L'accessibilité numérique est une problématique qui fait de plus en plus parler d'elle, pour permettre à tous d'avoir accès simplement à des contenus digitaux.
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Du 17 au 23 novembre 2025, c’est la semaine pour l’emploi des personnes handicapées. L’objectif est de sensibiliser encore davantage les entreprises pour favoriser la recherche d’emploi des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, il n’est plus seulement question de proposer des postes spécifiques, ou d’instaurer des quotas pour favoriser leur intégration, il est aussi question de se mettre à jour en matière d’accessibilité numérique. 

Douze millions de Français sont concernés par le handicap, soit une personne sur deux au cours de sa vie, de manière temporaire ou durable. Et le handicap visuel en fait partie. Pourtant, d’après la Fédération des aveugles de France, seulement 3,4 % des sites Internet sont accessibles, c’est-à-dire faciles d’accès et dont la mise en place de pratiques permet à tous d’accéder aux différents contenus. Un chiffre qui doit sonner l’alerte dans toutes les entreprises !

Obligatoire ? Et pourtant… 

La loi pour l’égalité des droits et des chances du 11 février 2005 confie à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) la « mission de veiller au respect d’un certain nombre d’obligations relatives à l’accessibilité des services numériques, soit les sites Internet, mais également les applications mobiles, les Intranets, etc. », écrit l’Arcom sur son site Web, et depuis révisée dans une ordonnance du 6 septembre 2023. De manière plus globale, une directive à l’échelle européenne vise aussi à encadrer l’accessibilité numérique : l’European Accessibility Act (EAA) d’avril 2019. Cette directive établit des sanctions pouvant aller jusqu’à 250 millions d’euros d’amende pour les entreprises de plus de dix salariés ou réalisant plus de deux millions d’euros de chiffre d’affaires, dans le cas où une entreprise ne serait pas accessible aux personnes en situation de handicap.  

Pourtant, les entreprises accessibles sont en fait encore trop peu nombreuses. Et la directive européenne elle-même exempte les plus petites entreprises. Alors encourager, oui… Mais tout le monde ne l’est pas au même titre. « C’est probablement parce qu’on ne veut pas étrangler les petites entreprises par de nouvelles obligations », constate Didier Roche, fondateur d’Ethik Studio, qui aide les entreprises à rendre leurs contenus digitaux accessibles. Pourtant, il souligne la nécessité de se rendre accessible pour – aussi – favoriser l’entreprise elle-même : « N’attendez pas l’obligation qui tombera un jour. Faites-le avant, vous gagnerez davantage ». 

À quoi bon ? 

Hormis le droit à l’information – qui découle de la liberté d’expression et de communication – les entreprises peuvent gagner à être plus accessibles. Aussi bien en termes de ventes, « quand vous parlez à davantage de monde, vous vendez plus », qu’en termes de recrutement : « Si vous avez quelqu’un de talentueux qui postule, ou si vous voulez recruter, mais qu’il n’a pas accès aux informations, ça va être un échec, il est probable que le candidat aille même voir ailleurs », explique Didier Roche. Parce que non, l’accessibilité n’est pas seulement destinée aux personnes en situation de handicap ! Les personnes âgées, celles qui ont des difficultés en français, qui sont dyslexiques ou neuroatypiques, par exemple, sont aussi concernées par des difficultés à accéder à des documents, regarder des vidéos ou lire des informations… 

En clair, l’accessibilité numérique est aussi une clé pour améliorer son entreprise. Il est question de retour sur investissement (ROI). Élargir son audience, améliorer son image, favoriser son commerce, être mieux référencé par Google, et ça permet aussi de limiter les risques juridiques. « Business is business », affirme l’entrepreneur. Et tout simplement, c’est aussi une manière de lutter contre les discriminations ! « Ne pas prendre en compte les besoins des personnes déficientes visuelles lors de la conception, l’élaboration et la mise à disposition de produits et services numériques les empêchent de participer pleinement à la vie économique, sociale et civile et constituent une discrimination », précise la Fédération des aveugles de France

« Il faut passer par la formation » 

Être accessible numériquement parlant passe par tout un tas de choses : les images, les vidéos, les PDF, les graphiques, les sites Internet… Et ça ne demande parfois pas d’efforts insurmontables pour y parvenir. Commencer par nommer les images : « Le non-voyant va avoir un nom d’image qui s’appelle 1227K. C’est génial… Mais je ne sais pas ce que c’est », sous-titrer les vidéos et optimiser le contraste des couleurs en plaçant correctement les sous-titres pour qu’ils soient bien lisibles, laisser suffisamment de temps pour lire les contenus en vidéo, éviter les contenus susceptibles de provoquer des crises d’épilepsie… 

« Il faut passer par la formation, c’est le meilleur levier. D’abord, parce que ça permet de comprendre les enjeux, les problématiques. Puis c’est le meilleur moyen d’apprendre à le faire par soi-même. » Et non, contrairement à certaines croyances, l’accessibilité numérique ne relève pas d’un coût qui risque de pénaliser l’entreprise, bien au contraire ! « En termes d’image et de business, ça rapporte beaucoup à une entreprise. C’est de la communication aussi, quelque part », rappelle Didier Roche. Parce qu’une entreprise accessible à tous, c’est aussi une entreprise qui se démarque par son côté humain et compréhensif. 

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