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Art dE vIvrE & PAtrIMOInE
Patrimoine
n°5
Protection rapprochée
On dit que les Français sont d’humeur changeante ? Mais pour ce qui est de leur patrimoine, leurs objectifs ne varient pas : générer du rendement et faire baisser ces maudits impôts. Si les objectifs demeurent, les conditions changent. En période de crise, quelles sont les bonnes recettes et les tendances ?
Ce n’est pas un temps à oublier son parapluie lors que la crise a décidé de s’installer, les Français souhaitent mettre leur patrimoine à l’abri des intempéries. Fini le temps des investissements risqués, des coups en Bourse et des valeurs exotiques : ils veulent des placements sûrs pour asseoir leurs finances. Mais ces derniers ne sont plus aussi rentables qu’ils l’étaient par le passé, d’où un certain désarroi. « Leur préoccupation majeure, c’est de faire face à une pression fiscale en hausse et à l’érosion des rendements des placements traditionnels », résume Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats du salon Patrimonia, qui se tient les 26 et 27 septembre au Centre des congrès de Lyon. « Il y a tout un travail de pédagogie
A
à faire pour leur expliquer qu’il n’y a pas de possibilité de rendement sans prise de risque. Même les placements sur l’obligataire ne sont pas dénués de risque, en cas de forte hausse des taux par
commandes ont tenté de trouver des solutions en augmentant la CSG et la CRDS, mais cela ne résout pas le problème ». Il est vrai qu’aujourd’hui, bon nombre de personnes ont intérêt à s’être
ment expliquer autrement l’essor de la prévoyance, qui vise à faire face au déficit chronique de l’assurance maladie. L’enjeu du XXIe siècle résidera sans doute dans cette prise en compte de la dépen-
“Les Français souhaitent mettre leur patrimoine à l’abri des intempéries ”
exemple. Nous ne sommes jamais à l’abri de rien », observe avec philosophie JeanMarc Bourmault. Selon lui, si les gens s’interrogent sur la rémunération de l’épargne, ils sont aussi préoccupés par la question des retraites : « Il n’y a pas eu de vraie réforme, mais plutôt une réformette. Les personnes aux constitué une retraite complémentaire s’ils veulent vivre convenablement dans le grand âge. « Le système par répartition n’est plus du tout adapté aux réalités démographiques, si bien que les individus doivent prendre conscience qu’ils vont devoir se protéger », affirme Jean-Marc Bourmault. Pas très rassurant, mais comdance, puisque l’on vit certes plus longtemps, mais de façon moins optimale que par le passé.
Prudence oblige
Au sein du salon Patrimonia, cette année comme les précédentes, les experts de la gestion des finances personnelles devraient beaucoup dis-
cuter de la crise et de son impact sur le pouvoir d’achat des Français. « Face à cette réalité, ils sont plutôt dans une approche de thésaurisation. Ils sont aussi plus craintifs et veulent aller vers des supports sécurisés », note Aurélien Guichard, président fondateur d’Agora Finance. Il observe que jusqu’à présent, l’assurance vie leur apportait des rendements assez satisfaisants, mais les taux ont fondu comme neige au soleil, passant de 9% dans les années 90 à un maigre 3% aujourd’hui. « D’où une frustration, car ils ont envie de placer leur argent, mais les taux sont bas. Ils avaient aussi coutume de placer leur pécule dans l’immobilier, mais là aussi, le nombre de ventes diminue puisque le prix du
foncier est élevé. Ils attendent de voir s’il va se stabiliser », analyse-t-il. Selon lui, des solutions sont à creuser du côté des fonds euros boostés : « Ils ont démarré il y a deux ans. Les garanties sont les mêmes que sur un fonds classique, mais la rentabilité peut aller jusqu’à environ 4,5% ». Ce n’est pas le Pérou, mais c’est déjà pas mal.