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Sur le climat, 60 % des entreprises se concentrent sur l’anticipation des événements extrêmes sans se pencher sur les évolutions plus structurelles.
Les phénomènes climatiques extrêmes ont des conséquences dramatiques pour les populations mais également pour les entreprises. Face à cette menace, celles-ci doivent impérativement s’adapter pour protéger leurs actifs propres et leur chaîne d’approvisionnement. Le récent rapport « Adaptation & résilience des entreprises au changement climatique » de Boston Consulting Group et Quantis nous éclaire sur ces enjeux en interrogeant une trentaine de dirigeants.
Les événements extrêmes entrainant des ouragans, des sécheresses et des inondations vont s’intensifier, en mettant en péril des chaînes de valeur complètes. Certaines entreprises ont pris conscience de leur rôle dans la transition écologique pour assurer leur compétitivité, d’autres restent à la traine et négligent encore les risques qui pèsent sur leurs activités : dommages sur les infrastructures, raréfaction des ressources, évolutions réglementaires… Elles sont aujourd’hui 4 fois plus nombreuses à en mesurer les impacts climatiques qu’en 2020 et seules 10 % d’entre elles ont de réelles capacités de résilience.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) définit la résilience comme « la capacité des systèmes sociaux, économiques ou environnementaux à faire face à une perturbation, une tendance ou un événement dangereux ». Avoir la capacité d’absorption d’un choc, s’adapter à la suite d’une crise et se transformer pour devenir plus fort. Or avec le dérèglement climatique, la prévision des événements, l’estimation de leur intensité se révèle difficile.
Définir les seuils de risques
Selon ce rapport, 60 % des entreprises se concentrent sur l’anticipation des événements extrêmes sans se pencher sur les évolutions plus structurelles. Pour accélérer l’adaptation, les décideurs doivent déployer des mesures nécessaires et renforcer les chaînes de valeur. Coopérer avec les acteurs privés et publics territoriaux pour identifier et agir en concertation avec le secteur financier et les assureurs. Ces derniers sont indispensables pour définir les seuils de risques et allouer les ressources.
La directive européenne sur les obligations de publications d’informations durables oblige les entreprises de plus de 250 salariés à mesurer la résilience climatique de leur chaîne de valeur. Évaluer les impacts, risques et opportunités liés au climat en mesurant les coûts financiers. Et en fonction de ses vulnérabilités, l’entreprise doit élaborer un plan d’adaptation au changement climatique détaillant ses actions, objectifs et ressources dédiées.
Adopter des législations plus ambitieuses
Le nouveau rapport de l’association Notre Affaire à Tous, s’est intéressé aux plans de vigilance de 25 multinationales françaises. Malgré une obligation d’action pour prévenir les atteintes à l’environnement et aux droits humains, et une loi de 2017 qui établit un certain nombre de mesures à suivre pour les entreprises pour réduire leurs atteintes à l’environnement, aucune se révèle vertueuse dans ce domaine ! Celles-ci n’anticipent pas assez un dépassement de température à 1,5°.
« Il est urgent pour les entreprises de définir un plan d’adaptation à l’image de ce qui existe à l’échelle des États. D’abord parce que l’impact économique des risques physiques peut fortement détériorer la performance financière de l’entreprise – tant sur sa marge que sur son bilan », recommande l’association.
Il est temps aussi d’adopter sur le plan national et européen des législations ambitieuses pour responsabiliser les acteurs économiques et mettre fin aux atteintes aux droits humains et à l’environnement commises dans les chaînes de valeur des entreprises. Une étude américaine réalisée par des scientifiques de l’université de Dartmouth évalue le coût des dommages sur le climat causés par les 111 entreprises les plus polluantes à l’échelle mondiale à 28 000 milliards de dollars par an !
Face au changement climatique, les entreprises doivent définir un plan d’adaptation, à la fois pour assurer leur survie, garantir leur compétitivité future et sauver notre planète ! Il est bien évident que tout ne peut reposer sur leurs épaules seules. Les États et les citoyens consommateurs doivent aussi prendre leur responsabilité !

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