Page 86 - EcoRéseau n°22
P. 86
www.ecoreseau.fr
n°22
ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Baromètre Finance & Investissements
Éthique & Finance
uLES BONS PLANS DU MOIS
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulier
par
Terres agricoles, vignes... Mettez votre argent au vert !
Selon les chiffres de la FNSafer, organisme regroupant les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, le prix des terres agricoles a augmenté de 2,9% en 2014 pour atteindre 5910 euros par hectare en moyenne. de son côté, le prix des vignobles a connu une hausse de 3,6% à 136400 euros l’hectare. le prix des terres louées, quant à lui, a évolué de 4% à 4410 euros par hectare l’an dernier, avec un rendement locatif
du dispositif de droit commun
applicable aux revenus fonciers,
il ne subit pas le plafonnement
global des niches fiscales. Parmi
les frais pris en compte, on
trouve les primes d’assurance,
les charges de copropriété non
imputables au locataire, l’impôt
foncier, les intérêts d’emprunt, les honoraires de gestion ou encore les dépenses de rénovation et d’entretien. Celles-ci sont déductibles si elles ont pour objet de maintenir ou de remettre en état le bien, ou d’apporter un équipement ou un élément de confort supplémentaire. A noter que le montant des travaux pris en compte n’est pas plafonné. Attention : il ne doit pas s’agir de dépenses de construction, de reconstruction ou d’agrandissement – celles-ci ne sont pas prises en compte.
Arthur Cohen
brut moyen de 3,1%. Si ce taux reste relativement faible, il affiche un beau maintien face aux autres produits d’épargne, dont le rendement a dégringolé avec la baisse des taux. Si la grande majorité des acheteurs sont des professionnels, beaucoup de
Président directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
particuliers s’intéressent à ces placements. l’appréciation du prix des terrains et leur caractéristique de valeur « refuge » en font ainsi une cible de choix pour les particuliers aisés. Avec un autre avantage pour ceux qui payent l’impôt sur la fortune : sous réserve du respect de certaines conditions, les titres échappent à l’iSF à hauteur de 75% de leur valeur. le ticket d’entrée peut toutefois être rédhibitoire : selon les experts, il est impossible d’investir efficacement à moins de débourser plusieurs centaines de milliers d’euros. Cependant, des sociétés civiles, qui permettent d’investir collectivement, proposent de profiter de ce placement à des prix plus doux : les Groupements fonciers agricoles (GFA), Groupements fonciers viticoles (GFV) et Groupements forestiers (GF) peuvent proposer des parts à partir de 10000 ou 20000 euros.
Epargne solidaire : donnez du sens à vos placements
Année après année, l’épargne solidaire continue de croître. en 2014, cette catégorie de placements a atteint 6,84 milliards d’euros en France, soit une hausse de 13,6%. une progression soutenue notamment par l’épargne salariale, qui représente plus de 4 milliards d’euros, soit 60% des encours de la finance solidaire. en effet, la loi lMe de 2010 oblige les entreprises à proposer dans leurs offres d’épargne salariale au moins un fonds solidaire. le reste de l’épargne solidaire est souscrit via l’épargne bancaire, avec des livrets ou des assurances-vie. les banques affichaient l’an dernier 2,23 milliards d’euros d’encours d’épargne solidaire dans leurs comptes, soit 12% de plus que l’année précédente. une croissance qui semble s’essouffler, puisque ces encours avaient progressé de 40% l’année précédente. l’argent placé dans ces produits sert à financer des projets à forte utilité sociale et/ou environnementale. Selon les chiffres de l’association Finansol, ce flux de capitaux a permis l’an dernier de créer ou consolider 43000 emplois, de reloger 5000 personnes, ou encore d’approvisionner 15000 nouveaux foyers en énergie renouvelable.
