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RH & FoRMATion Carrières & Talents - Formation continue, business schools et PME
Analyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
Rapprochement de bon aloi
F oselev se définit comme un «as- semblier» de ser- vices en direction de l’in- dustrie (les prestations proposées vont de la maintenance industrielle à la logistique, du net- toyage à la tuyauterie... ). 20 à 30 recrutements d’ingénieurs sont en cours dans cette entre- prise de 45 ans d’expé- rience, forte de 1800 sa- lariés. Les signaux sont au vert. De quoi réjouir Bruno Cagnol qui la pi- lote. L’un des nouveaux leviers de croissance ? La formation des colla- borateurs. « Il y a très peu de temps encore, nous avions des cadres, commente-t-il. Ils fai- saient l’affaire. Nous ne les bougions pas. Nous n’étions pas clients de formation. Mais avec des maîtres d’ouvrage de plus en plus pointus, la seule résolution du pro- blème technique ne suffit plus. Nous ne pouvons plus négliger les aspects juridiques, financiers... Un défaut de formation peut plomber le déve- loppement de l’entre- prise. » La prise de conscience de Foselev date de la fin des années
Jusqu’il y a très récemment, PME et business schools se côtoyaient peu, voire pas. Mais la formation continue permet de tisser des liens. Les lignes bougent.
ment rien en place en matière de formation continue. Globalement, sur le segment des 10 à 49 salariés, 60% des pe- tites entreprises ne s’en- gageaient pas ou très peu. C’est ce qui ressort d’une enquête publiée en 2013 – avec des chiffres de 2010 – par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Ce- req). Cours et stages ne leur convenaient pas, les PME leur préférant de loin les formations en si- tuation de travail, rota- tions de postes ou bien encore l’autoformation. « Le scepticisme était souvent de mise par rap- port à la valeur ajoutée de l’académique », constate Jérôme Coutu- rier, directeur général ad- joint de l’Executive Edu- cation pour néoma Bu- siness School. Trop chère ! Trop théorique... une grande école, ce n’est pas pour elles. Le discours est récurrent. « Ce marché, c’est l’en- fer, commente Jérôme Tessier, P-Dg de Legis- way, entreprise de 44 sa- lariés spécialisée dans la gestion de contrats. Dif-
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Juin 2016
Business schools et PME, une relation avec plus de points de contact...
2000. L’institut d’admi- nistration des entreprises (iAE) d’Aix – la busi- ness school universitaire – a accueilli l’un de ses cadres pour suivre un
Master of Business Ad- ministration (MBA). 100 autres vont profiter d’un programme sur-mesure, toujours à Aix. Ce té- moignage est symptoma-
tique d’un virage opéré par nombre d’entreprises à cette période ; des pe- tites et moyennes (PME) ou de taille intermédiaire (ETi).
UN RETARD À
COMBLER
Retour en arrière. En
2010, une entreprise sur
trois de moins de 20 sa- ficile de s’y repérer. lariés ne mettait absolu- Aussi, la cohésion de

