Page 96 - EcoRéseau n°26
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n°26
Art DE vivrE & PAtrimoiNE Baromètre Finance & Investissements
éthique & Finance
par
La loi Pinel est entrée en vigueur à l’automne 2014. Ce dispositif fiscal qui est venu remplacer la loi Duflot donne notamment la possibilité de louer son bien à ses descendants ou ascendants. il permet par ailleurs davantage de souplesse dans la durée de mise en location (6, 9 ou 12 ans contre 9 ans seulement avec la loi Duflot). La réduction d’impôt peut aussi atteindre jusqu’à 21% en Pinel contre 12% uniquement en Duflot. Selon une étude du site Empruntis, la loi Pinel a généré un regain
uLES BONS PLANS DU MOIS
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulier
Pinel : un an après, quel bilan ?
immédiat d’intentions d’achat dans le neuf dès son entrée en vigueur. Dès le mois de septembre 2014, celles-ci ont augmenté de 9%. La hausse s’est poursuivie en octobre avec une croissance de 9%. Entre janvier et septembre 2015, les projets d’investissements locatifs dans le neuf ont été multipliés par deux par rapport à l’année précédente. Autre impact de la loi Pinel : les investissements sont plus élevés. Les particuliers ont misé 188889 euros en moyenne en 2015 contre 175766 euros en 2014, soit une augmentation de 7%.
Arthur Cohen
Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées
Ludovic Greiling, ancien collaborateur du Revenu, qui travaille pour différents journaux dont EcoRéseau, auteur de l’essai « Monnaie et Pouvoir » (éd. Apopsix, 2015)
u secteur financier
aE
« L’émission de monnaie n’est pas neutre »
Crowdfunding : en attente d’une stabilisation des pratiques
Quel but poursuivez-vous en sortant un tel livre ?
D’où vient l’argent que nous utilisons tous les jours ? Qui sert-il en premier ? La monnaie ne tombe pas du ciel. Elle est émise par des personnes ou des institutions. Elle est donc gérée de manière partiale et souvent régentée dans l’intérêt de ses émetteurs. Nous utilisons de la monnaie quotidien- nement sans nous soucier de sa valeur ni de sa provenance. Je voulais comprendre son origine. L’argent est à la base de tout. Il permet d’acheter des biens et des entreprises, d’ac- quérir des terres, faire la guerre, rémunérer une police, dis- tribuer ou non des allocations... L’histoire monétaire et celle du pouvoir sont liées de manière indissociable. J’ai été frappé durant la crise de 2008 par la méconnaissance de nombre de médias sur les banques centrales. Il fallait creuser le sujet.
Pourquoi revenir si souvent sur la notion de dette ?
La monnaie et la dette sont aujourd’hui inséparables, car la monnaie-marchandise (or, sel...) a été interdite. Les euros, les dollars, les francs, sont créés par le système bancaire. Les économistes de banques que j’ai rencontrés espèrent tous une relance de la dette. Etonnant, alors qu’on parle d’un
fléau dont il faudrait nous défaire. Si le
secteur bancaire a atteint dans certains
pays développés 10% du PIB et 25%
des indices boursiers, c’est parce qu’il a
contrôlé la dette et ses juteux taux d’in-
térêts. C’est sa mission, et c’est ainsi
qu’il s’enrichit. La banque centrale, vé-
ritable patron qui définit les taux, ne
prête plus directement aux Etats ; elle
prête aux banques commerciales, qui reçoivent l’argent, les- quelles prêtent à leur tour aux grosses entités en achetant leurs obligations. Le circuit de l’argent est balisé, ne profite pas à tout le monde au même moment, va dans les mains d’agents, puis dans d’autres qui n’en touchent que des miettes. Les conséquences de ce fonctionnement : une ex- trême concentration dans le privé, une entreprise recevant d’autant plus facilement des prêts qu’elle possède déjà beaucoup d’actifs, et un grossissement exponentiel de l’Etat car la dette multiplie ses capacités financières. A noter que cette dette est gagée par des impôts de plus en plus impor- tants.
Propos recueillis par JT
ntré en vigueur en octobre 2014, le nouveau cadre ré- glementaire sur le financement participatif a permis aux entreprises françaises de collecter 400 m€ en ca-
pital, prêt, ou don. Le secteur connaît une croissance expo- nentielle et séduit par sa facilité d’utilisation, son immédiateté, ses rendements, comme le rappelle Sébastien Astre (directeur d’investissement de Lendix, leader en France du prêt participatif aux entreprises) : « De nom- breuses entreprises ont recours à nos services car notre offre constitue une alternative efficace au crédit bancaire. Nous apportons une grande attention à l’analyse crédit pour sécuriser les opérations, garantissons les montants re- cherchés par les emprunteurs et travaillons en toute trans- parence dans des délais très brefs, de l’ordre d’une quinzaine de jours ».
Pourtant, après une année d’expérience, les pratiques du marché ne sont pas encore stabilisées, principalement pour le crowdequity, et certains acteurs inquiètent les régulateurs qui appellent « à la plus grande vigilance » (communiqué de l’AmF d’avril 2015) : les offres « proposées par l’inter- médiaire de sites se revendiquant de la finance participa- tive » s’avèrent parfois très risquées et sont « susceptibles d’être illégales et de nature à donner lieu à annulation ». Une source de l’ACPr souhaitant rester anonyme suren- chérit : « C’est le Far West ! Certaines plateformes ont des pratiques commerciales qui nous alertent ».
LA SPÉCULATION DU MOIS
Dans ce contexte où quelques «canards boiteux» risquent de jeter le discrédit sur toutes les plateformes, la Secrétaire d’état chargée du Numérique, Axelle Lemaire, a souhaité parrainer l’étude de Céline mahinc (conseillère en gestion de patrimoine, administratrice de l’ANACoFi immo) et Chloé magnier (économiste), qui sera rendue publique le 15 décembre prochain. Céline mahinc explique : « Notre objectif est simple mais ambitieux : à partir d’un panorama complet du crowdfunding immobilier et d’une analyse des réglementations en vigueur, nous proposons un «guide des bonnes pratiques» pour aider le législateur à mieux enca- drer la protection des investisseurs, et les plateformes à mieux se développer en harmonie avec l’ensemble des par- ties prenantes ».
Nouvelle flambée autour du Bitcoin
Autant dire que cette première étude de référence est très attendue par tous les acteurs du secteur. Ainsi, concernant le crowdlending, Sébastien Astre se dit favorable à toute professionnalisation de l’écosystème : « L’avenir des pla- teformes de prêt passe par la qualité et la fiabilité de nos services. Nous sommes convaincus que nos nouveaux mé- tiers doivent être structurés en amont par une démarche professionnelle et déontologique : il en va de la crédibilité de tout le secteur. Nous sommes d’ailleurs les premiers en Europe continentale à mettre en libre accès l’intégralité de notre portefeuille. La transparence doit être la norme. » Comme souvent lors de l’émergence d’un nouveau marché, l’éthique doit être première et servir de point d’appui à la professionnalisation.
Août Sept Oct Nov
La monnaie virtuelle a bondi de 25% en une journée mercredi, revenant à son niveau de l'été 2014. Depuis août, elle a enregistré une pro- gression de 150%, à plus de 500 dollars. Une envolée qui s'explique notamment par la demande chinoise. Selon le Financial Times, cependant, une fraude de Ponzi pourrait être à l'origine de cette flambée.
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DéCEmbrE / JANviEr

