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Patrimoine - Banques de réseaux et banques en ligne ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Focus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutions
Le coin des analystes
Bataille digitale
u Actions : BNPP IP reste neutre Dans une note d’analyse, BNP Paribas Investment Partners dit rester « serein » vis-à-vis de sa position neutre sur les actions. Selon BNPP IP, les marchés ont intégré le rebond de la croissance aux USA et en Europe, tandis que les nouvelles en provenance de nombreux pays émergents n’ont pas été favorables. « Les facteurs de soutien, tels que la politique monétaire et la liquidité, ne sont pas suffisants pour justifier une surpondération, mais nous continuons de surpondérer l’Asie émergente par rapport à l’indice élargi des marchés émergents », écrit l’asset manager. Il estime par ailleurs que la croissance et l’inflation seront inférieures aux prévisions de la Banque du Japon cette année, mais doute également d’une prochaine accélération du programme d’assouplissement quantitatif de la banque centrale. BNPP IP se dit plus optimiste quant aux perspectives de croissance de la zone euro... même si les négociations entre la Grèce et ses créanciers constituent un risque pour les actifs risqués européens.
uMarchés émergents : l’UBP confiant dans les obligations « investment grade »
L’environnement actuel, avec des taux extrêmement bas, voire négatifs, rend la recherche du rendement de plus en plus difficile pour les investisseurs qui veulent un risque modéré. Partant de ce postulat, l’Union Bancaire Privée (UBP) se tourne vers la dette corporate en devise externe des marchés émergents. Celle-ci peut offrir des performances attractives, à condition pour les investisseurs de privilégier une approche active, selon l’UBP. « Notre préférence va aux obligations corporate « investment-grade » qui offrent un potentiel de rendement attractif en comparaison de leurs homologues des marchés développés de notation similaire », écrit la banque privée dans une note. Celle- ci souligne que ces obligations affichent en moyenne un rendement supérieur avec une sensibilité aux taux d’intérêt inférieure, ainsi que de solides avantages en termes de diversification – grâce notamment à leur moindre corrélation avec les autres classes d’actifs. Autre atout : la dette corporate « investment grade » des marchés émergents recèle de grandes sociétés exportatrices, pour qui la hausse du dollar américain a eu peu d’incidence sur leur capacité à servir leur dette. « Selon nous, la classe d’actifs présente encore un potentiel de progression. Les valorisations des obligations d’entreprises émergentes restent attractives par rapport à celles des émissions américaines et européennes, avec des niveaux similaires en termes de risque de crédit et de duration », conclut l’UBP.
uActions : Cholet Dupont com- mence à voir des opportuni- tés d’achat
Euro faible, pétrole durablement moins cher, taux longs peu attractifs... Cette conjonction de facteurs ramène vers les actions, selon une note de Cholet Dupont. Le gestionnaire d’actifs a d’ailleurs relevé le potentiel de hausse des indices actions pour la fin d’année de 1 à 2%, ce qui donne un potentiel de hausse de 7 à 8% en Europe et de 5% aux Etats-Unis. Cholet Dupont fait toutefois preuve de prudence sur les actions européennes : il a abaissé sa position sur celles-ci à Neutre en raison des incertitudes sur la Grèce, l’Angleterre, la parité euro/dollar ou encore le pétrole. « Mais les niveaux actuels des indices et le potentiel à moyen terme nous incitent à recommander d’initier des achats d’actions », écrit Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement. Sur le marché des devises, Cholet Dupont estime qu’un rebond de l’euro pourrait se poursuivre en direction des 1,15 €/$. « Ce sursaut de l’euro devrait être temporaire et nous gardons un avis positif sur le dollar à moyen terme », ajoute Vincent Guenzi. Enfin, le gestionnaire adopte une position plus réservée sur les produits de taux, et conseille de les sous-pondérer à court terme. Il privilégie toujours les emprunts d’Etats d’Europe du Sud, les obligations privées du secteur bancaire et les titres à haut rendement au détriment des obligations souveraines ou privées mieux notées.
A
A l’heure d’internet et du smartphone, les banques de réseaux se lancent dans la mêlée engagée par les banques en ligne.
près la consultation des e-mails et de l’actualité, celle du compte ban-
Selon Bain, ces deux critères sont respectivement cités par 29% et 33% des clients lorsqu’ils évo- quent les raisons pour lesquelles ils ont quitté leur ancienne banque. la gamme des produits proposés
dépassent le cadre de nos fron- tières avec 1,7 millions de clients à horizon 2017 en Allemagne, Belgique, France et Italie. Le marché n’est toutefois pas ouvert aux nouveaux entrants pure
de -11% en 2014 contre -15% en 2013. elles réduisent un peu l’écart qui les sépare des banques en ligne, les plus plébiscitées avec un NPS global de 52%. Au-delà des opérations classiques réalisées en agence, les outils numériques se révèlent donc des atouts de poids pour les établissements en quête de popularité. dans ce contexte, tous les établissements s’emploient à mettre davantage en cohérence leurs stratégies di- gitales avec l’activité de leurs ré- seaux d’agences. Ainsi, dans les nouvelles agences du CréditAgri- cole, les clients trouvent désormais des tablettes en libre-service. l’ob- jectif ? « Intégrer l’agence bancaire dans le parcours client digital, qui constitue désormais le pivot de la relation bancaire, et diffuser la culture numérique auprès des conseillers en agence », indique un expert du secteur.
