Page 38 - EcoRéseau n°22
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n°22
CluB eNtRePReNdRe Créer aujourd’hui - Oser la campagne
La création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.
lCes entreprises qui prennent la clef des champs de nombreux citadins rêvent de créer une entreprise à la campagne. un parcours jalonné d’étapes qui ne peuvent être
D'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.
franchies sans l’appui des proches, des pouvoirs publics et des associations.
e bonheur est-il dans LA FAMILLE,
le pré ? une chose UN ACTEUR CLEF
est sûre : depuis « Ne sous-estimez pas le rôle
quelques années, la cam- de l’entourage. Si vous êtes
pagne est devenue un cadre privilégié pour certains créa- teurs d’entreprise souhaitant concilier qualité de vie et activité en solo. C’est le cas de Christel Anglade. Ancienne cadre marketing, elle a décidé de lancer un site de mercerie en ligne, « mapetitemercerie.com ». Sa société basée dans le tarn expédie 350 colis par jour. un succès puisqu’au bout de cinq ans d’existence, son chif- fre d’affaires est de deux mil- lions d’euros pour 20 em- plois. « L’équilibre de vie pour moi est parfait. Vivre, travailler à la campagne et y élever mes enfants, c’est le rêve », expliquait- t-elle récemment au micro de France 2. depuis 15 ans la région toulousaine a ac- cueilli près de 250 start- up. les départements n’hé- sitent pas à aider les entre- prises à se financer, comme dans la Sarthe. « Nous pros- pectons essentiellement en région parisienne, en met- tant en avant les atouts du territoire : la proximité avec l’Île-de-France, la qualité de vie et l’ensemble des in- frastructures », explique Jean-Pierre Fabre de « Sarthe développement », qui a pour mission d’attirer les entreprises.
« C’est marrant, quelque chose me dit que mon projet à la campagne n’a pas été assez préparé... »
en couple, si vous avez des enfants, ce changement ra- dical est un projet de vie qui se vit à plusieurs. Votre en- tourage a aussi son mot à dire ! », complète denis Jac- quet. le confort d’une partie de la famille peut constituer le cauchemar d’un de ses membres. dans tous les cas, le couple, les enfants doivent adhérer à ce nouveau projet de vie. Si la famille se rend fréquemment au cinéma ou pratique différents hobbies, l’installation en pleine cam- pagne risque de changer ses habitudes. l’accès aux éta- blissements scolaires pour les enfants, le choix d’un nouveau domicile et la re- cherche d’un nouvel emploi pour le conjoint (s’il ne par- ticipe pas à l’activité) peuvent être également vécus comme une difficulté. « Un temps de maturation, de réflexion, pour préparer le projet mais aussi «les esprits» est donc indispensable », confirme Gaëlle Rouby.
ans et qu’ils perdent ce « privilège » dès leur entrée dans le capital.
Cela implique également que les em- ployés qui possèdent des actions dans le capital de leur entreprise n’ont pas accès à des réductions ou à des ca- deaux avec les produits qu’ils contri- buent à fabriquer ! Aimer sa boite c’est aussi y contribuer et obtenir des avantages par rapport à notre contri- bution !
par Sophie de Menthon
Présidente d'etHiC Présidente de SdMe Membre du CeSe
eux articles qui accordent la réduction de l’iSF et la ré- duction de l’impôt sur le re-
dire qu’une PMe a le droit d'attirer une douzaine de personnes physiques dans le capital d’une entreprise mais elle n’a pas le droit de leur donner 10% de réduction sur son site internet ou dans sa boutique, ni de leur envoyer chaque année un colis de produits pour les remercier de leur soutien. le problème s’intensifie si les inves- tisseurs ont été clients de la marque avec un tarif préférentiel depuis dix
NE PAS FONCER TÊTE BAISSÉE
déménager ou créer une en- treprise à la campagne ne s’improvise pas ! d’abord, il faut que vous soyez sûr(e) que cela corresponde à une envie profonde et pas à un simple coup de tête. « En avoir assez de la ville et de ses inconvénients est une chose, mais changer radi- calement de mode de vie en est une autre. Il est important de bien cerner vos motiva- tions personnelles », introduit denis Jacquet, expert en questions économiques, chef d’entreprise et fondateur de l’association « Parrainer la
croissance ». dans ce type de projet en effet, la phase de validation de l’idée et de réflexion sur son projet per- sonnel prend une importance toute particulière. les por- teurs de projet doivent trouver la meilleure adéquation entre leur projet de vie, leur projet professionnel et le territoire... les motivations profession- nelles doivent également être prises en considération : s’agit-il d’une réorientation professionnelle voulue ou imposée par la nécessité de créer son propre emploi ? Ce projet a-t-il été déclenché par une opportunité de reprise d’un commerce ?... À 32
ans, Christophe osmont a pourtant sauté le pas l’an dernier. un changement de vie radical pour cet ancien journaliste sportif de l’Équipe et de Vélo magazine, installé à Paris. « Je voulais quitter Paris avec ma famille. J’ai profité du plan social et de mon congé de reclassement. » Son objectif : reprendre la ferme de ses parents sur le domaine de la Guérie, à Cou- tances en Basse-Normandie. « En 2011, ils ont beaucoup investi pour rendre leur ferme transmissible. Ils ont diver- sifié leur activité, avec bien sûr la production de lait et de viandes mais aussi la
vente directe et l’ouverture d’une grande salle de ré- ception. Cela correspondait à ce que je voulais faire. » Pour Gaëlle Rouby, chargée de l’information et de la communication du collectif Ville Campagne, « la vali- dation de cette première étape est primordiale pour éviter les désillusions ulté- rieures. Il est en effet indis- pensable de bien clarifier son projet, ses envies, ses motivations, ses besoins. Une telle aventure doit également s’appuyer sur une bonne connaissance du territoire dans lequel on projette de s’installer. »
BIEN CHOISIR “VOTRE CAMPAGNE” le terme de «campagne» va évoquer des réalités très dif- férentes en fonction des in- dividus. « Pour certains ci- tadins, s’installer à Bordeaux ou Limoges, c’est s’installer
J’aime ma boîte d
On marche sur la tête !
38 Juillet - Août 2015
venu spécifient dans deux closes qu‘il est impossible pour une PMe d’offrir des petits cadeaux et des tarifs préfé- rentiels aux personnes physiques qui ont pris le risque d’investir pour ac- compagner le développement de l’en- treprise.
Pour donner un exemple, cela veut


































































































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