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J’ai rêvé…
es indicateurs économiques sinistres, des PMe qui croulent sous l’impôt, des réformes à demi-mesure, une accoutumance à constater les problèmes sans jamais chercher à les résoudre… et si nous osions soutenir les entreprises, quelles qu’elles soient, plutôt que de tirer sur les pigeons qui cherchent à s’envoler ? une moralité politique contestable, une génération de baby losers, l’échec vécu comme une maladie incurable et honteuse… et si, simplement, nous nous attelions à l’évolution de notre mentalité ? un faux ami nommé « numérique » qui ne résout pas tous les problèmes, une maigre place laissée aux femmes, une vie personnelle rongée par les contraintes professionnelles… n’existerait-il pas in fine de syndrome franco-français ? Sans occulter les déconvenues du moment, nous souhaitons apporter des réponses constructives à toutes ces questions, et expliquer que les crises sont aussi, voire avant tout, des périodes d’opportunités permettant de nouveaux débouchés ; de même que notre perception de l’échec doit évoluer afin de profiter de toute expérience pour rebondir et se perfectionner. A nous de comprendre les enjeux actuels plutôt que de s’en effrayer, de concrétiser nos projets plutôt que d’y renoncer, de façonner l’avenir plutôt que de le considérer avec scepticisme. Après la pluie, le beau temps. C’est ce que nous espérons tous. Bienvenue dans le troisième numéro d’ecoRéseau.
Jean-Baptiste Leprince Directeur de la publication
n°3
eloge du déclassement
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éposons les armes, l’affaire est entendue. les picadors de l’économie nous tiennent au bout de leur lance, et chacun de nos mouvements ne fait qu’élargir la plaie. la France est attaquée le lundi sur le front du chômage, le mardi sur celui de la croissance, le mercredi, c’est le moral des troupes qui fait défaut. et pas de weekend à l’horizon. Certes, Monsieur de Bergerac, « on n’abdique pas l’honneur d’être une cible ». Mais là, des banderilles, Marianne en a plein le dos. et l’union européenne avec elle, d’ailleurs. A l’exception de l’Allemagne qui, décidément, a la peau dure. eh bien soit. Adieu l’excellence, nous ne sommes plus premiers de la classe. Rangeons notre orgueil, nous risquerions des heures
de colle. Avons-nous même le droit de nous étonner ? Pas sûr. lorsqu’entre les cours, ceux de notre rang faisaient des heures supp’, nous descendions en recréation jouer aux 35 heures. Quand ils innovaient pour conquérir de nouveaux marchés, nous nous reposions sur les lauriers de nos fleurons industriels. Allez, entre nous, on l’a bien cherché. Pas de quoi pleurer devant notre bulletin de notes. Bien au contraire. D’abord, parce que tout ne bat pas de l’aile. le tourisme, par exemple. le 21 mai dernier, Paris était désignée destination préférée des utilisateurs du site tripAdvisor. en novembre 2012, une étude d’Harris interactive plaçait l’Hexagone en tête du peloton international, cette fois en matière de créativité culturelle
et artistique. ensuite, la place du chasseur n’est pas forcément la moins enviable. elle redonne goût au combat, aux battues sous la pluie, à la traque par grand vent. le chassé, lui – et nous en savons quelque chose -, est toujours tenté par la facilité. enfin, la médaille d’argent nous sied si bien. nous aimons Asterix, David et Poulidor. César, Goliath et Jacques Anquetil sont d’un mortel ennui. Mais pour rester dans la course aux places d’honneur, l’élève France doit garder confiance. et ne pas croire que dire adieu aux félicitations revient à un redoublement. une lecture à lui conseiller ? Le magicien d’Oz.
Olivier Faure
LE CHAT by Philippe Geluck
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Juin/Juillet 2013 - www.ecoreseau.fr