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STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Haute résolution
n°5
Usages de faux
Le marché de la contrefaçon est en plein boom. Au point de faire fondre progressivement les chiffres d’affaires des grandes marques copiées. Conséquence : les industriels se tournent vers toutes sortes de dispositifs qui prouvent l’authenticité de leurs produits, nourrissant ainsi un véritable marché de la peur.
a première réaction d’un proche ou d’un collègue qui vous découvre, Rolex au poignet, est devenue si prévisible : « C’est une vraie ? ». Question vexante dans un cas, embarrassante dans l’autre. Dans tous les cas, elle en dit long sur la pandémie économique que représente désormais le marché de la contrefaçon. Entre 2000 et 2010, le nombre d’articles contrefaits saisis annuellement à l’entrée de l’Union européenne a presque doublé, jusqu’à s’établir autour de 120 millions d’unités. Le bilan 2012 de la lutte anticontrefaçon établi par Priceminister-Rakuten dresse un panorama très explicite de la situation : 70% des produits copiés proviennent d’Asie. Les produits high-tech sont les premiers concernés (47% de la contrefaçon), devant la mode et les cosmétiques (30%). Sony, Chanel et Guess sont les trois marques dont le nombre de faux connaît la plus forte progression. Le sud-est de la Chine, et en particulier les villes de Shenzen et Guangzhou, s’est fait expert en matière de production de copies en tout genre. L’Italie est l’un des points d’entrée principaux en Europe. L’OCDE estime que la contrefaçon a pour conséquence directe la suppression de 200 000 emplois dans le monde, dont 100 000 sur le Vieux Continent et 30 000 en France. Pour Herlé Carn, directeur de la business unit Protection des marques au sein de la société Arjowiggins Security, « les filières industrielles sont soumises à une généralisation des produits contrefaits, notamment depuis le début des années 2000, provoquant une hausse des précautions prises par les entreprises. Et cette tendance s’accélère depuis cinq à six ans. » Le secteur de l’horlogerie est frappé de plein fouet. Environ 40 millions de copies frauduleuses inondent chaque an-
L
Cherchez l’intrus née le marché. Mais les contrefacteurs ne se restreignent pas au potentiel d’un seul domaine d’activité. Le spécialiste du petit électroménager et des articles culinaires SEB explique que le manque à gagner du groupe atteint actuellement 3% de son chiffre d’affaires. La copie du fameux crocodile vert fait perdre à Lacoste quelques 230 millions d’euros par an, c’est-à-dire un peu plus de 6% de son CA. L’Union des fabricants (Unifab) indique que l’ensemble du trafic engendre des pertes allant de 1% à 10% du chiffre d’affaires des entreprises, selon qu’elles appartiennent à la filière des cosmétiques, du tabac, de la maroquinerie, du luxe, du textile ou de l’horlogerie. Une enquête de l’Ifop sur les Français et les dangers de la contrefaçon souligne que quatre personnes sur dix ont déjà acquis des objets contrefaits en pensant acheter des produits authentiques. la finance. Nos solutions sont incorporées dans des bouteilles, des textiles, des flacons de parfum, des roulements à bille, des pièces détachées… Toutes les filières sont intéressées. Les grandes marques se protègent car elles ont peur de la progression effréseurs aux consommateurs finaux, en passant les investisseurs, partenaires… Pour d’autres marqueurs, il est nécessaire d’être équipé d’outils particuliers, ceux-ci étant invisibles à l’œil nu. Un troisième type de dispositif est constitué par les marqueurs
Armes Anti-copie
Arjowiggins Security a 200 ans d’existence. Historiquement, la société est un four-
“La contrefaçon a pour conséquence directe
la suppression de 200 000 emplois dans le monde, dont 30 000 en France