lLe Blockbuster printanier :
« The Street, The Bull
and The Crisis »
e mois dernier, au beau milieu du festival de Cannes, un blockbuster a volé la vedette aux stars de la Croisette en connaissant un retentissement médiatique international : il
s’agissait pourtant d’un « sondage collaboratif » sur les comportements éthiques des financiers, réalisé conjointement par l’université de Notre-dame et un prestigieux cabinet d’avocats new-yorkais. Conçu pour devenir le baromètre de l’éthicité du secteur financier, ce travail, qui a mobilisé plus de 1200 financiers professionnels aux États-unis et en Grande Bretagne, a fait sensation en dénonçant la recrudescence de la corruption et des pratiques illicites : 28% des acteurs interrogés qui gagnent plus de 500000 $ par an affirment « avoir été témoins ou avoir entendu parler de pratiques malhonnêtes au travail » ; 20% des sondés pensent qu’il est nécessaire de « se livrer à des activités illégales ou malhonnêtes afin de réussir », et 25% avouent qu’ils n’hésiteraient pas à commettre un délit d’initié « pour gagner de façon certaine 10 millions de $ s’ils étaient assurés de ne pas être poursuivis en justice ». Si les financiers ne semblent pas avoir une exigence morale très élevée vis-à-vis d’eux-mêmes, ils fustigent cependant la conduite de leurs confrères et collègues, dont ils entretiennent la mauvaise réputation : 47% sont convaincus que « leurs concurrents se sont déjà compromis dans des actes illégaux ou éthiquement ré- préhensibles ».
Immobilier : pensez au déficit foncier
Face à la prolifération des Gordon Gekko et autres Jordan Belfort, les auteurs du sondage, Ann tenbrunsel et Jordan thomas, déplorent que « près de sept ans après la crise [...], une culture d’intégrité n’a pas réussi à s’implanter ». il est surprenant que personne ne se soit interrogé sur leur méthodologie ni leurs pré- supposés. d’abord, le panel représentatif des sondés est exclusivement sélectionné parmi les activités de marché les plus spéculatives : aucun professionnel opérant par exemple en banque de dépôt n’a été consulté. ils se fourvoient donc lorsqu’ils prétendent capter la psychologie du financier. Plus grave encore, leur travail repose sur une conception de l’éthique vieillotte et idéologiquement marquée, la réduisant à une question de « caractère », de qualité morale, de psychologie. depuis Spinoza pourtant, la pensée normative a ouvert un champ de recherche éthique : il ne s’agit pas de savoir si les hommes sont ou non vertueux, mais de savoir comment les inciter à agir de façon éthique, respectueuse et responsable, quels que soient leurs vices et leurs défauts.
Virbac : OPA en vue ?
Se draper dans l’antique toge de la vertu pour dénoncer, comme dans les mauvais péplum, les abus de Wall Street et (surtout paraît- il) de la City est un geste qui ne manque certes pas de panache, mais de consistance. la City ? Urbs ? « du pain et des jeux », condamnait déjà Juvénal ! la vertu, toute romaine qu’elle soit, est souvent l’affaire des tartuffe ou, au mieux des poètes en quête d’idéal qui, comme l’enseignait déjà tocqueville, conçoivent « des êtres fantastiques sortis de leur esprit » et nous font « quelquefois regretter le monde réel ».
260 EUR
240 EUR 220 EUR 200 EUR
180 EUR
160 EUR
140 EUR
120 EUR
Juillet Août
Sept Oct Nov Dec
Jan 15
Fev Mar Avr
Mai Juin
Si la plupart des niches fiscales ont subi ces dernières années de sérieux coups de rabot, il en est une qui résiste encore et toujours... il s’agit du dispositif foncier. lorsque vous louez un bien immobilier, vous percevez des loyers qui sont imposés, après déduction de certaines charges, dans la catégorie des revenus fonciers. on parle de déficit foncier lorsque les charges déductibles sont supérieures au revenu brut foncier dans le courant d’une même année. Comme ce mécanisme provient
LA SPÉCULATION DU MOIS
86
Juillet - Août 2015
Dans une récente interview accordée à Bloomberg, Bayer a de nouveau exprimé son souhait de réaliser une acquisition dans le secteur de la santé animale... Les analystes de Gilbert Dupont remarquent que Bayer est loin d'être la seule big pharma qui ambitionne de se renforcer sur ce segment. Pour lui, Virbac serait une « cible idéale » compte tenu de ses attributs : exposition croissante aux émergents et aux vaccins, possibles synergies compte tenu de son empreinte dans les pays matures, etc. Avec une question qui reste en suspens : la famille détentrice est-elle prête à céder ?

