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n°23
ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
Expo
n Exposition d’Abelardo
Artiste d’origine espagnol, Abelardo Espejo Tramblin, dit : « Abelardo » est établi entre Paris et l’Espagne. Ingénieur industriel de profession, Abelardo se tourne vers la sculpture à la fin des années 1970. D’envergure international, son travail fût récompensé à nombreuses reprises :médaille de la Ville de Huesca, médaille de la Ville de Calahorra, le prix Jacinto Higueras, le prix Hidalgo de Cabiedes...) et notamment pour sa contribution à l’exposition universelle de Séville en 1992, présentant sa monumentale « Abstraction » en fer peint rouge. Nommé par la commission européenne, il réalisa « la nouvelle Europe » pour le CEE de Bruxelles. Puis, en 1993, son oeuvre « liberté » intégra la collection privée de l’UNESCO, en tant que symbole de la rencontre internationale et de la paix dis- tribué entre autres à Yasser Arafat et Shimon Pérès. Il honorera aussi de nom- breuses commandes du gouvernement espagnol pour des projets à grande échelle dans les domaine des infrastructures et de l'architecture urbaine, tel que le célèbre « Pont des cultures », à Zaragoza, en Espagne, sous le haut patronage de l’UNESCO, en 2008.
Son style ? Une vision esthétique moderne émancipant la matière au travers de lignes épurées et élégantes utilisant divers matériaux : bronze, acier, fer et bois. Des courbes sensuelles, révélant l’essence d’une poésie sans mot. Son chemine- ment artistique le plonge également dans le berceau fertile des racines du monde : l’Afrique. Cet hommage donna naissance à toute une série de masques africains en bois, en acier ou encore en bronze massif. Une rétrospective de son travail sera programmée pour l’année 2016 à l’Institut d’Art Moderne de Valence (IVAM) en Espagne. Certaines de ces œuvres ont également été offertes à la collection du futur musée d’art contemporain de Jérusalem au côté d’œuvres des Doisneau, Erro, Lazar, Fromenger, Brusse et bien d’autres. Cette collection fera au préalable l’objet d’une exposition au siège de l’UNESCO à Paris, fin 2015, avant de s’envoler pour la Palestine.
Musique
n Homeland, Hindi Zahra
Cinq années après le succès de son premier album, « Homemade », récom- pensé aux Victoires de la musique et couronné par le prix Constantin, et après trois ans de tournées et 400 concerts, Hindi Zahra nous revient avec un nou- vel album « Homeland ». Terre natale, patrie. Tout commence là, et tout vient de là. Hindi Zahra signe ici un retour aux sources, avec la volonté de « revenir à l’essentiel de ce qu’est la musique ». L’artiste s’est replongée au cœur de ses ra-
cines, au sein de son riad à Marrakech pour trouver le silence et peindre les préludes itiné- rantes d’une « any story ». Ses pérégrinations musicales soulèvent les voiles sibyllins de l’âme gonflée par le vent léger et lointain d’une poé- sie ancestrale et puissante. L’album commence dans les montagnes berbères avec « to the forces » et les guitares électriques du touareg Bombino, pour finir la tête dans les étoiles et admirer « the moon is full ». L’expédition est sen- sorielle, dans un univers parfois teinté de psy- chédélisme. La danse est transcendantale, une
hypnose musicale et corporelle. Les percussions fougueuses du musicien bré- silien Zé Luis Nascimento nous amènent à faire escale dans l’archipel de « Cabo Verde », en passant par les guitares gipsy-flamenco de Juan Fernandez « el Panki » ou encore avec la collaboration du grand percussionniste maro- cain, Rani Khrija, dans des airs de musiques chabbi, gnawa, cubaines, in- diennes et iraniennes. Anglais, berbère, arabe, le jeu de langues se joue avec aisance. Et sur cette nouvelle route musicale la prêtresse se frotte au français le temps d’une poésie d’ « un jour ». Un subtil métissage, suave, riche et bigarré composé entre Marrakech, Cordoue et Paris. Le ton est donné et la démarche dessine les contours d’une maison humaniste, nomade, bohème, librement portée par l’intuition de l’instant, pour un vibrant rendez-vous sur le divan du monde !
Disponibilité : Fnac : 18,99 euros/ Price Minister : 16,54 euros/ Ama- zon : 13,99 euros.
