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PANORAMA
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wany, paru en 2002. Tous les maux de la société égyptienne s’y retrouvent : corruption, islamisme, inégalités sociales, chômage, difficultés d’accès au logement… Autant de sources de mécontentement qui vont, dans le sillage de la chute de Ben Ali en Tunisie quelques jours plus tôt, précipiter les Egyptiens dans la rue le 25 janvier 2011. Premier objectif des manifestants ? Le départ du président Hosni Moubarak, en place depuis 1981, et la mise en place d’un Etat démocratique. Mais le pouvoir en place ne se laisse pas faire. En plus de réprimer dans le sang les manifestations, il coupe les télécommunications via téléphones mobiles et Internet. Du jamais vu. Mais la protestation se poursuit, notamment via la médiatique occupation de la place Tahrir. Et le 11 février 2011, même pas quinze jours après le début de la révolution, les manifestants obtiennent gain de cause : le départ du président Moubarak. C’est alors l’armée – historiquement très présente dans les arcanes du pouvoir égyptien – qui prend en charge la transition démocratique. Le 17 juin 2012 se tiennent les élections présidentielles. Après bien des hésitations, les Frères musulmans présentent un candidat : Mohamed Morsi. Bien qu’issu de la mouvance islamiste, l’homme a auparavant envoyé quelques signaux rassurants aux opposants traditionnels des Frères, comme les Libéraux, auxquels il promet de participer à l’écriture de la Constitution. Le 24 juin 2012, la commission électorale proclame Mohamed Morsi cinquième président de la République arabe d’Egypte. « C’est alors qu’il va réaliser son coup d’Etat, en s’accaparant le pouvoir judiciaire, en plus de l’exécutif », explique Antoine Sfeir. Une appropriation, doublée d’importantes restrictions en matière de liberté, et d’un durcissement au plan religieux. Beaucoup comparent alors le nouveau maître du Caire à… Hosni Moubarak. Les manifestations anti-Morsi fleurissent alors dans tout le pays, et une pétition rassemble même 22 millions de signataires ! Le 30 juin 2013, ils sont près de 15 millions d’Egyptiens à descendre dans la rue pour demander son départ du gouvernement. De son côté, l’armée enjoint le Président a démissionner. Celui-ci refuse. Le 3 juillet, le général Abdel Fatah Al-Sisi annonce alors le remplacement à la tête de l’Etat de Mohamed Morsi par le président de la Haute cour constitutionnelle, Adli Mansour. L’ancien chef de l’Etat crie au coup d’Etat. « Ce n’est pas l’armée qui a réalisé le coup d’Etat, juge Antoine Sfeir. Elle n’a fait que rétablir 2011 dans la deuxième ville du pays, Benghazi. Comme en Tunisie ou en Egypte, les revendications des manifestants sont multiples : davantage de démocratie, un meilleur respect des droits de l’Homme, la fin de la corruption à tous les niveaux de l’Etat, une meilleure répartition des richesses. L’homme fort de Tripoli depuis 1969, Mouammar Kadhafi, prend d’abord des mesures prévenalors le pays. « Il faut rappeler qu’historiquement, la Libye a toujours été un pays éclaté, où chaque ville a toujours souhaité être capitale, remarque Antoine Sfeir. En 1953, la Constitution donnait même au pays deux capitales : Tripoli et Benghazi. » Le début de l’année 2012 est ensuite marqué par une internationalisation de la guerre civile, au profit des insurgés. Le 19 mars, à l’issue du sommet pouvoir central et même de l’armée a été fortement ébranlée, qui tente de se reconstruire. « La disparition du bouillonnant Colonel a généré un important vide de pouvoir, accentué par le chaos sécuritaire et la militarisation de la société à la faveur de la guerre civile. Au centralisme autoritaire a succédé une multiplication des potentats locaux », résumait en février dernier dans le Huffington
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