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RH & FORMAtION
Réseaux & Influence
n°3
Girl power
Les réseaux féminins gagnent en importance depuis quelques années. Analyse d’un phénomène qui pourrait bien briser le plafond de verre.
es chiffres sont cruels : en moyenne, en France, l’écart de salaire entre les femmes et les hommes est de 27% ; selon le cabinet Gouvernance et Structure, seuls 23,7% des administrateurs des groupes du CAC 40 appartiennent au beau sexe ; elles ne représentent que 30% des créateurs d’entreprise, et 12% des patrons de société de plus de 50 salariés. On pourrait continuer comme ça longtemps. Pour rattraper leur retard et enfin jouer à armes égales avec leurs confrères masculins, cadres et dirigeantes sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers une solution qui monte : les réseaux féminins. « Le manque de réseaux des femmes est, avec la discrimination sur la parentalité et le manque de visibilité, l’une des principales raisons du plafond de verre », assure Emmanuelle Gagliardi, co-présidente de l’agence Connecting Women et co-auteur de Réseaux au féminin – Guide pratique pour booster sa carrière (Editions Eyrolles, 2013). Si le phénomène n’est pas
L
nouveau – il en existait dès la fin de la seconde Guerre mondiale – il a vraiment pris son essor depuis cinq ans et on en dénombre déjà 400 dans l’Hexagone. Le développement des réseaux sociaux professionnels leur a donné un sérieux coup d’accélérateur, puisque les hubs et autres groupes virtuels sont vite passés de l’écran à la réalité.
« Vers 35 ou 40 ans, bien des femmes sont confrontées à une problématique : comment accepter ce poste à responsabilité qu’on leur propose, avec son lot de déplacements, de voyages à l’étranger et d’horaires à rallonge, sans délaisser la gestion de leur structure familiale ?, explique Emmanuelle Gagliardi. Certaines décident de se mettre en retrait en optant, par exemple, pour un temps partiel, quand elles ne mettent pas simplement un terme à leur carrière. » C’est pour éviter d’en arriver là qu’un nombre croissant d’entre elles se tournent
SyNdrome Julie leSCaut
vers les réseaux, dans l’espoir d’y trouver des solutions, grâce à du coaching et du monitoring avec des anciennes par exemple. Ils leurs permettent de rencontrer des modèles qui ont su gérer ce tournant délicat. Et puis, Patricia Chapelotte, présidente de l’agence de communication et de lobbying Albera Conseil et fondatrice du réseau Génération femmes d’influence, prévient : « il ne suffit pas de bien faire son travail, il faut aussi le rendre visible, le faire valoir en dehors du bureau. Alors qu’entretenir son réseau fait partie de la journée de travail d’un homme, les femmes ne s’autorisent pas cette démarche. » La variété des réseaux féminins est telle que faire le tri n’est pas évident. Lequel, ou lesquels rejoindre ? Les associations d’anciennes, dans les écoles, ont un statut privilégié : « Ce sont les premiers à rejoindre, car le lien est immédiat et évident, juge Emmanuelle Gagliardi. Si HEC, l’ESSEC ou Polytechnique ont le leur depuis long-
A l’attaque du plafond de verre
« Nomination, le People du bus