Ces guerres qui empoisonnent l’environnement

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Nous avons cru que le XXIe siècle allait tourner les tristes et les atroces pages des conflits d’avant et que le monde allait se tourner vers une paix durable. Mais rien de tout cela n’a fleuri ! Nous continuons à vivre un enchainement de guerres qui massacrent des populations, brisent des peuples et laissent derrière elles des villes en ruines, des terres et des rivières polluées. L’impact des guerres sur la pollution des sols et de l’air est estimé à un taux 30 à 40 % supérieur à la moyenne. Par Ezzedine El Mestiri. 

La raréfaction de l’eau, les récoltes perdues et les incendies de forêt provoquent aussi des déplacements massifs de populations. Un rapport onusien fait état de la disparition à Gaza de 97 % des cultures arboricoles, 95 % des arbustes et 82 % des cultures annuelles depuis 2023. Et ne parlons pas de l’eau souillée par les munitions et les 61 millions de tonnes de débris qui aggravent la contamination ! Un véritable abîme pour la nature, au-delà du visible avec des sols appauvris et nappes phréatiques empoisonnées. S’ajoutent les destructions des barrages qui inondent les terres et la pollution qui fait surgir les pires maladies.

L’humain brisé et la nature dévastée

Ukraine, Gaza, Soudan, Somalie, Syrie, Liban et aujourd’hui l’Iran où la guerre fait peser de lourds risques de pollution. Les combats en mer déchaînent des marées noires. Les frappes sur les installations pétrolières entraînent des pollutions multiples. La guerre ravage sur son passage des infrastructures énergétiques et industrielles, des centres de production et des lieux vitaux. Elle attise les rivalités pour les ressources comme l’eau ou les terres et détruit les écosystèmes. Elle impose une insécurité qui provoque le déplacement et l’exil des populations. Tous ces conflits érodent les capacités institutionnelles écologiques et pèsent sur les ressources naturelles. Les citoyens d’un pays en guerre perdent souvent l’accès à l’eau potable et les moyens élémentaires de subsistance.

Reconnaître le crime d’écocide

Face à ces dévastations, le droit international reste encore imparfait. Un Protocole additionnel aux Conventions de Genève interdit les guerres « causant des dommages étendus, durables et graves à l’environnement ». En 2022, des principes ont été adoptés par la Commission du droit international pour étendre la protection de la nature aux conflits internes et aux occupations militaires. Comment prévenir, et réparer les dommages environnementaux ? Aujourd’hui, de nombreuses ONG et des juristes veulent l’inscription des atteintes lourdes à la nature dans le droit pénal international et reconnaître le crime d’écocide au même titre que les crimes de guerre ou les crimes contre l’humanité. Engendrer aussi un droit d’indemnisation pour les dommages environnementaux liés aux conflits.

Le climat et les conflits s’alimentent mutuellement dans un cercle vicieux : le changement climatique avec son cortège de sécheresses et rareté des ressources génère des tensions et des instabilités, poussant aux conflits, tandis que les guerres détruisent les écosystèmes, aggravant l’insécurité et rendant les populations plus précaires. L’humanité doit prendre garde et éviter que la crise environnementale n’attise la conflictualité dans le monde. Le climat est un accélérateur de menaces qui pourrait provoquer des guerres liées aux pénuries et aux mouvements migratoires. Plus que jamais, notre paix et notre sécurité sont affectées par le changement climatique comme les dégâts des guerres affecteront l’environnement et l’espoir des générations à venir.

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