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Depuis la création des championnats du monde en 1983, le Kenya est le deuxième pays le plus médaillé derrière les États-Unis… avec un total de 182 médailles. Et pourtant, le pays n’a encore jamais accueilli de mondiaux. Une première, aussi, pour le continent.
« Le Kenya est l’une des grandes nations de l’athlétisme », souligne Sebastian Coe, président de la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics). Pourtant, le pays n’a encore jamais organisé de mondiaux d’athlétisme. Le continent non plus… Alors direction 2029 pour une grande première pour l’Afrique. Et c’est Nairobi, capitale du Kenya, qui aura cet honneur ! Une promesse pour l’Afrique tout entière.
Une première historique et attendue
Déjà candidate en 2025 – grande perdante face à Tokyo – Nairobi a réitéré. Avec ce nouveau dossier de candidature, un objectif : être l’accélérateur de l’athlétisme pour le pays et le continent. Il aura fallu quelques années de plus pour – enfin ? – entrer dans l’histoire. « Nairobi nous a présenté un dossier à la fois convaincant et émouvant », d’après Sebastian Coe. Une décision qui « n’a pas été facile » en raison des autres pays en lice, dont l’Angleterre, l’Italie, et l’Allemagne – qui organisera les mondiaux 2031.
La candidature a notamment plu grâce au « stade Kasarani rénové, qui fait actuellement l’objet d’une modernisation complète en vue de l’accueil de la Coupe d’Afrique des nations de football en 2027 ». Un stade qui pourra accueillir jusqu’à 45 000 supporters. Un coup de pouce bienvenu pour rivaliser avec d’autres pays déjà suréquipés en matière d’aménagements sportifs. Et d’ailleurs, un sondage réalisé au Kenya affirme que 68 % de la population est très intéressée par l’athlétisme… contre une moyenne mondiale de 39 % !
Entre surprise et inquiétudes…
C’est surtout une première qui a fait parler d’elle… alors que l’athlétisme compte déjà plusieurs Kényans parmi ses légendes : David Rudisha, Eliud Kipchoge, Faith Kipyegon, Hellen Obiri, Vivian Cheruiyot. Le pays a terminé deuxième du classement, derrière les États-Unis, aux Mondiaux de Tokyo, avec 11 médailles à son actif, dont 7 en or. « L’athlétisme fait partie intégrante du tissu social du Kenya », a admis Sebastian Coe.
Mais c’est une candidature qui a aussi mis du temps à être acceptée en raison des cas de dopage de plus en plus nombreux dans le pays. Plusieurs athlètes sont, encore à ce jour, suspendus de leur discipline. Ils sont en fait… plus d’une centaine. Dont Wilson Kipsang, vainqueur en 2012 et 2014, ou Daniel Wanjiru, vainqueur en 2017. On se souvient aussi du record du monde féminin du marathon surpassé par la Kényane Ruth Chepngetich, à Chicago en 2024. Avant qu’elle ne soit testée positive et suspendue pour trois ans – sans que son record ne lui soit retiré, son test ayant été réalisé en mars 2025. Et tout ça ne date pas d’hier… en 2022, deux vainqueurs kényans ont été suspendus pour s’être dopés pour la course de Sierre-Zinal, en Suisse.
L’Afrique placée au second plan… jusqu’à aujourd’hui ?
« C’est l’heure du Kenya, l’heure de l’Afrique et une victoire pour les générations d’athlètes qui ont rendu notre nation synonyme d’excellence sur les pistes, les routes en cross-country », a affirmé le président William Ruto, sur X. Une première en athlétisme… mais pas seulement ! Le Kenya a déjà accueilli les mondiaux de cross en 2007 et les championnats du monde U18 en 2017, U20 en 2021. Le continent a, lui, déjà accueilli les championnats du monde de cross-country en 2017 en Ouganda, les championnats du monde de cyclisme sur route en septembre dernier, à Kigali, capitale du Rwanda. Mais aussi la Coupe du monde de rugby en 1995 en Afrique du Sud, sans oublier le Mondial de football en 2010. Entre autres.
« Avec cette décision du Conseil aujourd’hui, nous continuons à remplir notre mission de développer l’athlétisme dans le monde entier en organisant nos Championnats du Monde d’athlétisme en Asie, en Afrique et en Europe lors de ses trois prochaines éditions », s’est félicité Sebastian Coe. Alors, cette première représente une avancée majeure pour le continent… et plus encore. « Cette victoire n’est pas seulement celle du Kenya, c’est une opportunité pour l’Afrique entière de démontrer sa capacité, son talent, son hospitalité et sa passion pour l’athlétisme au plus haut niveau », souligne Jackson Tuwei, président de la Fédération kényane d’athlétisme.
« Nairobi a démontré de manière éclatante que le moment était venu d’insuffler un nouvel élan au développement de notre sport au Kenya et à travers l’Afrique, avec la promesse d’un héritage fort, capable d’inspirer tout un continent », dixit Sebastian Coe. Une compétition qui marque peut-être le début d’une longue série ?





























