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Elle est devenue la première femme à entrer au Next40. Une nouvelle presque anecdotique pour Eléonore Crespo ? Après un parcours académique d’excellence, la jeune femme se lance dans ce qu’elle a toujours voulu faire : entreprendre. Ce sera avec Pigment, solution logicielle de planification financière.

Un master en physique quantique à l’ENS Paris Saclay, un passage sur les bancs de l’École des Mines, une première expérience chez JCDecaux, avant de rejoindre Google en tant que product puis financial analyst. Eléonore Crespo coche toutes les cases, celles qui vous promettent un avenir sans trop d’incertitudes. Là était sans doute le principal hic pour l’entrepreneure dans l’âme : « Je voulais créer quelque chose, avoir mon aventure, et construire un projet qui aurait un impact fort », explique Eléonore Crespo. Alors, après une nouvelle expérience au sein d’Index Ventures – l’un des principaux fonds d’investissement européens – où elle investit dans des sociétés comme Spendesk, Swile ou Alan, Eléonore Crespo cofonde Pigment en 2019 avec Romain Niccoli, cofondateur notamment de Criteo et ex-développeur logiciel chez Microsoft. L’objectif ? Rompre avec le manque criant d’outils de planification financière, y compris chez les grands groupes (les deux acolytes l’ont constaté chez Microsoft et Google).

Pigment, une réussite collective qui la rend fière

Concrètement, « Pigment, c’est un outil qui rassemble toutes les données d’une entreprise, bien souvent incomplètes voire erronées, pour orienter au mieux les trajectoires des entreprises […] Une sorte de GPS, utile pour anticiper les obstacles et contourner les accidents », détaille Eléonore Crespo. De quoi ringardiser Excel. La start-up s’adresse avant tout aux grandes entreprises, « plus de 1 000 employés » généralement. Anticiper est devenu la clé pour piloter son budget, la crise covid-19 en constitue la parfaite illustration. L’une des volontés de Pigment ? réduire le temps consacré aux calculs et à la manipulation des données pour aider les équipes à collaborer en temps réel et se concentrer sur l’analyse de ces données. Pour Eléonore Crespo, scientifique convaincue de par sa formation, le futur s’anticipe.

Surtout, c’est grâce à cette réussite collective qu’Eléonore Crespo, a pu bénéficier d’une distinction personnelle. En 2023 Pigment a rejoint les rangs du Next40, pas étonnant puisque la jeune pousse a bien grandi avec une multiplication par 6 de ses revenus en 2022 et de nombreuses levées de fonds.
Conséquence directe : Eléonore Crespo est devenue en 2023 la première femme dirigeante d’une société du Next40. L’arbre qui cache la forêt ? Car oui, seulement 10 % des start-up créées en 2022 comptaient des équipes fondatrices exclusivement féminines, selon une étude du collectif Sista et du BCG. « Tout se joue bien avant, dès le CP, défend l’entrepreneure, on ne peut pas nier un problème de formation en France, notamment en mathématiques », souligne celle qui lutte pour une parité réelle dans l’univers trop masculin des start-up et scale-up. Eléonore est « l’une des personnes avec qui on a beaucoup travaillé sur le Pacte Parité de la French Tech, rappelle dans Les Échos la directrice de la Mission French Tech Clara Chappaz, la remise du rapport a d’ailleurs eu lieu au siège de Pigment ».

l’avis des rebondisseurs français
“Rebondir, c’est aussi sortir des sentiers battus et oser l’entrepreneuriat. Chemin suivi par Eléonore Crespo qui pour l’heure a surtout vécu l’ascension, mais saura assurément mettre sa culture de la prévision au service de prochains rebonds.”

Maintenir un équilibre

Demain, la passionnée ne se voit pas faire autre chose que Pigment, « je ne crois pas à l’ennui dans l’entrepreneuriat, à la routine au bout d’un certain nombre d’années à la tête de la même entreprise […] L’innovation est perpétuelle », défend Eléonore Crespo.

Quand elle ne travaille pas, Eléonore Crespo concentre son énergie auprès de ses proches, et notamment de ses enfants – des jumeaux de deux ans et demi. « J’aimerais dire que je fais du sport régulièrement, que j’ai beaucoup de loisirs et de hobbies… Mais entre le travail et mes enfants je n’ai plus le temps pour autre chose », nous confie cette maman-entrepreneure. Une chose reste sacrée : le sommeil. « Au moins huit heures par nuit ! », estime-t-elle. Du jamais vu dans nos portraits d’électrons libres… Comme quoi la réussite, elle, se prédit moins.

GEOFFREY WETZEL

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