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Depuis 2010, le Forum de l’investissement responsable (FIR) prend le pouls de l’évolution de la finance responsable en décryptant la sensibilité des épargnants, leur niveau de connaissance sur le sujet et leurs placements durables. L’édition de 2026 s’est intéressée particulièrement aux jeunes et à leur intérêt pour l’épargne solidaire. Elle révèle que ces derniers seraient un public de choix pour ce type d’investissement. Par Ezzedine El Mestiri.
Selon le sondage réalisé par l’Ifop pour le FIR, 68 % des 18/25 ans et 65 % des 25/35 ans octroient plus d’importance aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placement. Ils sont plus intéressés et convaincus que leurs aînés. Cela n’est étonnant quand on connait l’engagement écologique des jeunes, affirmé dans de nombreuses enquêtes, publiées ces dernières années. Pour répondre à la crise climatique, la génération future ne cesse d’appeler des changements structurels et profonds. Elle est prête à renoncer à une partie de son confort matériel pour répondre à l’urgence d’une planète en souffrance.
0,52 % de l’épargne globale des ménages !
Nous sommes aussi 52 % à vouloir engager notre argent de façon concrète dans des projets sociaux et écologiques. Nous assistons à une consolidation accentuée du marché de la finance solidaire qui a de nouveau enregistré une croissance de 15 % pour s’établir à 34 milliards d’euros de collecte, selon les chiffres fournis par FAIR, l’association qui rassemble les grands acteurs de ce secteur financier. Pourtant, cela ne représente toujours que 0,52 % de l’épargne financière globale des ménages français. Rappelons que son principal moteur reste l’épargne salariale, qui continue de jouer un rôle clé avec 16,3 milliards d’euros d’encours. Après une année 2025 favorable à l’épargne et dans une actualité marquée par les conséquences du dérèglement climatique, les indicateurs relatifs à l’investissement responsable demeurent stables en 2026.
Donner du sens à son argent
Par leur engagement, les épargnants veulent voir pris en compte de façon prioritaire trois thèmes : les pollutions (77 %), les droits humains (75 %) et le changement climatique (73 %). Cette épargne soutient des initiatives sociales et environnementales, peu ou mal financées par les acteurs financiers classiques. La mobilisation de cette épargne est nécessaire car elle répond à des enjeux présents comme la lutte contre les précarités, le soin et la santé, l’autonomie des personnes âgées et la transition écologique des territoires.
En souscrivant un placement solidaire, nous faisons le choix de placer notre argent pour qu’il finance des projets utiles à la société et à l’environnement, tout en ayant un rendement financier selon le type de produit choisi. Épargner solidaire, c’est donner sens à son argent en participant à des projets sociétaux et écologiques comme la lutte contre le mal-logement, le déploiement des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique ou l’aide au développement dans les pays pauvres.
Dépasser la logique de niche
Si la finance solidaire continue de nous séduire, elle a du mal à s’affirmer comme un fondamental dans notre épargne. Le citoyen souffre d’un déficit de culture financière. Autre obstacle de taille : les questions financières restent encore compliquées et affaires d’experts ! La finance solidaire doit faire un effort pédagogique pour mieux faire comprendre son utilité, son fonctionnement et son impact. S’ajoute le peu de formation des conseillers dans les secteurs bancaires et les compagnies d’assurance pour accompagner et éclairer les clients. Malgré une forte demande sociétale, tout reste à faire pour que la finance solidaire dépasse une logique de niches.


























