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CLUB ENTREPRENDRE
L’Analyse
n°5
Des entreprises et des hommes
De plus en plus d’entrepreneurs français veulent montrer qu’on peut créer autrement et pour d’autres finalités. L’entrepreneuriat social, au service de causes de société (insertion, écologie, services à la personne,…) connaît un essor inédit en France depuis une dizaine d’années.
U
ne entreprise d’insertion de femmes immigrées par un commerce de restauration exotique, lancée par deux jeunes diplômées d’école de commerce (Pachas Mamas) ; une association qui recycle les déchets industriels en les revendant à bas prix aux secteurs culturel et artistique (La Ré-
toutes les entreprises dont la finalité sociale est supérieure ou égale à la finalité économique ». En clair, l’objectif d’une entreprise sociale n’est pas de maximiser le profit de ses actionnaires, mais de résoudre un problème social. Ici l’insertion de personnes en difficulté, là une pollution, ailleurs la malnutrition. Les
tions, coopératives, mutuelles – peuvent prétendre en être. Pour les seconds, rien n’empêche les entreprises à statut classique (SARL, EURL, SAS,...) d’y prétendre. D’autant plus, rétorquent-ils aux premiers, que tous les représentants de l’ESS n’ont pas une finalité sociale, à l’instar des clubs de foot ou des
“En temps de crise, leurs « services » ne sont
jamais autant prisés et leur « marché » jamais aussi dynamique
”
serve des arts) ; une SCOP qui commercialise des produits issus du commerce équitable (Ethiquable). Leur point commun ? Toutes ces initiatives sont des exemples de l’entrepreneuriat social. L’hétérogénéité des statuts, des missions et des hommes n’est pas la moindre des caractéristiques de cette « filière », si on peut l’appeler ainsi. Romain Slitine, co-auteur avec Amandine Barthélémy de Entrepreneuriat social : innover au service de l’intérêt général, la définit ainsi : « Ce sont
entreprises sociales se rencontrent dans le recyclage, l’insertion par l’activité économique, les services à la personne, la transition énergétique,… Si le concept existe partout, les enjeux sont bien sûr différents pour le social business des pays en développement et l’entrepreneuriat social des pays occidentaux, où un combat oppose les « anciens » et les « modernes » : pour les premiers, seuls ceux dont les statuts relèvent de l’Economie sociale et solidaire (ESS) – associations, fonda-
groupes coopératifs du secteur bancaire.
Le boom sociaL
Quoi qu’il en soit, tous les acteurs et observateurs du milieu s’accordent à dire que l’entrepreneuriat social a le vent en poupe en France depuis le début des années 2000. Selon le ministère de l’Economie Sociale et Solidaire, l’ESS compte « 2,4 millions de salariés, soit un emploi privé sur huit, dans 200000 structures : associations, coopératives, mutuelles, fonda-