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n°5
STRATéGIE & INNOvATION NUMéRIqUE
Haute résolution
ne servait qu’à réduire les frais des entreprises au détriment de notre confort. Et faire ressentir : les propriétaires de data centers risquent de privilégier une augmentation Gaborit, qui siège aussi à la commission green de l’Association française des édimême si pour le moment une requête sur Google consomme autant qu’une ampoule alluIT autour des postes de travail pour optimiser la chaîne d’action, ébauche Marie Gaborit. Il existe maintenant des solutions qui peuvent centraliser le pilotage de toute l’informatique d’une entreprise, des logiciels qui vont eux-mêmes aider à optimiser le fonctionnement des TIC. Et puis il faut parfois savoir retourner au papier, recyclé si possible. » Pour qu’un beau jour, Papermail et Terrific Numeric avancent main dans la main.
Thomas Pitrel
contrer… en prenant donc l’avion », illustre Marie Gaborit, chef de projet en écoconception chez EveaConseil. Ces nouvelles façons d’envisager les choses ont amené certains professionnels du milieu à changer leur fusil d’épaule. « Non, je ne vends pas forcément la dématérialisation comme une solution écologique », assure Hervé Streiff, responsable qualité, sécurité et environnement chez Locarchives, société qui a commencé par l’archivage papier en 1977 avant de développer une activité d’archivage numérique. « Pour des archives qui sont très consultées, le transport est polluant, et il vaut mieux passer sur de la dématérialisation, détaille-t-il. Par contre, sur de la conservation très long terme, conserver une archive dans un entrepôt coûte beaucoup moins cher en émissions de carbone que des data centers où vos données vont être alimentées en temps réel par de l’électricité pendant 80 ans. Sur le long terme, un entrepôt papier est plus écologique puisqu’il ne consomme presque rien. » On en reviendrait donc au bon vieux papier ? La voix off de la vidéo « Terrific Numeric vs Papermail » avait encore des choses à nous dire : « Le papier est recyclable, le bois utilisé est certifié géré durablement et nos forêts s’étendent de 50000 hectares chaque année. Alors ce soir j’ai compris que toute cette campagne mensongère
qu’au centre de ce combat factice opposant le numérique au courrier papier, finalement, ne serait-ce pas nous les pigeons plumés ? » Il faut toujours que cette voix off exagère. D’abord, si les forêts européennes continuent effectivement à s’étendre, leur expansion ne fait pas le poids à l’échelle mondiale face, par exemple, aux 4,1 millions d’hectares perdus par an en Amérique du Sud entre 2000 et 2005. Ensuite, le papier et le numérique impliquent sans doute des usages trop différents pour pouvoir être comparés si aisément. « C’est un combat de lobbys, résume Marie Gaborit. D’un côté le papier a fait beaucoup d’écoconception et a pu communiquer dessus. De l’autre, c’est beaucoup plus compliqué pour le numérique car il y a énormément de facteurs en jeu : est-ce que les gens impriment ? Est-ce qu’ils lisent les factures sur l’écran ? Combien de temps les stockent-ils ? Combien de temps les consultent-ils ? Si vous avez plus d’une heure de travail sur un document, autant l’imprimer. »
“ La recherche de solutions pour diminuer l’impact des TIC (et donc de la dématérialisation) sur l’environnement est en cours ”
de la puissance tout en gardant une consommation d’énergie stable. « La dématérialisation peut être super quand elle est bien faite, continue à penser Marie teurs de logiciels et solutions internet (AFDEL). Par exemple si on fait tourner dix gros serveurs pour un service léger, ça ne sert à rien. Le cloud devrait normalement diminuer l’impact sur l’environnement,
mée pendant une heure. » Comme souvent, si des contraintes législatives ne sont pas imposées, chacun devra faire l’effort de son côté. « Les entreprises peuvent entamer une démarche Green