture avec l’image actuelle du dirigeant, pour lequel seule compte la performance, en le croisant avec celle du care-taker, c’est-à-dire quelqu’un qui prend soin de ceux qui l’entourent.
Hubert Joly en est la parfaite illustration. Lorsqu’il devient PDG de Best Buy, un magasin de vente de matériel électronique aux États-Unis, en 2012, l’entreprise est au bord de la faillite. On lui conseille alors de procéder à un grand plan de licenciement. Contre toute attente, il refuse. « Plutôt que de se centrer sur le financier (…), il a décidé de se concentrer sur l’humain lui-même », expliquait Grégory Pouy, analyste culturel, dans les colonnes de Maddyness en 2023. Résultat : en dix ans, Best Buy a vu le cours de son action être multiplié par neuf.
Le leader d’aujourd’hui doit avoir une vision claire et inspirante, tout en se montrant compréhensif, flexible et proche de ses équipes. Selon une étude publiée dans la Revista de Gestão Sociale Ambiental en 2024, l’intelligence émotionnelle s’impose comme une compétence clé du leadership en 2025.
« Aujourd’hui, il est primordial pour le leader de faire preuve de cohérence éthique et environnementale », ajoute le fondateur d’Acteo. L’arrivée de la génération Z à la tête des entreprises, redistribue les cartes.
Attention, il ne faut pas confondre leadership conscient et leadership bienveillant. S’il y a des similitudes, la finalité du leadership bienveillant est le bien-être des équipes alors que le leadership conscient va au-delà, il inclut une approche éthique, responsable et stratégique.
Le visage du leader en 2025 : sobriété exigée ?
Qu’est-il arrivé au leader bedonnant, avec son verre de whisky et son cigare à la bouche ? L’image peut paraître caricaturale, pourtant elle n’est pas loin de la réalité des dirigeants, trente ans en arrière.
« C’était le mode de management patriarcal par excellence : “je râle un bon coup et je te dis que je t’aime”. Ce côté leader à la Bernard Tapie est beaucoup moins présent, notamment en France. »
Aujourd’hui, les leaders semblent plus mesurés dans leurs prises de parole, notamment lorsqu’ils sont médiatisés, ils se montrent plus discrets, à l’image de Bernard Arnault. « En revanche, ils ont tous un point commun : leur capacité à influencer », rappelle le consultant en leadership.
Et si l’on devait dresser le portrait-robot du leader d’aujourd’hui, à quoi ressemblerait-il ? Pour Laurent Tylski, le leader de 2025 a entre 30 et 75 ans, il est généralement sportif et boit peu d’alcool.
En 2025, le leader est apprêté, selon la profession qu’il exerce. Laurent Tylski le décrit chemise ouverte, avec un pantalon-costume assortis et une petite mallette.
Le fondateur d’Acteo souligne un point crucial : « Le leader est très informé. Tous les jours, il fait sa revue de presse, il sait exactement ce qu’il se passe dans son secteur d’activité. Le leader de 2025 ne peut plus travailler en autarcie, la notion de réseau est centrale. »
Être un leader en 2025 ? Savoir bien s’entourer, avoir une vision inspirante, être à l’écoute tout en maintenant une bonne hygiène de vie !
Lisa Begouin






























