Temps de lecture estimé : 2 minutes

Loin de certains clichés répandus, nos aînés sont aussi concernés et mobilisés sur les enjeux environnementaux. Leur engagement est semblable à celui du reste de la population. Par Ezzedine El Mestiri.
La récente étude de l’association Parlons climat « Les seniors et l’engagement climatique » montre que près de 29 % d’entre eux placent le climat dans leurs trois priorités, soit davantage que les moins de 35 ans (24 %). Si 37 % d’entre eux proclament un doute sur l’origine strictement anthropique du changement climatique, sept sur dix l’estiment très inquiétant et qu’il sera nuisible pour les générations futures.
Les seniors accordent une grande confiance envers les scientifiques comme émetteurs les plus légitimes pour parler climat. L’étude révèle aussi chez les seniors une vision négative du terme « écolo ». 54 % déclarent avoir peu ou pas de sympathie pour les mouvements écologistes et 53 % jugent leurs actions trop radicales.
Des pratiques héritées de l’enfance
Nos aînés ont des pratiques quotidiennes héritées de leur enfance qui correspondent à un mode de vie dit « écologique », comme favoriser la consommation locale et de saison, acheter moins, réparer et faire soi-même. Ces écogestes sont bien plus la particularité des seniors que des jeunes. Le passage à la retraite est un moment décisif de l’engagement citoyen au service des associations par le bénévolat, dans les relations familiales par la garde des petits-enfants, mais aussi dans les relations de voisinage. C’est le temps des principes de justice, d’équité et de modération. Refuser de vivre dans le « trop », en comparaison d’une époque où l’on se contentait de peu.
Dans le monde comme en Europe, nos aînés se regroupent pour participer à la lutte contre le changement climatique. Aux États-Unis, Third Act lutte contre le financement des énergies fossiles par les banques. En Suisse, les Aînées pour le climat ont assigné l’état en justice pour inaction climatique et en Chine, des femmes retraitées se sont mobilisées pour sensibiliser la population via des chansons populaires et des opérations de ramassage de déchets.
Une écologie intergénérationnelle
La génération de baby-boomers a grandi après-guerre, dans une ère de prospérité économique avec l’émergence de la société de consommation. Elle a été élevée dans un idéal de vie qui prend en compte l’autre en établissant des relations positives. Est-elle culpabilisée parce qu’elle est désignée comme responsable de l’état de la planète ?
« Dire à ces baby-boomers : “c’est votre faute, vous avez vécu dans la surconsommation” est profondément injuste. En échangeant avec eux, ils ont souligné qu’ils ont été pris dans un système étant plus jeunes, dont ils n’étaient pas maîtres, comme nous le vivons aujourd’hui avec les réseaux sociaux par exemple. Et surtout, plusieurs études montrent que les jeunes sont aujourd’hui beaucoup plus concernés par l’hyperconsommation que les seniors », constate Amélie Deloffre, cofondatrice de Parlons Climat.
L’étude nous enseigne que si les seniors ne sont pas, en proportion, plus engagés que le reste de la population, leur engagement passe par des pratiques, de la sobriété héritée de leur éducation à l’implication associative. Ils occupent une place essentielle dans une écologie du temps long et intergénérationnelle. Longtemps perçus comme spectateurs des bouleversements écologiques, ils sont aujourd’hui des acteurs à part entière de la transition environnementale. Ils occupent une place essentielle dans une écologie du temps long et intergénérationnelle.








![[LE DÉBRIEF] « QVEMA » saison 6, épisode 8 : les inventeurs pour conclure ! QVEMA](https://www.ecoreseau.fr/wp-content/uploads/2026/01/QVEMA-credits-M6-218x150.png)



















