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Alors que la WWE – la plus grande compagnie de catch au monde – a fait escale à Lyon pour la deuxième année consécutive cet été et rassemblé plus de 10 000 spectateurs, la France se révèle être l’une des nations les plus férues de la discipline. Un terreau fertile pour le business.
« J’ai fait beaucoup de choses au cours de ma carrière. J’ai été face à des foules déchaînées. Mais je n’ai jamais été face à la foule que notre équipe actuelle qualifie de la plus grande foule de l’histoire de la WWE, à Lyon, en France. » Ces propos sont ceux d’une légende du catch : John Cena, qui prendra sa retraite à la fin d’année, après un dernier show le 13 décembre.
« Ces shows à Lyon sont considérés par tous les spécialistes comme le meilleur public qu’il n’y ait jamais eu en WWE », complète David Rothschild, promoteur français de l’organisation américaine depuis 2007, dans les colonnes de L’Équipe. En 2024, l’événement a aussi pulvérisé des records financiers. En vingt-cinq ans de diffusion, il s’agit du Smackdown et du Backlash les plus rentables de l’histoire. « Ils font leur plus gros chiffre avec juste les billets d’entrée », s’est réjoui le catcheur Tom La Ruffa auprès du Parisien, sans que les chiffres n’aient été dévoilés.
Un engouement bien présent…
Les images des shows de Lyon en 2024 et 2025 ont fait le tour du monde et ont confirmé ce que la WWE pressentait déjà : la France est devenue un marché stratégique du catch. Dans les travées, l’ambiance n’a rien à envier aux mythiques salles américaines. Sami, parisien de 25 ans, en témoigne au micro de France Inter : « je suis supporter du Paris Saint-Germain (PSG, ndlr), je vais au Parc des Princes, et une ambiance pareille, je n’ai jamais connu ».
Cet attachement intergénérationnel renforce la dynamique. Sami a découvert la WWE grâce à sa grand-mère Zouina, aujourd’hui âgée de 95 ans : « Je n’ai jamais lâché. C’est comme une série que l’on suit, c’est sympa de retrouver les catcheurs chaque semaine. » Une fidélité confirmée par Philippe Marciniak, alias Sturry, ancien catcheur devenu créateur de contenus sur YouTube et Twitch. « Le catch, dans les années 2000, on en parlait surtout dans les écoles primaires et au collège. Quinze ans plus tard, désormais, ces collégiens ont du pouvoir d’achat et ils font vivre leur passion. Ils sont là, dans les salles, et ils contaminent également toute une nouvelle génération de fans. »
Ce vivier s’étend aussi du côté des pratiquants. Les clubs se structurent, les fédérations locales se multiplient et des écoles émergent. À Prayssac, dans le Lot, Yann Fernandez préside la Hellfire Championship Wrestling, qui ambitionne d’organiser un grand show le 13 décembre prochain. « C’est notre projet, avec de grands catcheurs, (…) mais avant je poursuis l’apprentissage de ce sport pour mes élèves à l’école de catch de Prayssac », confie-t-il dans les colonnes de La Dépêche.
… qui manque d’espace d’expression
« La France ne compte qu’une quinzaine d’écoles de catch et moins de 10 d’entre elles disposent d’un ring comme le nôtre », rappelle Yann Fernandez. Un chiffre dérisoire comparé à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, où le catch s’est structuré depuis des décennies.
Cette pénurie freine la formation de nouveaux talents et limite la tenue d’événements. À cela s’ajoute la difficulté à trouver des salles adaptées : peu d’arènes sont aujourd’hui équipées en France pour accueillir des shows de catch, un format hybride entre sport et spectacle qui exige scène, rigging, éclairage et capacité debout.
Mais des alternatives existent, à l’image de France Catch qui propose aux entreprises, communes ou associations d’organiser des spectacles dans plusieurs villes sur le territoire. Ou bien la MTW, la nouvelle fédération de catch française, fondée cette année, qui entend bien rivaliser avec la WWE.
Avec l’engouement que la discipline suscite, il est hautement probable que nous assistions à la professionnalisation du catch dans les années à venir.






























