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Alors que la Coupe du monde de rugby féminin se poursuit en Angleterre, le budget alloué aux joueuses revient sur la table. Bien que celui-ci soit inférieur à leurs homologues masculins, la FFR entend bien démocratiser la pratique chez les jeunes filles.
Depuis le début de la Coupe du monde fin août, les Anglaises sont au cœur des discussions. Et pour cause, elles imposent depuis quelques années une domination certaine sur le rugby mondial. Plus d’une trentaine de matchs gagnés depuis 2022. Un talent ? Non, simplement une avance considérable dans le développement du rugby féminin. La Fédération anglaise (RFU) peut s’en féliciter. Des investissements et une stratégie qui a conduit à l’augmentation du nombre de joueuses professionnelles. Depuis 2016, la fédération a lancé des contrats à temps plein pour les joueuses internationales, 16 à l’époque pour atteindre 32 contrats aujourd’hui. Pour comparaison, la Fédération Française de rugby (FFR) a instauré en 2018 des contrats fédéraux, mais seulement à hauteur de 75 %, contraignant ainsi les internationales à poursuivre en parallèle un double projet, qu’il soit professionnel ou universitaire. Mais la Coupe du monde pourrait bien changer la donne.
Un développement positif de la pratique !
Si la compétition n’attire pas autant que le rugby masculin, elle permet tout de même de faire la lumière sur un collectif et sur des joueuses brillantes. Comme entre autres, Charlotte Escudero, Marine Ménager ou encore Pauline Bourdon Sansus. Des performances à la hauteur des espérances qui classent le rugby féminin français dans le haut du classement et qui attirent les sponsors. Le dernier en date, Axa qui arrive en tant que partenaire titre du championnat de France Elite 1, la première division.
Un soutien qui a pour but de professionnaliser ou semi professionnaliser 300 à 400 joueuses, contre une trentaine aujourd’hui. Et cet objectif est loin d’être inatteignable. D’après un rapport de la FFR, en une seule saison, le rugby féminin a connu une croissance de 18 %. On compte désormais en France, 52 689 licenciées contre 311 681 pratiquants hommes. Entre 2017 et 2023, le rugby féminin français a connu une augmentation de 94 % de pratiquantes.
Des budgets qui restent serrés
La fédération a également augmenté les moyens mis à disposition des joueuses. Elles ont accès aux mêmes infrastructures que les hommes, notamment le centre d’entraînement de la FFR à Marcoussis. L’Elite 1 a bénéficié également d’une refonte complète l’année précédente avec une poule unique à 10 équipes, ce qui apporte davantage d’homogénéité au sein de la compétition. Mais pour l’instant les salaires des joueuses restent encore trop bas pour passer professionnelle, alors beaucoup d’entre elles jonglent avec un travail à côté.
D’autant que l’Élite 1 ne bénéficie pas de diffuseur officiel, seul Canal+ diffuse quelques rencontres lors de la saison. « Actuellement les clubs de l’Elite 1 ont des budgets entre 400 000 et 800 000 euros, l’équivalent de clubs masculins de Fédérale 2 ou 3, et l’objectif est qu’ils montent à 1,8 ou 2 millions d’euros, comme en Fédérale 1 », a précisé Florian Grill lors d’une conférence de presse au siège d’AXA, le 16 septembre.
Faire valoir le rugby féminin
C’est l’objectif de la FFR depuis quelques années. Une stratégie bien pensée qui vise à « structurer, promouvoir et accompagner le rugby féminin à tous les niveaux », comme le précise le rapport. En ce sens, plusieurs initiatives ont été mises en place comme le programme « Rugby pour Elles » qui participe au développement du rugby féminin avec la mise en place notamment, du Challenges Féminin M15 (pour les moins de 15 ans). Avec comme objectif principal de faire naître des vocations dès le plus jeune âge.
En octobre 2024, Florian Grill a lancé un « plan Marshall » doté de 60 millions d’euros, destiné à soutenir les petits clubs et à moderniser leurs infrastructures, avec un tiers du budget spécifiquement consacré à favoriser la féminisation du rugby. Dans le même temps, certaines marques s’impliquent également c’est le cas d’Adidas par exemple qui a investi 2 millions d’euros pour encourager le développement de la pratique chez les joueuses. « Il y a un engouement pour le sport féminin en général », souligne Pascale Mercier, vice-présidente de la FFR chargée du développement du rugby féminin sur le territoire, au micro de RMC Sport. Mais cette ferveur suffira-t-elle à faire du rugby une discipline autant féminine que masculine ?
































