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« La mode est un éternel recommencement ». En 2025, l’expression n’a jamais été aussi vraie. Dans la rue, c’est le retour des pantalons léopard et des converses montantes. Chez vos amis, l’enceinte Bluetooth a laissé place au tourne-disque rétro. Si l’on est tenté d’y voir une prise de conscience écologique, en réalité, le vintage est un business qui rapporte, allant jusqu’à s’imposer aujourd’hui comme l’un des piliers de l’économie mondiale.
Le marché du vintage semble ne pas connaître la crise. Bien au contraire. D’après les derniers chiffres disponibles, en 2021, le secteur du vintage en France pesait 1,16 milliard d’euros.
« Tout le monde vend du vintage aujourd’hui », commentait déjà Sylvie Chateigner, à la tête du concept-store Thanx God I’m a VIP, dans les colonnes de Fashion Network. D’après les estimations de ThredUp, l’une des plus grandes plateformes américaines de revente, d’ici à 2027, les ventes de vêtements vintage devraient dépasser celles des grandes enseignes de la fast fashion, et surtout générer jusqu’à 20 % des revenus d’une entreprise de luxe.
Mais qu’entend-on exactement par vintage ? Une catégorie fourre-tout qui réunit tout aussi bien les voitures de collection que le pull de votre grand-mère. En matière de vêtements, d’accessoires et de mobilier, le vintage se réfère à des pièces issues d’un temps révolu, généralement des années 1920 aux années 1990, voire 2000 aujourd’hui. Le terme désigne une tendance synonyme d’intemporalité.
De la consommation éthique au business florissant
Les vêtements, accessoires et meubles vintage allient praticité et durabilité. Si ce style est revenu sur le devant de la scène ces dernières années, c’est en grande partie grâce à son aspect écologique. Opter pour un mobilier et des vêtements anciens permet de réduire la production de meubles neufs et la surconsommation.
Le vintage apparaît comme une alternative économique et responsable face aux dérives de la fast fashion. Avec le succès grandissant de cette tendance auprès des consommateurs, les plateformes de revente en ligne se sont multipliées, Vinted en tête. Peu à peu, le vintage semble s’être détourné des préoccupations éthiques pour devenir un business à part entière.
« Quand j’ai commencé en 2005, c’était une niche. Aujourd’hui, c’est devenu un mass-market. Avant, je chinais seule dans un vide-greniers, aujourd’hui je suis entourée de 50 jeunes », confiait Valérie Taieb, experte en mode vintage auprès de la CNES, dans les colonnes de Harper’s Bazaar France. Sur TikTok, le hashtag « ArchivesFashion » cumulait pas moins d’un milliard de vues en mars 2025. Signe de l’engouement des jeunes générations pour le vintage.
Certains en font même un marché lucratif, en se rendant en friperie ou dans des brocantes dans le seul but de dénicher une pièce pour la revendre aussitôt.
Acheter vintage : une pratique élitiste ?
Il y a quelques années, se rendre dans une friperie était presque honteux, car synonyme de pauvreté. La « Gen Z », la génération née à la fin des années 90 et au début des années 2010, semble pourtant avoir fait du vintage son terrain de jeu favori.
« Notre clientèle va de 12 à 80 ans. Les jeunes sont particulièrement enclins à acheter un vêtement différent que personne d’autre n’aura », constate Shiri Slavin, fondatrice de Super Vintage, une boutique située à Paris qui propose des vêtements et meubles des années 1960 à 1990.
Les classes aisées semblent aujourd’hui ne jurer que par le vintage, comme un signe d’appartenance et de reconnaissance, surtout pour les objets et accessoires relevant du vintage de luxe. D’après l’étude Luxury’s Great Reset, publiée fin 2024, le luxe de seconde main, notamment les sacs griffés, devrait croître d’environ 11 % d’ici à 2027.
Un phénomène qui participe à l’augmentation du prix des pièces vintage : le sac Fendi « Baguette », lancé en 1997, se vendait autour de 150 euros en 2016, contre 300 à 400 euros en 2019. L’intemporel sac Chanel « Timeless » a vu ses tarifs augmenter de 20 % en seulement deux ans.
Le vintage : mémoire du temps passé
Au-delà de leur aspect business-éthique, les pièces vintage acquièrent une valeur sentimentale et historique, qui augmente avec le temps. Il ne s’agit pas uniquement de meubles, de voitures ou de bijoux. Ce sont les marqueurs d’une époque. Les objets vintage incarnent une forme d’art et de collection.
« Porter une pièce d’archive, c’est comme arborer une œuvre d’art », explique Frank Akinsete, consultant en mode vintage, auprès de la BBC.
Lisa Begouin






























