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Par Malena Gufflet, directrice générale Pluxee France
TRIBUNE. Longtemps un tabou au travail, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur et encore trop sous-estimé de performance pour les entreprises. Pas seulement pour des raisons éthiques, même si elles sont fondamentales, mais aussi parce qu’un salarié épanoui est un salarié engagé, créatif, résilient. À l’inverse, l’épuisement mental coûte cher : humainement, socialement, économiquement.
Les chiffres sont parlants : 48 % des salariés estiment que leur santé mentale s’est dégradée depuis trois ans, et 30 % déclarent avoir déjà connu un trouble psychique lié au travail (baromètre Malakoff Humanis 2024). Près de 4 sur 10 considèrent aussi que leur activité nuit à leur santé mentale (Observatoire de la santé au travail, 2023). Pourtant, seuls 5 % bénéficient d’une politique de prévention. Ce paradoxe n’est plus tenable. La santé mentale a été désignée Grande Cause nationale 2025 : elle doit désormais devenir une priorité stratégique pour les entreprises.
Former les managers
La santé psychologique doit être intégrée pleinement dans les politiques RH, managériales et de performance. C’est pourquoi, il nous a paru indispensable d’accompagner les entreprises avec des solutions pratiques de prévention, simple à mettre en œuvre et accessibles à tous les collaborateurs, quel que soit leur métier, leur statut ou leur localisation. Bilans de santé mentale, téléconsultations, dépistages, vaccination… le tout allié à un expert de la santé, voilà des exemples de dispositifs concrets !
Mais l’enjeu est avant tout culturel. Il s’agit de former les managers à détecter les signaux faibles, d’oser parler de santé mentale dans les comités de direction, et de considérer les burn out comme des alertes systémiques, pas comme des fragilités individuelles. Cela implique aussi de revoir certaines normes d’organisation, au profit de modèles plus durables, respectueux des rythmes humains.
Un investissement, pas un coût !
Promouvoir une culture du soin, du droit à la pause, de l’équilibre. Non pas pour cocher une case RSE, mais pour construire des environnements de travail véritablement performants, au sens le plus humain du terme. Dans un monde professionnel en pleine transformation, la performance ne se mesure plus uniquement à la productivité, mais à la capacité des entreprises à préserver la santé globale de leurs équipes.
Intégrer la santé mentale aux indicateurs RH, au même titre que l’absentéisme, l’engagement ou la fidélisation, c’est passer de la sensibilisation à la stratégie. Ce n’est pas un coût, mais un investissement : dans la confiance, la performance, l’innovation, la fidélité, et dans l’avenir. Faire de la santé mentale un pilier stratégique, c’est aussi renforcer l’attractivité de la marque employeur, fidéliser les talents et ancrer l’entreprise dans une dynamique de progrès. Un collaborateur qui va bien, c’est un collectif qui avance mieux. Et c’est en prenant soin des gens que l’on fait grandir les entreprises.






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