caire arrive à la troisième place des actions effectuées le matin sur tablette ou téléphone, selon un sondage opinionWay pour Société Générale paru en mai dernier. C’est en ligne que plus de huit personnes sur dix consul- tent principalement leur compte en banque, et 14% d’entre eux utilisent pour cela un smartphone ou une tablette, selon ce sondage mené en avril auprès de 1051 personnes. Pour Frédéric Micheau, directeur des études chez opi- nionWay, « on dépasse largement la catégorie geek, d’autant que ceux qui le font le plus sont les seniors [50 ans et +] ». lors d’une conférence de presse Ber- nardo Sanchez incera, directeur général délégué en charge de la banque de détail chez Société Générale, a annoncé que « dés- ormais, près de 90% des inter- actions entre la banque et ses clients se font via Internet ». S’il est convaincu que la relation ban- caire restera « omnicanale » (via l’agence et les canaux digitaux), il estime que « le sens de l’im- médiat est devenu un impératif ». la Société Générale a lancé une nouvelle version de son applica- tion, qui propose de réaliser da- vantage d’opérations, le but étant de « mettre une agence bancaire dans la main de nos clients », selon la banque.
Faire toutes ses opérations de paiement à distance est fina- lement aussi douloureux...
est aussi un critère important (14%), bien plus que l’image de la marque, citée par seulement 2% des sondés. Côté prix, c’est essentiellement le niveau des frais liés à l’utilisation de la banque au quotidien qui est pris en compte dans le choix du nouvel établis- sement (44 %). Malgré ces dé- parts, les banques ne font géné- ralement pas d’efforts pour retenir leurs clients, constate Bain. dans 59% des cas, ces derniers aver- tissent leur établissement de leur volonté de partir chez la concur- rence, mais ce dernier ne leur propose pas d’offre évoluée. Seuls 8% font des contrepropositions. Fort de ce constat, les banques en ligne ne cachent pas leurs am- bitions de conquête et elles bé- néficient d’une forte satisfaction chez leurs clients. de beaux succès en perspective ? « Les clients de banque 2.0 sont au- jourd’hui dans une posture d’early adopters et sont ainsi portés par un « effet nouveauté », indique olivier Schmitt, directeur associé de Solucom. « Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui les banques en ligne appartiennent pour une large majorité à des banques traditionnelles et ac- compagnent la stratégie digitale de celles-ci », rappelle Jean-Fran- çois Faure, P-dg deAucoffre.com. « Avec Hello Bank, la BNP Pa- ribas a de fortes ambitions, qui
LES BANQUES EN LIGNE PLÉBISCITÉES
le défi semble de taille, alors que deux millions de Français ont changé de banque l’an dernier pour le plus grand profit des banques en ligne, a révélé en mai dernier une étude de Bain & Company. Sur les trois dernières années, Fortuneo, Hello Bank, iNG direct, Boursorama et consorts ont gagné 6% de clients par an en moyenne, plus que les 1,1% de clients gagnés par les banques mutualistes et la Banque Postale et à l’opposé des pertes enregistrées par les banques com- merciales (-1,6%). les banques en ligne profitent de la compéti- tivité de leurs prix et de la sim- plicité affichée de leurs services.
LA CONTRE-
ATTAQUE DES BANQUES DE RÉSEAU
en effet, la banque en ligne se démarque par une relation client totalement digitale. « Si les offres low cost ont rapidement attiré une clientèle avisée, la banque en ligne peine à démocratiser son utilisation en France, notam- ment car les clients ont encore besoin de leur agence bancaire pour certaines opérations (retrait d’espèces, dépôt de chèque, crédit immobilier...) et d’un conseil per- sonnel », observe Jean-François Faure. d’autant que face à la montée en puissance du digital, les banques classiques réagissent à l’image de la nouvelle application de la Société Générale. et ça marche. en France, l’essor des usages des applications bancaires sur tablette ou sur smartphone a permis aux banques de réseaux d’améliorer leur taux de recom- mandation, ou Net Promoter Score (NPS), selon la métrique de Bain & Company. elles affichaient ainsi un taux de recommandation
depuis deux ans, la banque à distance attire de nouveaux ac- teurs. en 2014, Axa a lancé Soon avec trois start-up. un concept low-cost sur mobile plutôt destiné aux jeunes qui permet de connaître son solde en temps réel. Plus éli- tiste, aucoffre.com propose en partenariat avec Mastercard le Service VeraCarte Premium. Cette carte permet d’acheter de l’or, de l’argent et du diamant 100% phy- siques. le stockage de tous vos actifs physiques est illimité et of- fert. Vous pouvez revendre vos actifs directement par téléphone ou automatiquement via cette carte qui s’utilise comme une carte de paiement classique. elle permet des achats en magasin ou sur internet, retrait en distri- buteur... Vous pouvez utiliser votre or quand vous le désirez, où vous le souhaitez ! « La Ve- raCarte conquiert des personnes
players. Les banques en ligne ont remporté la bataille des prix, mais un nouveau défi s’offre à elles : développer la dimension de conseil afin de ne plus être seulement une deuxième banque ou une banque de passage », poursuit olivier Schmitt.
UN COMPTE EN OR
qui ve.
euros de leur banque pour payer leurs dépenses. L’or se remonétise, non pas du fait de la volonté des Etats, mais du désir des citoyens de prendre leurs distances vis-à- vis de monnaies dans lesquelles ils ont de moins en moins confiance », conclut Jean-François Faure.
ulent une alternative aux
Pierre-Jean Lepagnot
Juillet - Août 2015
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