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n°3
RH & FORMAtION
Réseaux & Influence
plus en plus d’entreprises de taille intermédiaire et de grosses PME s’y mettent », remarque Emmanuelle Gaont d’enfants, plus leur temps de travail décline. Pour les hommes, c’est tout le contraire : plus leur progéniture est grande, plus ils consacrent de temps aux affaires. Résultat : des carrières cycliques pour les premières, linéaires pour les seconds. Or, « dans les réseaux féminins, les femmes peuvent voir qu’elles ne sont pas seules, qu’un grand nombre de leurs semblables rencontrent les mêmes difficultés, et qu’elles sont nombreuses à les avoir surpassées. Au-delà du business, le réseau apporte de la solidarité. D’ailleurs, on y parle entraide et énergie plutôt que business et chiffre d’affaires », explique Emmanuelle Gagliardi. Au-delà de pousser leur propre carrière et de trouver de la solidarité, les femmes utilisent désormais ces réseaux pour faire progresser leur cause, dans leurs entreprises comme dans la sphère publique. « Il y a quelques années, les responsables des réseaux internes d’entreprise ont fait le constat que, même si la loi sur l’égalité professionnelle existe depuis plus de vingt ans, rien ou presque n’a changé. Elles ont alors pensé que, si elles ne faisaient rien, le statu quo pourrait demeurer encore longtemps. » Avec les services RH des leurs sociétés, elles ont alors fait sortir des chiffres sur l’état des lieux de la mixité dans leurs boîtes. Et ça marche : en avril dernier, 12 grands patrons étaient reçus par Najat Vallaud-Belkacem au ministère du droit des femmes pour signer une tribune contre le « plafond de verre ». En 2010, les réseaux féminins ont beaucoup pesé, par leur lobbying, sur la loi sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration, qui prévoit qu’elles devront y représenter 40% des effectifs en 2017. Chiche ?
Aymeric Marolleau
temps, de plus en plus d’écoles et d’universités les imitent. Si votre école n’a pas de réseau d’anciennes,
féminin, avec d’importantes spécificités
“Il existe une carrière au ”
gliardi. Enfin, les réseaux transversaux réunissent des working girls d’entreprises et de secteurs différents. « Le résultat n’est pas instantané. C’est une démarche qui exige de travailler sur le long terme. Mais à l’arrivée, cela peut être déterminant pour trouver des partenaires, des fournisseurs, des clients ou même changer de secteur », analyse la co-présidente de Connecting Women. Mais pourquoi rejoindre des cercles séparés, plutôt que de se tourner vers les nombreux réseaux mixtes existants ? « Simplement parce que les femmes ont encore du mal à les intégrer, déplore Emmanuelle Gagliardi. Et puis, elles n’y trouvent pas toujours d’affinités et de bienveillance. Surtout, il existe une carrière au féminin, avec d’importantes spécificités. » Par exemple, les études montrent que plus les femmes
alors créez-le vous-même ! » Il existe aussi les réseaux par fonctions, pour les femmes ingénieures, les responsables des achats ou de la communication... Et les réseaux par secteur, dans l’automobile (Les Elles de l’auto), le web (Cyberelles), ou la finance (Financi’Elles). « Ils sont très intéressants au niveau technique, pour le job au quotidien, car ils se révèlent souvent très réactifs. Ils sont aussi utiles lors d’une recherche d’emploi, car les offres y circulent. » Quant aux réseaux d’entrepreneures, ils se multiplient, boostés par la croissance de l’entrepreneuriat féminin en France. Patricia Chapelotte a ainsi lancé Génération femmes d’influence « pour faire reconnaître l’entrepreneuriat féminin et donner envie aux femmes de se lancer ». Il existe aussi des réseaux internes aux entreprises : « quasiment toutes celles du CAC 40 ont le leur, mais de
Solidarité de Sexe
Un grand vin naît toujours d’un grand raisin…