Livres
n L’aménagement du territoire (Aurélien Bellanger, Gallimard, 2014) Dans un village de Mayenne oublié par l'histoire, un château se délabre
au bord d'une rivière. Les travaux d'une ligne à grande vitesse vont pour-
tant réveiller beaucoup de choses. Le village devient alors le théâtre
d'une lutte acharnée entre les opposants au projet et ses promoteurs.
Chacun va tenter d’influencer les évènements en sa faveur. D'autres en-
trevoient, derrière le passage du train, des enjeux plus complexes. Un
capitaine d'industrie croit discerner les frontières de son futur empire.
Un préfet retraité est admis dans une société secrète. Un activiste soli-
taire rêve d'un événement qui relancerait l'histoire. Un vieil aristocrate
défend d'étranges théories. Un archéologue est confronté à la plus
grande découverte de sa carrière. Les intérêts, les complots, les temps
s'entremêlent et menacent de se neutraliser. Bientôt, le TGV viendra
sceller cette lutte entre plusieurs France. Le jeune écrivain de 35 ans, ancien étudiant en phi- losophie, réédite l’exploit de mettre en perspective les grands enjeux de notre société contem- poraine au travers d’une histoire, après son roman balzacien « La Théorie de l’information » dont le héros était inspiré de Xavier Niel. Le prix de Flore 2014 a récompensé celui qui a réussi à aborder les thèmes de la spéculation immobilière, des transports, de l’histoire des territoires et de leurs limites tout en tenant en haleine le lecteur.
n La Perle et la coquille (de Nadia Hashimi, éd. Milady, 2015)
Afghanistan, 2007. Rahima et ses sœurs ne peuvent plus aller à l’école, me- nacées par le comportement de garçons. Les Talibans font la loi dans les rues de Kaboul. C’est l’honneur de la famille qui est en jeu, alors que la jeune fille vit sans frère avec un père toxicomane. Conseillée par une vieille tante, Rahima se transforme en Rahim, une bacha posh, c'est-à-dire une fille tra- vestie en garçon et considérée comme tel afin de protéger ses sœurs harce- lées, jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Une nouvelle liberté s’offre à elle. Une histoire passionnante et instructive sur la condition féminine dans un pays qui la met à mal, bien ciselée et rédigée, qui laissera des traces
dans les mémoires.
n Eloge de la gentillesse en entreprise (d’Emmanuel Jaffelin, éd. First, 2015)
Non, ce livre écrit par un philosophe n’est pas incantatoire ou naïf...
On apprend que la gentillesse n’est pas forcément une faiblesse, qu’elle
peut grandir et épanouir ceux qui la pratiquent. Elle serait même dé- terminante dans l’univers de l’entreprise que l’on présente souvent comme une jungle où la moindre erreur revient à se faire dévorer par
le collègue aux aguets. Celui qui développe une empathie indépen- damment des fonctions de chacun, dans des relations informelles, qui
rend volontiers service à celui qui le demande, dans un tissu social spontané, s’anoblit en s’effaçant un peu lui-même. Comme lorsqu’on
tient la porte à quelqu’un qui a besoin d’aide, ou que l’on guide un aveugle dans la rue. Une conception positive et porteuse de sens, qui
va repousser dans leurs derniers retranchements les cyniques de tous poils.
Film
des gens, ni même vos principes. Le surmoi social n'existe plus. Seul compte le défoulement de tout ce que aviez enfoui pendant trop longtemps. Bien... Maintenant multipliez par six et vous aurez un aperçu du film. A voir et revoir d'autant que les premiers dimanches maus- sades s'annoncent.
Les nouveaux sauvages, réalisé par Damiàn Szifron (2015)
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SEPTEMBRE 2015
n Les nouveaux sauvages
Actuellement diffusé dans les salles obscures de France et de Navarre, « Les nouveaux sauvages » déroute. A la croisée du thriller, de la say- nète et de la tragi-comédie, le film détonne par son humour grinçant. L'idée ? Réaliser six morceaux de vie dans des conditions on ne peut plus normal qui vont rapidement partir en grand n'importe quoi. Jouissif. Les craquages, sorte de folies extravagantes, viennent ici tourner en ridicule le destin des protagonistes qui baculent en un clin d'oeil. Songez à toutes les fois où vous aviez envie de coller votre point dans la figure d'un inconnu qui vous avez agacé. Imaginez-vous le faire en vrai. Pensez ensuite que rien ne vous arrêtera. Ni le regard


































































































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