references
n°5
PANORAMA
A la Une
d viendra l’été ?
protester contre la confiscation de son stock par les autorités. Un fait divers tragique qui allait faire descendre la jeunesse tunisienne dans la rue pendant quatre semaines pour protester contre la répression policière, la corruption, les inégalités régionales, mais surtout le chômage de masse y compris chez les diplômés. Un mouvement qui allait aboutir, le 14 janvier 2011, à la fuite du président Ben Ali, pourtant au pouvoir les Frères musulmans en Egypte, s’est attaqué à une population rurale et illettrée en leur disant : nous avons souffert pour vous, nous
autoritaire a succédé une multiplication des potentats locaux
depuis… 1987. « Cette révolution fut un succès car la Tunisie est un pays où la classe moyenne est importante, décrypte Antoine Sfeir, spécialiste du Moyen-Orient. Malheureusement, le retour des exilés islamistes d’Ennahda a confisqué à la jeunesse tunisienne sa révolution. » Car après le départ du dictateur, s’ensuit une période floue de près d’un an, durant laquelle se succèdent les gouvernements provisoires. Le 23 octobre 2011, sous la pression populaire, sont organisées des élections en vue d’élire une assemblée constituante. Avec 40% des voix, c’est le parti islamiste Ennahda qui en sort vainqueur. « Ennahda, comme avons été exilés et emprisonnés pour vous. Maintenant, si vous ne votez pas pour nous, vous votez contre l’Islam. C’est un slogan qui frappe très fort chez des gens dont la première identité est musulmane », explique Antoine Sfeir. Depuis son élection, le parti de Rached Ghannouchi ne cesse cependant d’être critiqué. Point d’orgue de cette contestation, l’assassinat de l’opposant à Ennahda Choukri Bellaïd le 6 février 2013, qui provoque la chute du premier gouvernement islamiste. Plus récemment, le 25 juillet 2013, c’est un second opposant, Mohamed Brahmi, qui est tué par balles devant son domicile. A chaque fois, les fa-
“En Libye, au centralisme ”
milles des victimes accuseront Ennahda d’être le responsable des meurtres. Ce second crime ouvre alors une nouvelle crise politique et provoque de nombreuses manifestations partout dans le pays. Au cours de ces dernières, des slogans comme « Ghannouchi assassin », « A bas le parti des Frères », en référence aux liens d’Ennahda avec l’organisation égyptienne, ont été entendus. S’il refuse toujours de démissionner, afin de calmer le jeu, le gouvernement a accepté de fixer la date des prochaines élections au 17 décembre 2013. Leur issue ? « Ennahda craint ces élections, et il vont les perdre. Il n’y aura pas d’Hiver islamiste en Tunisie », prophétise Antoine Sfeir.
Pour comprendre la révolution égyptienne de 2011, pas besoin de livres d’Histoire ou de licence en Sciences politiques. Non, la lecture seule d’un roman suffit : L’immeuble Yacoubian, de l’auteur égyptien Alaa al-As-
EgyPTE VErs unE guErrE ciViLE PrO-ArméE Vs PrO-frèrEs musuLmAns ?
Œ
lesquelles beaucoup de questions étaient évoquées. Ces assemblées, ce sont aussi de véritables lieux d’expérimentation de l’égalité des intelligences, où n’importe qui peut rentrer dans le débat. De plus, chacun y participe avec sa culture et ses interdits, donc cela peut s’enraciner n’importe où. C’est tout cela qui a tant fasciné les observateurs occidentaux pendant le Printemps arabe. c’est cette forme de démocratie qu’il faut encourager dans les pays en reconstruction du moyen-Orient ? Bien sûr. Notre rôle doit être d’aider à ce que se maintienne cette ébullition, qu’elle se banalise, et que des lieux politiques pas forcément institutionnels continuent d’émerger, car c’est là que naît le débat. D’autant qu’aujourd’hui, ce