Page 75 - EcoRéseau n°23
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n°23
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L’Air du temps - J’irai dormir chez vous ART DE VIVRE & PATRIMOINE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations
Evasion hertzienne
Avec sa bonhomie et deux (petites) caméras, Antoine de Maximy quadrille les routes du monde avec une seule obsession : dormir chez nous. Une aventure qui cartonne !
ntoine de Maximy le Cap-Vert, l’Italie, etc. A groupe de locaux armés de part à plusieurs expéditions du Dauphiné. Une vie donc rencontres », résume l’aven- ou l’infatigable rou- chaque fois, Antoine de machettes... Des expériences à bord du « radeau des de journaliste « freelance ». turier. Un concept qui fait tard du PAF. A 56 Maximy pousse les portes des « pas très cool », mais qui cimes ». Un projet, né au recette : JCDV peut en effet
ans, celui qui dort à l’œil particuliers pour manger puis restent des exceptions dans milieu des années 80, d’ob- PRODUIT PAR attirer, à chaque diffusion,
aux quatre coins du monde
dormir, afin de mieux connaî- tre leurs modes de vie et tra- ditions. Exercice savoureux à regarder à l’écran, mais aussi délicat parfois sur le ter- rain. « Le voyage réserve tou- jours des surprises, il faut être vigilant », poursuit celui qui a – lors du 20e épisode de la série en Bolivie – failli être embarqué par une incon- nue qui se faisait passer pour
le parcours « monde » de ce baroudeur, qui affiche au compteur plus d’une cinquan- taine de pays. « Si l’on compte mes aventures JCDV que j’ai commencées en 2003 et toutes celles d’avant bien sûr... », résume-t-il.
servations scientifiques me- nées à bord d’un dirigeable qui se pose sur la cime des arbres d’Amazonie. « J’ai participé ainsi à quatre ex- péditions sur ce « radeau », des expériences inoublia- bles », reconnait l’intéressé, lequel – plus jeune encore – avait effectué trois ans de service cinématographique des armées en tant qu’ingé-
BONNE PIOCHE
près d’un million de télé- spectateurs et s’est imposé comme l’un des programmes phares de la maison France
ne tient décidément pas en
« J’irai dormir chez vous »
place. Tout juste l’interview
naitra sur ce terreau d’expé- riences. Un concept né « d’un feeling, pas
plus »,
pour les besoins de ce portrait
achevée, ce globe-trotter-hé-
5. Antoine de Maximy s’est même récemment lancé dans le concept d’un JCDV en direct et interactif à Arras. Bilan mitigé pour cette première : 680000 téléspec- tateurs et « peu de spontanéité car mon visage est trop connu en France. Mais c’est bien aussi de tenter
ros et auteur de la série do-
note,
cumentaire de 52 minutes
« J’irai dormir chez
1 vous » (JDCV, pour les fans) ,
SUR LES « CIMES » D’AMAZONIE
Car Antoine de Maximy –
embarquait pour... le Kir- ghizistan. Deux semaines de tournage, « toujours en solo », insiste-t-il, à sillonner cette ancienne république so- viétique, armé de deux mi- nuscules caméras. Un œil- leton d’épaule qui filme et capte tout ce que voit l’inté- ressé et un autre, vissé sur un bras métallique et braqué sur le visage de ce globe- trotter qui signe avec cette nouvelle épopée kirghize son 47e épisode de JDCV. Pour- quoi ce pays d’Asie centrale, peuplé de 5 millions d’habi- tants ? « Tout simplement parce que je n’y suis jamais allé », sourit-il. Un coup de tête donc. Ou plutôt, l’envie – librement inspirée – de dé- couvrir de nouveaux hori- zons, lui qui a sillonné tant de contrées.
MENACÉ DE REPRÉ- SAILLES EN BOLIVIE Avec toujours le même défi : celui de s’inviter à dormir chez les autres, défi qu’il arrive à relever presque sys- tématiquement. Qu’il soit au Japon, en Ethiopie ou à Cuba, il trouve les codes et clés de communication pour convain- cre. Aucun pays ne résiste à Antoine de Maximy. Sauf peut-être les destinations « in- terdites », comme la Corée du Nord. Il n’y a en tout cas « aucun épisode raté », re- lève-t-il. « A partir du moment où il y a des rencontres, des échanges... » Et de se remé- morer aussi bien le Cambodge (« où j’ai communiqué en musique sur place. Superbe souvenir ») que la Mongolie,
« S’ils ne veulent pas m’héberger pour la nuit, je suis mal... »
la police. Celle-ci sera fina- lement arrêtée mais le sur- lendemain, menacé de repré- sailles, Antoine de Maximy est obligé de quitter en urgence
aujourd’hui sans doute le squatteur le plus célèbre de France – est un baroudeur du siècle dernier. De la trempe d’un Nicolas Hulot
nieur du son. Il sera ensuite journaliste de guerre au Li- ban pour le compte des ar- mées puis participera à plu- sieurs documentaires ani-
le baroudeur et qui sera pro- duit dès ses débuts par la société parisienne Bonne Pioche (qui produit aussi le programme « Nus et Culot-
ce genre de choses, de faire évoluer la série ». Prochaines étapes ? D’autres épisodes (où ? Il n’en dira pas plus...) et des envies de fiction. « J’ai achevé un synopsis, il me reste à écrire le scénario et à trouver un producteur, mais cela progresse. » Le pitch de ce film en gestation ? « Il s’agit de ma propre mort et de l’enquête que mène la monteuse de ma série JCDV pour trouver les raisons de ce décès. » Un thriller façon Antoine de Maximy... As-
Qu’il soit au Japon, en Ethiopie ou à Cuba, il trouve les codes et clés de communication pour convaincre
le pays pour le Pérou voisin. (en moins cathodique), sorte maliers et scientifiques et tés » animé par Nans et « Il y a eu aussi quelques de voyageur-journaliste sen- collaborera aussi à Thalassa. Mouts, interrogés dans Eco- mauvaises rencontres, notam- sibilisé très tôt à la nature et Une plongée dans le monde Réseau 22). « Bonne Pioche ment dans un quartier sordide aux grandes questions du des images, mais aussi celui produit et habille le pro- de la Nouvelle-Orléans », se monde. De Maximy, alors « de l’observation et du gramme. Ils m’ont toujours souvient-il. Au Vanuatu, pen- la vingtaine, coupe au bol voyage qui aura duré près suivi, ils ont su apporter de dant la première saison de et sans le Bac (« Je n’ai que de 15 ans », soulève ce la fantaisie au programme. JDCV, il se fera également le BEPC », plaisante-t-il au- Lyonnais d’origine, descen- Moi, je fais tout le reste : chasser de l’île de Vao par un jourd’hui), prend en effet dant d’une famille anoblie c’est-à-dire le voyage et les
surément décalé.
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(1) Diffusée en France depuis 2004, d’abord sur la chaine Voyage, Canal + et aujourd’hui sur France 5.
SEPTEMBRE 2015
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Pierre Tiessen


































































































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