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STRATéGIE & INNOvATION NUMéRIqUE
Haute résolution
n°5
La dématérialisation, encore verte ou déjà trop mûre ?
Alors que la dématérialisation des données et des moyens de communication au sein de l’entreprise semblait être une solution écologique (en plus d’être économique), il semblerait que tout ne soit pas si simple et que le papier, qu’on croyait oublié, tente un retour en force sur le front vert.
ans ce qui ressemble à un sous-sol un peu glauque, un ring mal éclairé entouré d’une foule agitée accueille un combat entre deux hommes bedonnants affublés de masques de catcheurs mexicains. L’un des combattants est tiré par les cheveux, comme l’allégorie que constitue ce faux combat entre Terrific Numeric et Papermail. « Selon la rumeur, Papermail était polluant et nuisible pour la planète, lance solennellement la voix off. […] On tente de nous culpabiliser sur l’utilisation du courrier papier. On nous fait croire qu’il est plus écolo de recevoir ses factures par courrier électronique plutôt que par enveloppe papier sous prétexte que le papier pollue, et qu’il encourage la destruction des forêts. Mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est que l’industrie papetière est une filière propre. » Evidemment, Papermail finit par remporter le combat, et évidemment cette vidéo virale d’une minute et demie a été financée par les producteurs européens de papier.
D
vironnemental, car ça permet de faire des économies sur des produits peu écologiques, comme le papier et les consommables (notamment les cartouches d’encre). 4) Enfin, il peut utiliser ça comme un argument marketing, communiquer sur la dématérialisation auprès des autres acteurs du secteur. » Et pour la communication, Readsoft, multinationale suédoise de la dématérialisation, a décidé de fournir elle-même les chiffres au niveau macro : en 2009, elle affirmait que la dématérialisation de 270 millions de facture faisait économiser entre 6 000 et 7 000 tonnes de papier, soit l’équivalent de 2000 aller-retour Paris-New York. Inexistant il y a vingt ans, le marché de la dématérialisation en France était estimé à 5,4 milliards d’euros pour l’année 2012 (4 milliards pour la dématérialisation des flux entrants/circulants/sortants, un milliard pour la sécurisation des échanges et 400 millions pour l’archivage électronique) par une étude du cabinet Xerfi publiée le 11 février dernier, avec des prévisions de croissance de 10 à 15% par an jusqu’en 2017. Billets de train, factures de téléphone et même contrats, le papier disparaît petit à petit au profit de l’électronique. Outre l’image « green » et les économies bienvenues en temps de crise, la même étude ajoute que les entreprises ont pu être poussées sur le chemin de la démat’ par l’action des pouvoirs publics. Désireux de simplifier les démarches autant que de protéger la nature, ceux-ci ont largement encouragé le paiement en ligne des impôts ou des amendes, avec pour objectif affiché de transformer à terme la feuille et l’encre en vieux souvenirs. L’une des