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Quel est le lien entre faible natalité et environnement ?
Depuis quelques années, le déclin démographique et la limitation de la population mondiale sont souvent évoquées comme solutions dans la lutte contre le réchauffement climatique. Certains mouvements citoyens, aujourd’hui minoritaires, prônent le rejet de la natalité pour sauver la planète. On appelle cela l’éco-anxiété, la peur de l’avenir. Ainsi, on ne souhaite pas devenir parent en faisant ce geste écolo ultime !
Une enquête de l’University Collège London en 2023, a tenté d’établir le lien entre changement climatique et reproduction. Cette analyse, menée auprès de plus 10 000 personnes, principalement dans des pays occidentaux comme les États-Unis et des pays européens a révélé qu’une majorité d’entre elles, est très préoccupée par le changement climatique. Elle confie désirer moins d’enfants, voire pas du tout. Parmi les principales raisons citées, la surpopulation qui a un effet sur le réchauffement climatique. Ne pas contribuer à l’épuisement des ressources naturelles en donnant naissance à un enfant qui vivra dans un monde incertain.
La peur de l’avenir
En 2050, la planète devrait accueillir près de 10 milliards d’habitants, contre
8 milliards aujourd’hui. Faut-il rappeler que la moitié de cette hausse, proviendrait de l’Inde, le Nigeria, le Pakistan et la République démocratique du Congo où la fécondité est élevée et dont les taux d’émission de CO2 par tête d’habitant sont les plus faibles du monde. Les pays riches, à l’empreinte carbone la plus importante, ont une faible natalité. Il y a donc une relation entre la hausse du niveau de vie et la diminution de la fécondité. Plus que la démographie, c’est le mode de vie qui détermine le niveau des émissions.
Une vaste et éclairante enquête du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) conduite dans 14 pays, comptant plus d’un tiers de la population mondiale, a scruté auprès des hommes et des femmes leurs désirs et leurs ambitions en matière de procréation. Il en ressort que nombreux ne sont pas en mesure d’exercer un véritable choix sur ces quêtes, pourtant parmi les plus intimes et les plus fondamentales de leur existence. Un adulte sur quatre renonce à avoir des enfants en raison de problèmes économiques. 39 % des personnes interrogées indiquent ainsi que si elles sont empêchées d’avoir des enfants, c’est en raison de contraintes financières. Près d’un sur cinq (19 %) explique que la peur de l’avenir sombré par le changement climatique, la dégradation de l’environnement, les guerres et les pandémies. Cela l’inciterait à avoir moins d’enfants qu’il l’aurait souhaité.
Adopter un mode de vie durable
L’étude admet une certaine crainte face à l’avenir. « Les jeunes sont malheureusement extrêmement nombreux à ressentir une inquiétude en ce qui concerne l’avenir, qui leur apparaît comme incertain. Beaucoup anticipent une détérioration des conditions de vie par rapport à celles de leurs parents, notamment en raison des défis liés aux changements climatiques, à l’instabilité économique et à l’émergence de conflits mondiaux. Ces préoccupations influenceront inévitablement leurs décisions en matière de planification familiale. Un sentiment d’injustice s’exprime souvent, certains jeunes estimant avoir été privés d’avenir par des décideurs politiques peu soucieux de leurs réalités. »
Pourquoi les personnes n’ont-elles pas une famille dont l’effectif correspond à leur souhait ? C’est par contrainte et non par absence de désir de parentalité. Pour lever les obstacles qui entravent la liberté de choix, le rapport préconise une série de mesures permettant de respecter les aspirations procréatives des individus. Un développement de politiques favorables aux familles, des services de garde peu coûteux et des congés parentaux rémunérés, la promotion de l’égalité des genres au sein des couples.
Faire des enfants en adoptant un mode de vie responsable et durable, c’est parier courageusement sur l’intelligence collective et la capacité d’adaptation de l’humanité.
Avoir des enfants pourrait devenir un moteur de mobilisation en faveur de l’amélioration des conditions de vie et une source d’inspiration pour préserver notre environnement.





























