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n°3
PAnOrAMA
L’Entretien
prisant au passage souverainement l’opposition, alors que derrière, lui-même fraudait le système. Mais le plus On connaît votre amour pour le sport. Que peut-il apporter à la société ? Je vois la société comme la recherche d’un équilibre global. Le sport en fait partie, tant au niveau individuel que sociétal. Il peut aider à résoudre des problèmes sanitaires, ou d’éducation, et porte des valeurs importantes. Que pensez-vous des accusations de dopage qui frappent actuellement le rugby ? Malheureusement, tous les sont sports-spectacles confrontés à ce problème. Un constat qui ne doit pas empêcher, bien au contraire, de poursuivre la lutte. Celleci doit d’abord passer par l’éducation dans le sport amateur. Ensuite, il faut combattre les réseaux mafieux qui organisent le dopage, et continuer de perfectionner les moyens de contrôle, comme le passeport biologique des athlètes. Mais aujourd’hui, les efforts ne sont pas assez poussés car les fédérations refusent de reconnaître l’existence du dopage dans leur sport. Quant aux recommandations du ministère, elles ne sont pas très suivies… Ce qui pose la question du rôle et de l’influence de ce ministère… Qu’avez-vous retenu de votre passage à sa tête, de 2010 à 2011 ? Le ministère poursuit une double ambition, le sport de haut niveau et le sport pour tous. Mais il n’a pas les moyens financiers et humains d’assumer les deux. Plutôt qu’instruire des dossiers financiers et réglementer, il devrait être au cœur de la défense des valeurs du sport dans une vision politique globale : insertion par le sport, éducation par le sport, prévention sanitaire par le sport. L’une des clés serait de réunifier le « sport à l’école » et le ministère du Sport.
le lieu des idées. Mais à leur décharge, ils sont contraints par des impératifs électoraux auxquels échappent les think-
l’UDI, à envisager l’abolition des 35 heures
“Nous sommes plusieurs, à ”
tank. De plus, les intellectuels se montrent assez réticents à apporter leur concours à la réflexion des partis, de peur de se voir catalogués politiquement. Les cercles de réflexion ne connaissent pas ce problème et puis, n’oublions pas qu’un parti représente avant tout une base logistique qui permet de se faire élire. C’est d’ailleurs pour cela que l’UDI peine encore à attirer certaines figures du monde politique. tant qu’on n’assure pas l’intendance électorale, les poids lourds ne prennent pas le risque de nous rejoindre. Les affaires des derniers mois ont accru un peu plus le désamour des Français envers leurs dirigeants. Comment renouer le lien ? C’est très simple : il faut arrêter de mentir. C’est par là que passera le retour de la confiance. Or, qui peut avoir confiance en un Président qui affirme pouvoir inverser la courbe du chômage en quelques mois, quand tous les signaux sont au rouge ? Les Français ont besoin d’hommes d’Etat courageux, qui aient une vision claire et qui s’y tiennent. Par ailleurs, et même si le mot est détestable puisqu’il laisse à penser que tous les élus sont malhonnêtes, le mouvement de moralisation de la vie politique est une bonne chose. La réduction du cumul des mandats, la quête de transparence par exemple, vont dans le bon sens. Jérôme Cahuzac n’a-t-il pas été le parfait bouc émissaire d’une classe politique qui ne brille pas toujours par sa vertu ? Je n’ai pas ce sentiment. Je pense plutôt qu’il a payé son arrogance. Ce qui a choqué la classe politique, c’est qu’il est venu devant les parlementaires faire l’apologie des hausses d’impôts, mé-