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n°5
CLUB ENTREPRENDRE
croisée
deux univers
François Jacob président fondateur du club de football Bloisfoot41 depuis 1999. 600000 euros de budget, 500 licenciés dont 80% ont moins de 18 ans.
ématiques restent bien distinctes. En témoignent le management, les préoccupations et les rêves ésidents de clubs de football.
FJ : Une main de fer dans un gant de velours. Il faut savoir s’adapter à son public et surtout savoir convaincre, notamment ceux qui n’aiment pas le foot, de donner de l’argent pour les jeunes. Tout cela en gardant une ligne de conduite. J’ai insisté pour être réélu tous les ans, afin de conserver une légitimité. De même, si j’ai une crise cardiaque, il ne faut pas que le club ait une crise cardiaque. Je délègue donc, mais je veux tout savoir, si des joueurs de l’équipe 1 manquent l’entraînement, si un partenaire envoie une lettre parce qu’il n’est pas satisfait de son panneau… Quel est votre rapport avec les parties prenantes (joueurs, supporters, actionnaires, institutionnels) ? RR : Je suis convivial car l’ASSE est une grande famille, que cela soit avec le personnel administratif ou les joueurs, mais j’ai pour habitude de rester très ferme et de tenir aux intérêts et à l’image du club. Je suis contre toute violence verbale ou phyangulaire du club et de tous ses publics. Quand on fonde une famille, il faut un toit pour fêter mariages et naissances. Ici c’est la même chose, je plains les clubs qui n’en n’ont pas et où inévitablement chacun va de son côté. Que changeriez-vous dans la règlementation qui entoure les clubs ? RR : Je suis un fervent défenseur du fairplay financier imposé par Michel Platini. Il nous faut absolument tendre vers plus d’équité au niveau économique pour préserver l’incertitude du résultat. Il n’est aussi pas possible que le club de Monaco paye moins de charges sociales que nous. Je suis aussi contre le Mercato d’hiver. Les joueurs devraient commencer et finir la saison avec le même maillot. Et celui d’été devrait s’arrêter quand le championnat recommence. Enfin le respect des contrats doit s’imposer. Les cas Thauvin (ndlr : joueur qui devait aller à Lille et qui est finalement
l’ombre de ce qu’il était –, ce n’est pas non plus une ville universitaire. Les jeunes ont tôt fait de quitter la région s’ils ne sont pas professionnels. Ils ne peuvent pas vivre à la prime de match. Existe-t-il un âge, un profil, un diplôme idéal pour accéder à une telle fonction ? RR : Les diplômes ne font pas la valeur de l’homme, l’apprentissage de ce métier se fait sur le tas. Je suis meilleur qu’il y a cinq ans. La qualité à détenir est d’avoir les pieds sur terre. Je ne suis pas un joueur de nature, je suis têtu et m’en tiens à mes décisions. J’aime être cohérent et faire ce que je dis, il y a une notion d’exemplarité à tenir dans cette fonction. FJ : Assurément non. Le jeune retraité aura le temps mais pas le réseau. Il y a toujours des pour et des contre. Je ne pense pas en tout cas que la double casquette président de club / homme politique local soit une bonne idée. Les histoires de subventions et de politisation sont néfastes aux clubs. Il faut avoir la passion, l’esprit d’entreprise, aimer les contacts et surtout les jeunes. Ceux-ci sont ni pires ni meilleurs que leurs aînés, ils ont seulement connu un environnement plus bouleversé. Comment qualifieriez-vous le management que vous pratiquez ? RR : Je me considère comme un chef d’orchestre, mais le chef d’orchestre n’est rien sans son orchestre. Bien s’entourer par des cadres compétents me semble essentiel pour ensuite déléguer. J’ai confiance en mes collaborateurs qui trouveront toujours ma porte ouverte. J’essaie de diriger et d’être juste, comme un père de famille.
“Des dirigeants s’emportent,
concevant leur budget sur d’hypothétiques résultats sportifs et droits télé
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