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PANORAMA
Hexagone
n°5
Touche pas à mon école
L’Education nationale fait parfois figure de citadelle imperméable au changement. Dans la mire des tenants de cette critique, les syndicats. Portrait des dirigeants du SGEN CFDT et de l’UNSA éducation. Deux parcours pour un seul objectif : réformer l’école. Par Olivier Faure
Frédéric Sève,
Secrétaire général du SGEN-CFDT
Le culte du dialogue
P
ar atavisme et par choix. C’est ainsi que Frédéric Sève, secrétaire général du Syndicat général de l’Education nationale (SGEN-CFDT) depuis le 6 décembre 2012, explique les raisons de son engagement syndical. L’homme est en effet issu d’un terreau fertile : milieu catho de gauche, et père engagé à la CFDT. Mais, assure-t-il, ce sont surtout « les valeurs d’un syndicalisme de proposition, incisif et modéré », qui l’ont séduit. Et on peut dire que ce fut le coup de foudre ! Dès 1996, quelques mois seulement après avoir décroché l’agrégation de sciences économiques et sociales, et intégré l’éducation nationale comme professeur en lycée, le natif de Villefranche-sur-Saône s’engage au SGEN. Puis gra42 ans seulement, Laurent Escure possède déjà une solide expérience
vite tranquillement tous les échelons de l’organisation. En 1998, il entre dans les instances dirigeantes de la fédération du Rhône, en pleine « période » Allègre. En 2004, il s’installe au Conseil fédéral. Enfin, en mai 2012, il pousse les portes de la Commission exécutive de la fédération avant, sept mois plus tard, d’en prendre les commandes. « J’ai progressé par capillarité, sans jamais avoir de plan de carrière », s’excuse presque celui qui affirme n’avoir jamais songé, dans les premières années de son engagement, à se retrouver là aujourd’hui. Une idée, toutefois, l’a toujours guidé et encouragé à poursuivre son action au SGEN-CFDT. « Le principe selon lequel il est possible de concilier les intérêts du personnel et
ceux de l’administration. Nous sommes convaincus qu’on peut aboutir à une refondation de
tiède. « Bien au contraire. La volonté de trouver le consensus impose de formuler des propositions incisives sur lesquelles il faut s’arc-bouter. Cela implique une réflexion bien plus exigeante que la simple posture d’opposition. » Pour autant, le SGEN ne représente toujours que 10% des syndiqués de l’Education nationale. Les raisons ? Historique, d’abord.
consensus impose de formuler des propositions incisives
“La volonté de trouver le ”
Le syndicalisme de l’Education Nationale s’est en effet toujours construit en dehors des grandes confédérations. Et puis, dans les années 1980-1990, l’organisation a souffert des difficultés qu’a entraînées l’achèvement de la massification scolaire, qu’elle avait toujours défendue. « Et puis, ces dix dernières
l’école dans laquelle le salarié et l’institution se retrouvent. C’est ce qui nous distingue d’autres organisations syndicales, comme la CGT par exemple. Pour eux, les intérêts de l’ « adversaire » et ceux qu’ils défendent sont irréconciliables. Ce n’est pas du tout notre façon de penser. » Au risque de passer pour un syndicat à l’eau